Kay Kay, le crooner indien doté d’une voix époustouflante, bien que parfois retenue –, a offert,  toutes griffes dehors, trois heures d’intense d’émotion et de bonheur dimanche dernier au centre Swami Vivekananda, à Pailles. Il a électrisé et fait virevolter l’espace tout en communiquant fièvre et légèreté. Poète dans l’âme et « homme libre », Kay Kay raconte, avec humour et émotion, combien d’âmes simples sont capables de se dépasser elles-mêmes dans l’espoir d’atteindre et de représenter une certaine idée de la beauté, de la poésie, de l’amour idéal.
Kay Kay, qui vient de compléter ses 20 ans de carrière à Bollywood, s’est révélé inventif, audacieux et au mieux de sa forme. Il ne pouvait dès lors sombrer dans le pastiche et s’en est finalement bien sorti avec ses quatre musiciens.
Ça a tellement chauffé sur scène et dans le public, et de manière tellement spontanée, qu’on se surprend à penser que l’artiste appartient à la nouvelle vague, à l’instar d’Arijit Sing et Armann Malik. Sur scène, il s’est mis dans tous ses états dans un registre à la fois rock et pop, le tout parsemé de ballades romantiques.
Kay Kay et sa bande ont fait plonger le public dans un moment irrésistible et poignant. Le spectacle était en outre joliment agencé, malgré quelques couacs au niveau de la sonorisation, quelques effets trop appuyés et quelques fautes de rythme.
À 20h15, soit avec 45 minutes de retard sur l’horaire prévu, Kay Kay a lancé les premières salves avec Kya Mujhe Pyaar Hai, de Wo Lamhe. Nous voilà embarqué dans un trip planant avec des instruments qui se soutiennent, se superposent, éclatent et nous embarquent dans un tourbillon d’émotions. Véritable boule d’énergie, le chanteur parcourt la scène et ne finit pas d’étonner avec ses envolées vocales et ses solos profonds. La foule reprend alors en choeur ses chansons et c’est alors la communion totale avec Awarapan Banjarapan, de Jism, et Tu Jo Mila, de Bajrangi Bhaijan. Une chanson qu’il a composée lors de ses vacances à Sydney à la demande de son compositeur fétiche, Pritam.
Accompagné d’une guitare sèche et de claviers frissonnants, Kay Kay distille une émouvante pureté, une attendrissante candeur et une grâce saisissante. Avec Kya Mujhe Pyaar Hai, de Woh Lamhe, et Zindagi Do Pal Ki, de Kites, il prouve qu’amour et haine sont étroitement liés, preuve qu’aimer, c’est mourir un peu, mais que détester, c’est aussi parfois revivre. Le baladin à l’énergie brute traduit par ses ballades l’angoisse du temps qui passe trop vite et des choix qu’il faut affronter. Belle illustration avec le morceau Tarap Tarap Ke Is Dil Se Aah Nikalti Rahi, de Hum Dil De Chuke Sanam, qu’il a interprété au début de la deuxième partie du programme. Fait regrettable toutefois, le chanteur n’a pas entonné cette chanson phare de sa carrière dans toute son intégralité et a laissé le public sur sa faim à la fin du concert lorsque ses fans lui ont demandé d’interpréter à nouveau la chanson. Même refus de Kay Kay pour To Jo Mila. Si, dans la première partie, Kay Kay a fait monter la température avec Abhi Abhi, de Jism 2, il a transformé la salle en discothèque dans la deuxième partie, avec Yaaron Hai Junoon, de Junoon.
Ankhon Mein Teri, de Om Shanti Om, Dans Dus Bahane (Dus) – où il s’est faufilé parmi la foule –, Tuné Maari Entriyaan (Gunday), India Waale (Happy New Year), Desi Boy 2 It’s time to disco, de Kal Ho Na Ho, Khuda Jaane, de Bachna Ae Haseeno, ou encore Tu Hi Meri Shab, de Ganster, ont également été très applaudis.
L’agence Showbox, représentée par Basant Lallah et Naveena Sowamber, et les frères Ashok et Sanjay Ramgutty, de Ashoka Sweets, ont réussi leur pari. L’animation était assurée par Ryan. Le concert s’est déroulé en présence de Lady Sarojini Jugnauth et du Speaker de l’Assemblée, Maya Hanoomanjee.