La fermeture des Centres techniques St-Montfort à Route Nicolay, Port-Louis et René Verbruggen à Souillac, gérés par le Diocèse de Port-Louis, provoque la colère et la frustration des parents. La raison avancée par le Diocèse de Port-Louis : des difficultés financières et la fréquentation en baisse de ces écoles. Les parents déplorent pour leur part le manque de consultations, tout comme les enseignants qui se retrouvent à la porte à la veille des fêtes. Ils convoqueront demain une conférence de presse.
C’est à travers la radio et un appel d’un préposé de l’école St-Gabriel, également gérée par le Diocèse, que les parents dont les enfants sont en première année de formation aux centres techniques précités auraient appris leur fermeture et que les élèves seraient redéployés au Collège technique St-Gabriel à Ste-Croix. Le Diocèse de Port-Louis, pour rappel, avait lancé sa première école technique, le Collège Saint-Gabriel, dans les années 1970 dans le but d’offrir une formation technique et d’apprendre un métier aux jeunes. Deux autres institutions similaires, le Centre Technique St-Montfort à Route Nicolay, Port-Louis et René Verbruggen à Souillac, regroupés au sein du Service Diocésain d’Éducation Technique (SEDET) et opérant sous l’égide du Bureau d’Éducation Catholique (BEC), ont vu le jour par la suite, en 1982 et 1988 respectivement.
Le SEDET a ainsi pris la décision de fermer deux de ses centres qui accueillaient des élèves qui avaient échoué leur CPE ou ceux qui ne trouvaient plus leur place dans le système scolaire conventionnel. C’est un sentiment profond d’amertume qui règne au niveau des parents depuis qu’est tombée cette nouvelle. « Je suis vraiment déçue de la fermeture de l’école René Verbruggen, d’autant plus que mon fils a bien avancé durant sa première année grâce aux professeurs », témoigne une mère qui fait part de sa surprise. Même son de cloche chez une autre mère qui affirme n’avoir pas été prévenue, ni par une lettre officielle ni lors d’une réunion officielle, de la fermeture des écoles. « Les professeurs ont commencé un travail et c’est terrible d’apprendre qu’au beau milieu de leurs parcours, ils seront redéployés ailleurs », ajoute notre interlocutrice. Les parents n’accueillent pas favorablement le déploiement vers St-Gabriel qui se trouve à Ste-Croix : « Sortir de Souillac jusqu’à Ste-Croix, c’est un quand même un long parcours. » Un autre parent, pour sa part, se dit pas rassuré quant à la possibilité pour son fils de poursuivre la filière d’étude qu’il a commencée au centre René Verbruggen au Collège technique St-Gabriel. « Je n’ai aucune garantie que mon enfant aura le même suivi », dit-il. Les parents affirment être « dans le flou quant à la scolarité de nos enfants » et souhaitent une rencontre officielle avec les responsables pour clarifier certaines choses. « Nous avons approché d’autres centres techniques mais ils sont déjà complets pour l’année prochaine. Qu’allons-nous faire ? » dit l’un d’eux.
Le personnel enseignant de ces deux établissements, qui se retrouve à la porte, estime que la fermeture d’une école, qui concerne une communauté scolaire entière, même pour des raisons financières, devrait être faite avec le plus grand soin. Or, selon les profs concernés, cela n’a pas été le cas puisque la fermeture s’est déroulée « sans aucun dialogue ni consultation ». Le 6 décembre, les directeurs et les membres du personnel des Centres techniques René Verbruggen et St-Montfort ont été convoqués à une réunion à l’Évêché de Port-Louis. Ils ont été informés de la fermeture des deux centres à partir du 7 décembre. « Du jour au lendemain, nous nous retrouvons à la porte et les bâtiments ont été verrouillés sans que nous puissions aller récupérer nos affaires, c’est une manière de faire qui nous choque », témoigne un professeur. Ils déplorent que les responsables du centre ne leur aient pas accordé le préavis nécessaire pour trouver des emplois alternatifs.
Une conférence de presse est prévue demain matin au centre social Marie Reine de la Paix.