Suite à la demande de l’Ombudsperson for Children, Rita Venkatasawmy, pour qu’un règlement prévoyant le contrôle de la carte d’identité à l’entrée des boîtes de nuit et des clubs privés soit adopté, le directeur de la Tourism Authority (TA), Sen Ramsamy, et le président de l’Association of Night Club and Private Club Owners, Popo Hazareesing se prononcent tous deux en sa faveur. Dans une déclaration au Mauricien, Sen Ramsamy affirme que la question sera évoquée lors de la réunion du conseil d’administration qui se tiendra cet après-midi. Pour sa part, Popo Hazareesing estime qu’une loi dans ce sens viendra renforcer le contrôle qui s’effectue déjà dans les clubs qui opèrent en toute légalité.
La demande de l’Ombudsperson for Children date de décembre dernier, à la suite l’accident survenu à 5 h du matin sur la Beaux-Songes Link Road et qui avait coûté la vie à six personnes. Ce drame a levé le voile sur un problème : l’accès des mineurs en discothèque et dans des clubs privés où des boissons alcoolisées sont mises en vente. Rita Venkatasawmy avait écrit à la ministre de l’Égalité des genres, du Développement de l’enfant et du Bien-être de la famille lui demandant d’inclure dans le nouveau Children’s Bill, l’obligation pour ces clubs de contrôler la carte d’identité nationale pour toute entrée. En attendant, elle avait écrit à la TA pour lui demander d’adopter un règlement dans ce sens. L’Ombudsperson for Children a également sollicité une rencontre avec les responsables de l’Association of Night Club and Private Club Owners et le directeur de la TA.
Rita Venkatasawmy a eu une rencontre avec Popo Hazareesing et le secrétaire de l’association, à son bureau le 26 janvier. Le lendemain, elle a rencontré les autres membres de l’association pour un échange et hier, elle a eu une rencontre avec Sen Ramsamy. Notre interlocutrice dit sa satisfaction devant la tournure des événements, les partenaires ayant répondu positivement à sa recommandation. « En tant qu’Ombudsperson for Children j’ai le devoir de protéger les mineurs et cette protection ne peut se faire que dans le cadre juridique », affirme-t-elle. Elle souligne que suite à sa réunion avec le directeur de la TA, une campagne de sensibilisation sera menée auprès des agents de police affectés à la TA mais aussi auprès des bouncers qui assurent la sécurité aux abords des clubs. Pour elle, il faut changer le mindset des gens pour protéger les mineurs.
Dans une déclaration au Mauricien, à l’issue de sa rencontre avec Rita Venkatasawmy, Popo Hazareesing affirme que « dans la pratique, les clubs opérant en toute légalité et enregistrés auprès de l’association contrôlent l’entrée lorsqu’ils ont des doutes sur l’âge du client. Nous continuons dans la même lancée ». Il s’exprime pour l’entrée en vigueur d’un règlement ou une loi car « cela permettra de renforcer le contrôle », affirme-t-il.
Il note cependant que le problème se pose dans beaucoup de cas au sein des clubs qui opèrent dans l’illégalité et qui malheureusement, ne sont pas sujets à des contrôles stricts de la part des autorités.
Pour sa part, après sa rencontre avec l’Ombudsperson for Children hier, Sen Ramsamy a affirmé que « la demande de Rita Venkatasawmy s’inscrit dans la direction où souhaite aller le Premier ministre adjoint, Xavier-Luc Duval, qui est aussi ministre du Tourisme, c’est-à-dire, qu’il ne soit plus question que les mineurs puissent avoir accès aux boîtes de nuit et aux clubs privés et que la carte d’identité soit contrôlée à la porte ». Il poursuit : « Nos officiers sont sur le terrain et avec la collaboration de la police, ils veillent à ce qu’il n’y ait pas de mineurs dans ces clubs. Cependant, certains arrivent à se faufiler pour y entrer. Nous n’allons pas rester les bras croisés et nous sommes pour l’idée d’imposer la présentation de la carte d’identité surtout pour les jeunes, faute de quoi, ils seront refoulés à la porte. Nous allons présenter cette requête devant le conseil d’administration de la TA, demain après-midi (ndlr : aujourd’hui) ». Il ira alors de l’avant avec sa recommandation, une recommandation qui sera présentée au ministère de tutelle.
Sen Ramsamy avance cependant qu’un problème majeur se pose parce que de nombreux clubs opèrent dans l’illégalité. « Il faut y mettre bon ordre. Nous serons partout pour faire respecter la loi », conclut-il.