Les contre-propositions des radios au sujet des directives émises par l’Independent Broadcasting Authority (IBA) au sujet des émissions politiques durant cette présente campagne électorale seront soumises à la direction de l’IBA cet après-midi. C’est ce qui ressort d’une réunion tenue vers midi entre les responsables des radios privées, la MBC et l’IBA au siège de l’autorité régulatrice de l’audiovisuel.
Cette rencontre dans les locaux de l’IBA fait suite à la publication de directives dans lesquelles le régulateur interdit aux radios privées et à la MBC de diffuser des émissions politiques de type « phone-in/call-in » en direct ou enregistrées, cela du 20 novembre jusqu’au « close of polling », soit jusqu’à la fin du processus électoral, le lundi 10 décembre. « Nous avons expliqué notre position et expliqué aux responsables des radios que les directives sont basées sur la réglementation française qui suspend les programmes d’expression en direct en période de campagne électorale », nous a expliqué le Chairman de l’IBA, Trilock Dwarka, peu après la fin de la rencontre avec les responsables des radios.
Dans ses « Directives for the Village Council, Municipal City Council and Municipal Town Council Elections 2012 » en date du 20 novembre 2012, envoyées à la MBC et aux trois radios privées, l’IBA écrit que « Broadcasting licensees shall not broadcast any live or recorded phone-in or call-in programmes on political matters or politically-related matters, from, and inclusive of the date fixed by the Electoral Supervisory Commission for the withdrawal of candidates up to and including close of polling ». Rappelons que les dates fixées pour les retraits de candidatures pour les élections villageoises était le 20 novembre à 15 h et pour les municipales le 24 à 15 h.
Le Chairman de l’IBA précise que ces directives sont en vigueur pour uniquement une catégorie de programmes, à savoir les émissions politiques dans le cadre de campagnes électorales où les auditeurs interviennent en direct, et non pas à l’ensemble des programmes de types « phone-in/call-in » des radios.
Ces directives font sourciller particulièrement les responsables des radios privées qui y voient une atteinte à la liberté d’expression. « Notre souci est de garantir l’équité à l’antenne. Nous sommes ouverts à toute proposition émanant des responsables des radios », répond Trilock Dwarka. Ces directives, explique notre interlocuteur, ont été émises dans le souci du respect de l’équilibre et de l’égalité au niveau des interventions.
L’Union syndicale des employés de la presse (USEP) a de son côté émis un communiqué de presse ce matin dans lequel elle souligne que l’expression de l’opinion politique est un élément indispensable dans le déroulement de la vie démocratique à Maurice, durant ou hors des campagnes électorales et qu’en privant les auditeurs de cette ouverture démocratique, l’IBA les juge incapables de distinguer le faux du vrai et de prendre une décision éclairée, entravant par la même occasion la liberté des radios. L’USEP estime que ces « directives » de l’IBA constituent une violation inacceptable de l’exercice de la liberté d’expression (qui comprend, entre autres, la liberté de la presse, la liberté de conscience et d’opinion). « C’est un recul de la démocratie. L’IBA dispose déjà d’assez de sauvegarde pour s’assurer d’un fair, equitable, balanced, accurate and impartial reporting of political events and fair, equitable and balanced coverage to all parties, alliances and independent candidates at elections », écrit le Comité exécutif de l’USEP.