Cela fait 17 ans que Monica Maurel, la fondatrice de Friends in Hope, et ses proches collaborateurs luttent pour avoir une maison d’accueil spécialisée dans la prise en charge de personnes souffrant de sérieux troubles mentaux. Leur patience n’aura pas été vaine :  le diocèse anglican a en effet conclu un accord avec Friends in  Hope pour la réalisation de ce projet. La pose de la première pierre de “The Haven Residential Care  Home for the mentally ill” est ainsi prévue le 4 juillet prochain dans le cadre de la visite de Mgr Justin Welby, chef de la communion anglicane. La construction étant estimée à environ Rs 15 M, les promoteurs lancent un appel pressant aux Mauriciens pour une aide financière.
Des familles ayant à leur charge des personnes souffrant de troubles mentaux chroniques éprouvent de grandes difficultés à gérer une telle situation. D’autant qu’en dehors de l’hôpital psychiatrique, il n’y a pas d’endroit où diriger ces personnes. Sans compter que bon nombre de ces malades ne requièrent pas forcément une hospitalisation de longue durée à l’hôpital Brown Sequard.
Cette maison d’accueil sera construite sur un terrain appartenant au diocèse anglican, situé à Rose-Hill, et plus précisément derrière le St-Andrew’s College et à côté de la St-Hugues Home et de la Craft Aid, trois structures de soutien mises en place par le diocèse anglican et destinées respectivement à l’éducation des jeunes, aux personnes âgées et aux handicapés physiques. En s’associant à ce projet de Friends in Hope, le diocèse anglican ajoute une nouvelle pierre à sa mission sociale dans le pays. « Des personnes sont dans des situations intermédiaires et lorsqu’elles sont guéries, elles ne savent pas où aller. Friends in Hope entreprend déjà un excellent travail pour la réinsertion de ces malades dans la vie quotidienne, mais il est temps de combler ce vide par rapport à une maison spécialisée à leur intention », dit John Leung Yin Ko, chancelier du diocèse anglican et  président d’un comité ad hoc supervisant la réalisation de ce projet.
Les dirigeants de Friends In Hope sont ravis de ce développement pour ce projet, même si le financement reste encore à trouver. « Cela fait 17 ans depuis qu’on y réfléchit. Il y a des personnes qui peuvent être réinsérées dans le “main stream” comme des citoyens à part entière, moyennant le degré de leur maladie. Ces personnes vivent avec leur famille dévouée, mais le souci permanent de tous les  parents que nous accompagnons est : “Après moi, qui s’en occupera et où ira notre enfant ?” Nous partageons leur inquiétude. Aussi, ce projet de Friends in Hope et du diocèse anglican vient pallier ce manque et soulagera les familles », dit Shakuntala Jugmohun, présidente de Friends in Hope. Cette dernière tient des propos forts élogieux à l’adresse de Mgr Ian Ernest, l’évêque de Maurice, pour la  détermination qu’il a témoignée ces derniers mois à faire aboutir ce projet. « Quoi de mieux que ce partenariat avec le diocèse anglican, dont l’évêque a été un champion de la cause de ces inadaptés », ajoute S. Jugmohun.
Dans un premier temps, The Haven Residential Care  Home for the mentally ill pourra héberger 14 personnes souffrant de « severe mental disorders », lesquelles pourront y rester jusqu’à la fin de leur vie en toute sécurité. D’où l’appellation The Haven Residential Care Home, qui reflétera l’esprit du projet. Pour réaliser ce projet, le comité ad hoc sollicitera l’aide de psychiatres et de thérapeutes au plan local ainsi que  l’expertise du Rehabilitation and Recovery Centre for the Mentally Ill de Singapour, une institution reconnue et gérée par les Anglican Community Services de ce pays. La construction du bâtiment, de même que le fonctionnement de cette maison spécialisée, respecteront les critères stipulés dans la Residential Care Homes Act 2005.
La pose de la première pierre, fixée au samedi 5 juillet, s’insère dans le cadre du programme de  célébrations marquant le 160e anniversaire du diocèse anglican. Malgré la bonne volonté des deux partenaires, le financement reste toutefois encore un gros point d’interrogation, cet aspect pouvant dès lors retarder le début des travaux. Au début des discussions, les concepteurs avaient en tête un projet très ambitieux, mais qui nécessitait une somme d’au moins Rs 60 M. Conscients des contraintes financières et d’autres réalités, ils ont donc modifié le plan initial pour arriver à un projet d’un coût de Rs 15 M. Une somme jugée raisonnable dans les milieux concernés. Pour réunir cette somme, le comité ad hoc  envisage par conséquent une grande opération de levée de fonds.