Paul Diemert, l’aumônier des sourds-muets, a animé avec l’association des Sourds, la première messe en langage des signes. C’était dimanche à l’Immaculée Conception. Les paroissiens ont été sous le charme et certains ont même formulé le voeu que cette expérience se renouvelle.
C’est avec ferveur et à l’unisson que tous les paroissiens de l’Immaculée Conception ont prié dimanche en… langage des signes. Emerveillé, heureux, c’est le constat qui se dégage auprès d’Annick : « C’est magique de voir des personnes de toutes les communautés se réunir. Cela nous fait comprendre qu’on est tous égaux. Qui aurait cru que sans parler, ni entendre, on pouvait aussi être en communion avec Dieu. J’ai trouvé ce moment de prière formidable et je souhaite que les sourds-muets se retrouvent sur la même plateforme que ceux qui entendent ou qui parlent. » Le Père Paul Diemert a remercié l’association des sourds de Maurice et a expliqué que c’est grâce à Alain Gébert qu’il a rencontré et marié il y a 20 ans qu’il a entendu parler de Maurice. « Alain travaille en France à l’école St. Jacques avec les sourds et à Maurice, il a su donner de l’émotion à la langue des signes et la faire grandir. D’ailleurs, Alain a écrit une belle prière qui dit que les entendants et les sourds sont égaux. » Paul Diemert se dit touché d’avoir animé cette messe à Maurice. « L’association des Sourds comprend plusieurs communautés. Votre île est magique, quand je suis parti à la mosquée, l’Imam m’a accueilli. Je lui ai montré ma croix en lui disant que j’étais prêtre, il m’a dit d’entrer dans la mosquée et il m’a accueilli comme un ami le ferait. » Sa visite à Maurice, il la doit à Alain Gébert qui avait demandé qu’on fasse une collecte pour ses 70 ans (ndlr : il est né le 21 mai 1943). « En cadeau, j’ai reçu le billet pour venir à Maurice, car Alain ne cessait de répéter qu’il fallait qu’il aille à Maurice. » Sa vocation, le Père Diemert l’a trouvée dans sa famille. « J’ai appris le langage des signes, car j’ai deux frères sourds et l’un d’entre eux est marié à une autre sourde. Ce qui m’a touché à Maurice, c’est quand une petite fille hindoue m’a demandé de venir prier à l’église. Dieu est amour, il est présent partout et dans la prière, on ne regarde jamais de quelle religion on est, car, la prière est universelle. Cette messe a été une formidable rencontre. »