Du 23 au 27 juillet, Maurice aura le privilège d’accueillir la première conférence internationale sur la diaspora tamoule. Quelque 140 délégués venus de 22 pays – dont l’Inde, la Nouvelle-Zélande, les États-Unis, Hong Kong et la France – ont déjà confirmé leur participation alors qu’au total quelque 200 personnes y participeront, y compris des Mauriciens. C’est le premier ministre, Navin Ramgoolam, qui procédera en personne à l’ouverture de l’événement, et ce en présence d’éminentes personnalités, dont le ministre en chef de l’État de Pondichéry. L’objectif d’un tel événement, selon le président du Comité organisateur, Armoogum Parsuramen, est « de faire rayonner la couleur de la diaspora tamoule dans l’arc-en-ciel mauricien ».
“Preservation of tamil culture”. Tel sera le thème clé de cette rencontre internationale, dont l’organisation reçoit la collaboration du gouvernement. En effet, un des buts majeurs de la diaspora est « d’assurer que la langue et les traditions soient préservées », comme l’a expliqué le Pr Parsuramen lors d’un point de presse. De surcroît, dans un pays multiculturel comme Maurice. « Si une des couleurs de l’arc-en-ciel mauricien pâlissait, l’arc-en-ciel lui-même pâlirait. Les couleurs doivent demeurer côte à côte. » Une volonté qui cadre tout à fait, poursuit le président du comité organisateur, avec la convention de l’Unesco, qui veut que toutes les cultures et les langues à travers le monde soient préservées et évoluent de manière respectable.
Outre des membres de la diaspora à travers le monde (on compte quelque 70 millions de tamouls à travers plus de 50 pays), l’événement réunira également des spécialistes en la matière, ce qui permettra de développer des recherches académiques au niveau international. Un comité consultatif international a été constitué dans ce contexte afin de se pencher sur le programme de la conférence. Parmi les pays participants, on note l’Inde, la Malaisie, la Nouvelle-Zélande, les États-Unis, le Canada, le Sri Lanka, la Grande-Bretagne, la France (y compris La Réunion), les Seychelles, l’Afrique du Sud, Hong-Kong, Bahrein, l’Arabie Saoudite et l’Australie.
Les exposés qui seront présentés à cette occasion couvriront des sujets aussi divers que l’histoire des lettres en tamil; affirmer son identité culturelle dans une société plurielle; la culture tribale; des leçons de bonne gouvernance de Thirukkural; les droits humains et la diaspora tamoule; les tamouls dans les pays du Golfe; la Première Guerre mondiale et les sacrifices de la diaspora tamoule.
Pour Kris Ponnusamy, vice-président du comité organisateur, « c’est un rôle historique que Maurice jouera en accueillant cette première conférence internationale de la diaspora ». Une fois que l’idée a été lancée, indique-t-il, une association permanente a été mise sur pied à Maurice et à l’étranger. « Le réseau généré par cette association est un rêve devenu réalité. À l’avenir, nous pourrons organiser des conférences sur des thèmes autres que la culture. Par exemple, le style de vie des tamouls, etc. » Le plus important, toutefois, selon lui, demeure la pérennité de la diaspora dans le monde.
De son côté, Kadress Tirvengadum, deuxième vice-président, estime que Maurice « est l’un des rares pays où toutes les communautés ont le droit de pratiquer leur culture », avant de poursuivre : « Il est important que l’autre connaisse la culture de son prochain pour plus de compréhension. » Parmi les activités culturelles qui marqueront cet événement : une intéressante exposition sur des manuscrits sur feuilles de palmier; un spectacle donné par une troupe indienne, qui se produira avec des artistes locaux dans divers endroits de l’île; une exposition sur les tamouls à l’Aapravasi Ghat, montée par l’Aapravasi Ghat Trust Fund, et le lancement d’une publication réunissant des éléments historiques sur les divers pays où est présente la diaspora; leur départ du Tamil Nadu et les conséquences socio-économiques et culturelles de leur migration.
Armoogum Parsuramen a par ailleurs évoqué la possibilité qu’un mémorial soit érigé à Grand-Port, où les premiers tamouls avaient foulé le sol mauricien, et un autre, semblable, qui serait bâti à Pondichéry.