Le Diocèse de Port-Louis prépare deux événements importants dans la vie de l’Église à Maurice : la célébration des 25 ans d’épiscopat de Mgr Maurice Piat le 15 mai prochain et la promulgation du projet Kleopas pour lequel une vaste consultation auprès de 10 000 personnes (fidèles et collaborateurs des services proposés par le diocèse) a eu lieu en 2014. L’évêque de Port-Louis et les « chargés de missions » qu’il a nommés dans le cadre de ce projet entreprennent, dit-on, « une communication tous azimuts » à l’intérieur de l’Église concernant les propositions pour la mise en oeuvre du projet.
L’éducation catholique fait partie des trois volets de ce projet Kleopas. Un aspect qui retient davantage l’attention et qui suscite beaucoup d’attentes en raison de la place qu’occupent les écoles catholiques dans le paysage éducatif national. Comment vivre aujourd’hui les valeurs de l’Évangile à travers l’éducation ? Les propositions du diocèse de Port-Louis pour y arriver se trouvent dans le document qui sera promulgué le 31 juillet par l’évêque de Port-Louis.
Une des nouveautés sera la dimension interculturelle/interreligieuse. Cet aspect sera, dit-on, « un enjeu principal pour les écoles catholiques à l’avenir ». À ce sujet, dans un document rendu public en décembre 2013, le Vatican propose aux écoles catholiques concernées par cette réalité d’être un « laboratoire du dialogue mais aussi d’un vivre ensemble interreligieux ». Le Vatican demande aux responsables des écoles catholiques à travers le monde de tenir des projets pédagogiques dans cette optique.
Depuis 2014, les responsables du projet Kleopas misent sur la communication pour mieux faire comprendre ses objectifs. « C’est à la suite d’un dialogue permanent que les propositions seront présentées. Nous sommes arrivés à une étape cruciale », indique le père Jean-Maurice Labour, vicaire général et responsable de la communication pour ce projet. Depuis un mois, les chargés de mission présentent les propositions pour les trois volets (nommément « familles », « paroisses » et « Éducation ») aux collaborateurs du diocèse dans ces trois domaines. « Grosso modo, les grandes orientations ont été déjà définies parce qu’elles viennent de l’Église universelle. La consultation de l’heure n’est pas de tout repos et elle a trait aux propositions pour la mise en pratique du projet. Je qualifie la communication en cours de mise à l’épreuve, dans le sens qu’elle vise à tester les réactions. À la lumière des réactions, nous voyons s’il faut apporter les ajustements nécessaires sur tel ou tel point », explique le vicaire général.
Les principales questions de ceux participant à cet exercice de communication concernent les moyens dont dispose le Diocèse pour réaliser le projet. « On nous interroge par rapport aux structures de gouvernance et aux ressources humaines. On nous demande aussi si les finances pourront soutenir un tel projet », poursuit Jean-Maurice Labour. Selon les observations de ce dernier, un bon nombre de beaux projets de réformes annoncés dans le pays ces dernières années sont restés dans les tiroirs pour différentes raisons. Or le Diocèse de Port-Louis, affirme-t-il, ne voudrait pas que ce projet Kleopas connaisse le même sort. « À travers cette communication nous voulons nous assurer qu’une bonne partie de la mise en oeuvre du projet soit en accord avec les principaux collaborateurs de différents terrains et nous mettons toutes les chances de notre côté », dit sur un ton déterminé le père Labour.
Est-ce que le projet Kleopas est annonciateur d’une petite révolution dans la vie de l’Église à Maurice ? « Je ne parlerais pas de “révolution”. En revanche je dirais qu’en général Kleopas viendra bouleverser certaines pratiques ancestrales bien ancrées dans les familles catholiques », répond le Père Labour sans dire plus. « Nous sommes encore en consultation et attendons la promulgation des propositions », dit-il.
D’autre part, Mgr Maurice Piat, qui s’est investi personnellement depuis 2014 dans le chantier Kleopas, fêtera 25 ans d’épiscopat le 19 mai prochain. Le Diocèse célébrera l’événement le dimanche 15 mai prochain à l’occasion de la fête de la Pentecôte lors d’une messe dans les jardins du Thabor.