La tristesse et l’angoisse règnent chez les parents de Gavi Sunnassee, 17 ans, qui habitent à Plaine-Magnien, et chez sa cousine Dhanasri, 14 ans, domiciliée rue Fabien, Ville-Noire, Mahébourg. Les deux adolescents n’ont plus donné signe de vie depuis lundi après-midi. Retour sur une semaine de recherches.
Gavi Sunnassee a quitté son domicile le 31 juillet dernier vers 14h30 dans un taxi pour aller récupérer sa cousine chez un enseignant de Ville-Noire, Mahébourg, avec qui elle prend des leçons particulières. Un proche de l’adolescente a confié au Mauricien hier matin que le chauffeur de taxi les a ensuite déposés à Plaine-Magnien. Depuis, personne ne sait où se trouvent les deux adolescents.
Ne les voyant pas rentrer, les parents de Gavi et Dhanasri ont d’abord appelé leurs proches pour les avertir de l’absence des deux adolescents et pour savoir s’ils avaient des nouvelles. « Je venais tout juste de rentrer chez moi lorsque j’ai appris leur disparition. Je me disais qu’il se pourrait que les deux jeunes aient fait une petite escapade et qu’ils allaient rentrer chez eux tôt ou tard », explique une source qui, depuis le jour de la disparition, participe aux recherches chaque soir après ses heures de travail. «  Nous ne sommes pas restés les bras croisés. On a mis sur pied un plan d’action pour coordonner nos recherches avec les différentes instances, à savoir la police, la presse écrite et parlée, et pour intensifier les opérations. »
Tourmentés par l’absence des deux adolescents, les parents de Gavi ont fouillé de fond en comble la maison pour essayer de trouver ne serait-ce qu’un indice que son fils aurait laissé derrière lui. Au final, ils ont fini par découvrir huit lettres rédigées par Gavi. Dans l’une d’elles, l’adolescent fait part de son intention de mettre fin à ses jours avec sa cousine.
Après avoir analysé les manuscrits, les experts en graphologie ont pu confirmer que les lettres ont bel et bien été écrites par Gavi Sunnassee. « Dans les huit lettres, Gavi n’a pas beaucoup parlé de sa cousine, mais a remercié un couple qui habite la région de Rose-Belle et qui avait prêté une oreille attentive à ses problèmes lorsqu’il les avait sollicités », raconte un proche, qui a eu l’occasion de parcourir les correspondances avant qu’elles ne soient remises aux autorités policières pour enquête.
Inséparables
Gavi et Dhanasri habitaient tous deux sous le même toit, rue Fabien, dans le village de Ville-Noire. « Ils ont grandi ensemble et ont développé une amitié solide », relate une tante des adolescents. « Zot pa ti kapav san-pas zot kamarad. Kot zot ale zot ti ansam, mem dan lakaz. » Il y a trois mois, Gavi est allé vivre avec sa famille, dans leur nouvelle maison, rue Palma, à Plaine-Magnien. « Me nanie pa finn sanze », ajoute cette tante, qui ne dort plus depuis la disparition de son neveu et de sa nièce. « Nou met tou dan lame bondie. Nou pe atann ki zot retourne », pleure-t-elle.
Anil, voisin de Gavi, ne cesse de faire les éloges de l’adolescent, qui était passé le voir il n’y a pas si longtemps. « C’est un garçon bien cool. Li touzour respekte bann gran dimounn », confie ce tailleur de profession. Un autre proche des deux adolescents indique pour sa part ne toujours pas comprendre ce qui aurait bien pu arriver à Gavi et à sa cousine Dhanasri. « Nous leur demandons de retourner à la maison. Rentrez ! On vous aime toujours et beaucoup », supplie-t-il.
En vue de retrouver les deux adolescents, leurs proches ont parcouru minutieusement une grande partie de la côte sud, soit Le Bouchon, Gris-Gris, Le Pont Naturel, Pomponette, allant même jusqu’à Baie-du-Cap et Bel-Ombre. « On ne vit plus depuis qu’ils ne donnent plus signe de vie », déplore une tante.
Du côté de la police, on apprend que les enquêteurs tentent de réunir toutes les pièces du puzzle pour voir plus clair dans cette affaire. Les lettres en leur possession devraient les aider à faire avancer les investigations. Quant aux proches, ils poursuivront leurs recherches durant le week-end pour essayer de retrouver les deux adolescents. « C’est très pénible et dur pour nos deux familles. Nous ne comptons pas abandonner les recherches tant que nous n’obtenons aucun indice supplémentaire », affirme l’oncle de Dhanasri.
Le chauffeur de taxi ainsi que le couple de Rose-Belle ont été interrogés par la CID de Mahébourg et ont été autorisés à rentrer chez eux. L’enseignant chez qui Gavi était allé récupérer sa cousine dit, pour sa part, qu’il ne savait pas si les deux jeunes avaient pris place à bord d’un taxi le lundi 31 juillet.