La Cour a tranché ce matin dans le cadre du procès intenté au vice-Premier ministre et ministre du Logement et des Terres, Showkutally Soodhun, accusé d’avoir diffusé de fausses nouvelles à propos de la réévaluation de la clinique MedPoint, affaire qui avait éclaté en 2011. Dans l’énoncé du jugement, le magistrat Azam Neerooa a statué que la Cour ne trouve pas que le VPM avait l’intention de rendre publique sa conversation avec le Dr Joomaye lorsqu’ils se sont rencontrés à la clinique Fortis Darné, à Floréal, le 24 juin 2011. Le magistrat a ainsi rayé la charge portée contre lui.
Le VPM Showkutally Soodhun avait plaidé non-coupable sous une charge de diffusion de fausses nouvelles, en violation de l’article 299 (a) du code criminel. Le VPM aurait, le 24 juin 2011 à la clinique Fortis Darné, Floréal, tenu de faux propos sur l’ex-Premier ministre Navin Ramgoolam au Dr Zouberr Joomaye. « Se Navin Ramgoolam ki finn intervenir dan ka MedPoint », aurait dit Showkutally Soodhun. Il aurait ajouté que l’ex-Premier ministre avait rencontré le Dr Malhotra, directeur de la clinique MedPoint, et qu’il aurait ensuite appelé le Chief Government Valuer et directeur de Valuation and Real Estates and Consultancy Services pour faire une deuxième évaluation de la clinique MedPoint. Les magistrats Azam Neerooa et Razia Jannoo-Jaunboccus ont tranché en faveur du VPM, dans un jugement rendu ce matin. Dans l’énoncé du jugement, le magistrat Neerooa est revenu sur l’audition du Dr Zouberr Joomaye, celui qui avait eu une conversation avec Showkutally Soodhun lorsqu’ils se sont rencontrés par hasard à la clinique Darné. Le magistrat a rappelé que le Dr Joomaye n’avait pas l’intention de dévoiler la conversation qu’il avait eue avec Showkutally Soodhun le 24 juin 2011, mais qu’il a été forcé à le faire par la police, qui avait mené une enquête « Gestapo » à son encontre. Le magistrat a aussi pris en considération le fait que Showkutally Soodhun avait déclaré qu’il n’avait fait qu’exprimer son opinion au Dr Zouberr Joomaye lors d’une conversation d’ordre privé.
C’est l’ex-PM Navin Ramgoolam qui avait porté plainte le 4 juillet 2011 concernant des allégations du leader de l’opposition Paul Bérenger dans deux conférences de presse sur son éventuelle intervention dans la réévaluation de la clinique. Navin Ramgoolam avait expliqué en cour qu’il avait tenu un point de presse par la suite pour réfuter ses allégations, afin de dissiper toute crainte de colère des citoyens dans le pays. La Cour a statué à ce sujet que la diffusion de cette nouvelle n’a à aucun moment mis en péril la stabilité du pays. La Cour a ainsi rayé l’accusation portée contre le VPM.
Le VPM avait précisé en cour que « zame monn dir Dr Joomaye ki Ramgoolam inn rankont direkter klinik Krishan Malhotra ki finn apel Chief Government Valuer pour fer deziem evaluasion ». Selon M. Soodhun, sa conversation avec le Dr Joomaye s’est tenue uniquement sur le fait que Paul Bérenger faisait fausse route et que Pravind Jugnauth n’avait rien à voir avec l’affaire MedPoint. « Si linn (NDLR : Dr Joomaye) inn interpret sa pou dir li Paul Bérenger, mo pa kapav dir narien », avait affirmé Showkutally Soodhun.
Soulagé à sa sortie du tribunal, Showkutally Soodhun a soutenu que « monn touzour fer konfians la zistiss. Kan croir dan la zistiss ek dan bann institutions nou gagn rezilta ki ena zordi ». Son homme de loi, Me Raouf Gulbul, a quant à lui tenu à faire part de la manière dont la police à l’époque a agi « pou fors Dr Joomaye koze », ajoutant par ailleurs que « le VPM inn klam so inosans de le debu. A okenn moman linn difiz fos nouvel e la kour inn statue dan se sans azordi ».