Le plus difficile reste à faire. Le discours-programme aura à passer l’épreuve de la mise en oeuvre. Ce sont surtout les obstacles au niveau de la bureaucratie et le manque de compétences qui sont à craindre. Pour ce qui est de l’énergie, il faut savoir que nous avons déjà un plan d’action de l’Energy Efficiency Management Office. Mais nous attendons toujours le recrutement par la PSC du personnel de cette institution. Cela démontre la difficulté à faire avancer les projets dans le secteur public.
La priorité absolue est de réduire notre dépendance sur les énergies fossiles dont la facture dépassera la barre des Rs 50 milliards. Il nous faut nous donner les moyens de traduire nos stratégies en mesures concrètes. Par exemple, le Parlement doit approuver au plus vite les lois qui introduisent des normes énergétiques sur les bâtiments. On devra financer la formation des compétences La télévision nationale a un rôle clé au niveau de la sensibilisation pour un usage plus efficace des appareils électroménagers, par exemple. Il faut s’engager dans un changement culturel pour une meilleure gestion de l’énergie.
Crucialement, sans la participation de tous les stakeholders, il sera difficile de progresser. Le discours-programme aurait dû proposer des voies afin de promouvoir de telles synergies. Par exemple, la recherche appliquée dans les bio-énergies, impliquant une coopération régionale et même internationale, peut nous donner une énergie durable pour nous et pour nos voisins. Il faut miser sur une économie verte, non seulement sur des mesures sur le court terme.
Il faudra aussi concilier ce discours-programme avec le processus de démocratie participative en cours autour du projet Maurice Ile Durable (MID). Jeudi prochain, des consultants étrangers recrutés par le gouvernement élaboreront les étapes vers le MID Policy and Action Plan. J’ose croire que c’est du sérieux et non seulement un exercice pour la galerie. On ne peut avoir une approche bicéphale, d’un côté ce programme axé essentiellement sur le “business-as-usual” et de l’autre une vision MID radicalement différente. Par exemple, nous ne devons pas piller les ressources océaniques au nom d’un soi-disant “economic right on waters and sub-soil exploitation”. Nous avons aussi des responsabilités. Il nous faut une approche systémique et holistique, durable dans tout le sens du terme. Qui va harmoniser le plan MID à venir avec les mesures annoncées déjà ? C’est dommage qu’on n’arrive pas à intégrer tout au long du discours-programme l’économie, l’écologie et le social simultanément.