Le chef de file du groupe parlementaire travailliste, Shakeel Mohamed, considère que la classe politique passe par une période de transition. Dans ce contexte, une lourde responsabilité pèse sur les épaules des personnalités comme sir Anerood Jugnauth et Vishnu Lutchmeenaraidoo, dit-il.
Il est peu probable que ces deux personnalités se représentent à de nouvelles élections pour un nouveau mandat parlementaire, a soutenu Shakeel Mohamed. Par conséquent, ils ont les mains libres et n’ont pas à se soucier de leur réélection. Ce qui leur permet d’apporter des changements courageux sans se soucier de l’opinion publique.
Le député rouge a insisté sur le changement réclamé par l’électorat lors des dernières élections générales et sa volonté d’accentuer un vrai système de méritocratie, de transparence et de discipline. Il a tenu à faire la différence entre le népotisme qui consiste à protéger ses proches et la méritocratie qui favorise la compétence. Il a reconnu les failles de l’ancien régime en ce qui concerne la méritocratie à travers la nomination et la protection des proches. L’électorat a voulu un changement. Cependant avant que les cent jours au pouvoir ne soient atteints, cette promesse faite par l’Alliance Lepep à la population a été rompue, constate-t-il. Il a ainsi critiqué le ministre Anil Gayan pour avoir nommé des proches à des postes de responsabilités.
Shakeel Mohamed a observé que l’annonce de la création annuelle de 15 000 emplois est loin de pouvoir résoudre le problème du chômage. La moyenne annuelle d’emploi créé à Maurice est de 13 000 à 14 000. Il s’est réjoui que le ministre du Travail est désormais responsable de la formation et a plaidé pour que le HRDC et le MITD tombent sous la tutelle du ministère de l’Emploi.
Shakeel Mohamed a également estimé que le gouvernement doit garder en tête le fait que Rezistans ek Alternativ a entré une affaire devant la Cour internationale des Droits de l’homme. Il a rappelé que cette Cour internationale a recommandé que Maurice adopte un nouveau système pour remplacer le système de meilleurs perdants ou de remettre à jour le recensement de 1972. Le député estimé que la population mauricienne est suffisamment mûre pour permettre un nouveau recensement sur une base ethnique. Cela ne veut pas dire que la population sera plus divisée, au contraire, il peut permettre d’unir d’avantage la population. Un tel recensement serait technique et devrait permettre de mieux appréhender les problèmes particuliers de chaque communauté afin de les résoudre dans l’intérêt de la nation mauricienne dans son ensemble.
À ce stade, sir Anerood Jugnauth a affirmé qu’une telle possibilité est envisagée par son gouvernement. Shakeel Mohamed a aussi préconisé une plus grande ouverture du ciel avant de demander où en est le gouvernement avec la liste des 12 priorités qu’il avait fixées pour les trois premiers mois de son mandat.
Quant aux critiques concernant les dix dernières années sous le gouvernement travailliste, Shakeel Mohamed a reconnu que tout n’était pas parfait. Cependant, il a estimé qu’il ne faut pas généraliser, d’autant que plusieurs membres du gouvernement actuel faisaient partie de l’ancien GM. « Nous ne pouvons pas dire qu’ils étaient complices du fascisme et du népotisme », a estimé Shakeel Mohamed.