La réplique du DPP aux propos de Paul Bérenger (après 6 jours!) soulève davantage de questions qu’elle n’en répond:
Le lecteur averti aura d’abord noté que le nom de l’ex-leader de l’opposition n’y est pas mentionné, le DPP ayant privilégié  «…certains commentaires émis…» sans en préciser l’auteur. Par ailleurs, sa correspondance identifie le contentieux comme étant (i) un article paru dans le Newsletter de son bureau et (ii) «des décisions prises par lui (le DPP) dans l’exercice de ses fonctions… ». Ce second élément est capital mais semble avoir échappé à la vigilance de nombreux observateurs qui se sont focalisés sur le premier.
En effet, Paul Bérenger, qui maîtrise parfaitement le sens des mots, avait utilisé le pluriel, à dessein on peut imaginer: «Nous suivons ses exploits de ces derniers temps de très près.» Sans toutefois fournir de détails, laissant vagabonder l’imagination d’un auditoire conquis. Serait-ce l’appel interjeté par le DPP dans l’affaire Ajay Gunness? Ou l’absence d’appel dans l’acquittement de Yatin Varma que Bérenger avait tant décrié. Ou serait-ce… ? La liste est peut-être longue et il ne nous appartient pas de traquer les pensées secrètes de Bérenger; mais il a trop dit pour ne pas tout dire! S’il dispose d’informations susceptibles de soutenir sa rhétorique, qu’il les expose pour alimenter un débat sain et éclairé.
Dans cette perspective, nous pouvons regretter que le DPP ne l’ait pas mis au pied du mur. Il aura préféré marquer son territoire de manière forte et sans équivoque et marteler sa détermination à maintenir l’indépendance, l’intégrité et l’impartialité de son bureau. Ainsi retenons le plus important: un DPP n’hésitant pas à put his foot down face à un éventuel Premier Ministre tout puissant. De bon augure pour notre démocratie.