Le gouverneur de la Banque de Maurice (BoM), Rundheersing Bheenick, a mis en garde contre l’inégalité croissante à Maurice et a appelé à des mesures courageuses pour éliminer la pauvreté et renverser la tendance concernant l’écart entre les hauts et les bas salaires. C’était hier soir, au Swami-Vivekananda International Conference Centre (SVICC), à l’occasion du dîner annuel offert par la banque centrale en l’honneur des opérateurs économiques.
Le gouverneur de la Banque de Maurice (BoM), Rundheersing Bheenick, a mis en garde contre l’inégalité croissante à Maurice et a appelé à des mesures courageuses pour éliminer la pauvreté et renverser la tendance concernant l’écart entre les hauts et les bas salaires. C’était hier soir, au Swami-Vivekananda International Conference Centre (SVICC), à l’occasion du dîner annuel offert par la banque centrale en l’honneur des opérateurs économiques.
Rundheersing Bheenick a soutenu que dans la présente conjoncture, la meilleure contribution que peut apporter la BoM c’est de veiller à ce que l’inflation soit maintenue à son niveau le plus bas possible et reste stable. « Inflation is the worst form of taxation. It is regressive and enemy of the poor », a-t-il ajouté.
Se démarquant de l’approche adoptée lors de ses allocutions aux précédents dîners annuels, le gouverneur de la BoM a choisi cette fois de susciter une réflexion profonde sur les enjeux du développement socio-économique du pays pour les 20 prochaines années et les écueils à éviter pour assurer le passage d’une économie à revenus moyens à une économie à hauts revenus. En l’absence d’un ministère du Plan et du Développement économique pour engager la réflexion sur le long terme, Rundheersing Bheenick dit percevoir trois grandes tendances : 1) une transformation massive de tous les aspects de la société mauricienne dans le sillage d’une mondialisation inexorable, 2) cette transformation sera tirée par les technologies, des changements au niveau des politiques et des accords internationaux avec pour résultats une croissance ainsi qu’une baisse dans le coût de la communication, du transport, de la santé, de l’éducation et des aliments, 3) un changement en profondeur de l’activité bancaire, du monde des affaires, des opérations industrielles et de la vie sociale.
Tout en brossant un tableau des changements favorables qui pourraient intervenir dans les 20 prochaines années, le gouverneur a prévenu contre ce qu’il appelle le « worse-case scenario » en cas d’absence d’actions concertées de la part des décideurs politiques et des opérateurs économiques : montée du chômage et progression du sous-emploi, inégalité croissante avec des super-riches vivant dans un océan de pauvreté, des établissements de luxe face à des taudis, des désordres sociaux (grèves, crimes en hausse), déclin de l’urban civilised life et actes terroristes accrus.