L’équipe nationale mauricienne, de gauche à droite. Debout: Prayag, Jacquotte, L’Enflé, Typhis, Thomas, S. Chundunsing, A. Chundunsing, Hurry, Leste, Charles. Accroupis: Ramrekha, Noël, Imbert, Florine, Emrith, Rama PHOTOS : GEORGE MICHEL

Au stade de la Redoute, île de la Réunion, hier soir, l’équipe de Maurice a remporté pour la deuxième année consécutive la Coupe de l’océan Indien. Ce match de prestige que la sélection réunionnaise a abordé en position favori est allé finalement à l’équipe la plus réaliste.

Grâce à son métier, à son sens tactique, l’équipe de Mamade Elahee a tenu 90 minutes durant face aux attaques incessantes des Réunionnais. Dominée dans l’entrejeu, notre sélection a montré, dans la finition, l’opportuniste qui fait toute la différence à ce niveau. Les deux buts de Dany Imbert, héros de ce match, ont permis à Robert Noël, capitaine du XI de Maurice, de recevoir la Coupe de l’océan Indien, version 1978.

Mamade Elahee, l’entraîneur national à Christian Anicet de F.R.3 Réunion: « Maurice joue en fonction de l’adversaire ». PHOTOS : GEORGE MICHEL

Il est à déplorer qu’une partie du public du stade de la Redoute, déçu peut-être par la défaite des siens, s’en soit pris aux membres de notre délégation assis sur le banc de touche. Si Gilbert Anette, le président de la Ligue réunionnaise, s’est répandu en excuses, si l’unanimité officielle s’est faite au niveau d’une condamnation sans équivoque, il demeure que ce tournoi, qui a repris laborieusement, est hypothéqué, à moins de retrouver la formule qui avait fait la gloire des tournois triangulaires, à savoir que l’épreuve soit organisée alternativement par les pays participants.

Quoi qu’il en soit, Maurice a maintenu sa suprématie sur le football de l’océan Indien. L’entraîneur, Mamade Elahee, et tous les joueurs qui ont contribué à ce succès ont droit à nos vives félicitations.

Les deux équipes allaient aborder ce match crucial avec le même objectif: gagner. Maurice démarrait plus vite que son adversaire et, dès les premières minutes, les nôtres donnaient le ton. Mais rien de vraiment positif ni de dangereux.

Robert Noël, le capitaine, la Coupe de l’océan Indien en main et les joueurs mauriciens quittant le terrain sous escorte
policière réunionnaise
PHOTOS : GEORGE MICHEL

Au fur à mesure, les Réunionnais, soutenus par leur public qui croyait en les chances de son équipe, prenaient le match en main. L’une des premières attaques dangereuses a été menée par Pascal Dufour, le « bourreau » des Seychellois. Mais le centre de ce dernier ne trouvait pas la tête de Volnay, seul devant Thomas.

Dès cet instant, les hommes d’Isis Prémont et Alex Royer prenaient de plus en plus confiance et on ne voyait pas comment la sélection mauricienne allait s’en tirer. On pouvait craindre le pire.

Mais c’était mal connaître Mamade Elahee, qui n’avait pas caché qu’il avait ses plans et que Maurice allait jouer pour gagner. En effet, jouant avec une défense renforcée, notre équipe nationale laissait venir les Réunionnais pour mener des contre-attaques dangereuses.
Et c’est au cours de cette première période que les « blancs » (couleur de Maurice), quoique pratiquant un football plus réaliste que spectaculaire, allaient faire la différence et montrer qu’elle était bien l’équipe la mieux organisée de ce tournoi.

Dany Imbert, le héros de la rencontre
PHOTOS : GEORGE MICHEL

En effet, à la 16e minute de la partie, Dany Imbert, en superbe forme, exploitant à fond une mauvaise passe en retrait de Jean-Yves Maillot à son gardien Delgard, donnait l’avantage à l’équipe de Maurice.

Puis, à la 34e minute, le même Dany Imbert reprenait imparablement un centre en cloche d’Ashok Hurry et lobait le gardien réunionnais pour donner à son équipe un avantage définitif.

Deux à zéro, les Mauriciens, rassurés, allaient laisser faire les « verts » sans, toutefois, commettre d’erreurs en défense où s’illustrait Victor Thomas. En seconde période, le XI national, fidèle à sa tactique, ne devait pas se découvrir et continuait à procéder par contre-attaques.

Nos avant allaient gâcher pas mal d’occasions, tandis que les Réunionnais, quoique décidés, étaient trop esseulés pour pouvoir concrétiser et revenir dans le match. Dans les dernières minutes de la rencontre, le jeu allait se durcir et Suren Chundunsingh, qui avait fauché Pascal Dufour, a eu droit au carton jaune de l’arbitre de la rencontre, Ralibenja de Madagascar.

Les jeux étaient faits. Mamade Elahee et ses hommes avaient accompli leur mission. Maurice remportait pour la deuxième année consécutive ce tournoi et, cette fois, notre défense n’a pas concédé de but.

Des canettes voltigées sur le terrain du stade de la Redoute, à l’adresse de la délégation
mauricienne par quelques esprits survoltés
PHOTOS: GEORGE MICHEL

Pour la Réunion, le rêve ne s’est pas réalisé. L’année prochaine peut-être…