Les Théâtrales 2016 remettent le couvert pour un bon Vaudeville avec des comédiens, dont l’un particulièrement niais, joué avec brio par Patrick Haudecoeur (François Pignon). François Pignon fonctionnaire au ministre des Finances, féru de maquettes en allumettes, se fait inviter chez Pierre Brochant, grand éditeur parisien, et ses amis à un dîner de cons. Mais, ce qu’il ignore, c’est qu’il servira d’appât, voire de cible. Car dans l’art des conneries, Pignon a assurément la palme, mais attendez de voir un peu la suite car Pignon ne lui laissera aucun répit et enchaînera bourde sur bourde.
Quand le spectateur s’invite dans le salon de Pierre Brochant affalé sur le sofa miné par un mal de reins, il est pris dans la valse des dialogues teintés de quiproquos. « Ce dîner, c’est toute la partie de toi que je n’aime pas. Ça y est, elle est de nouveau intense, mais qu’est-ce que j’ai fait au ciel pour avoir à la fois un tour de rein et une femme intense ? » Inviter un malheureux pour se moquer de lui toute la soirée, c’est sur ce but précis que repose la force motrice de la pièce. Le spectateur, lui, est surpris par ce qui se passe. Dans l’ensemble, la pièce bénéficie d’un scénario, à la fois drôle et corsé, et d’une mise en scène exécutée de façon magistrale portant la signature artistique d’Agnès Boury. Tout repose en fait sur le jeu parfait des acteurs. Une mécanique imparable qui fait qu’on s’esclaffe dans la bonne humeur.
Pierre Brochant, l’éditeur, se fait larguer par sa femme. Lui-même, pas très porté sur la fidélité, fait passer Marlène, sa maîtresse, pour sa soeur. Et pour compléter le tableau, il s’amuse même à inviter le plus con à son dîner pour agrémenter ses soirées. On se demande comment un éditeur comme Brochant, dont les livres sont des “best-sellers”, n’a rien trouvé de mieux pour épicer ses soirées que de lancer des dîners, pardonnez le lapsus… à la con. Un dîner qui finira, à la longue, par sentir le réchauffé car des cons s’il y en a, les nouvelles perles rares dénichées en Pignon, ne seront pas de tout repos. Ce dernier a l’art d’accumuler gaffe sur gaffe et à s’en départir avec une mine patibulaire qui fait jubiler le spectateur. Oui… n’en déplaise à certains même si ce n’est pas gentil de se payer la tête d’autrui, on en rit à gorge déployée à ce Dîner de Cons. Comme pour donner raison à l’adage plus con, tu meurs…