La famille de Shalma Bibi Mungur – une habitante de Camp-Diable âgée aujourd’hui de 60 ans – rappelle que cette dernière est portée manquante depuis le 3 mars 2014, date à laquelle celle-ci a été vue pour la dernière fois vers 3h du matin. Les proches se disent « traumatisés » par les dernières nouvelles qui leur sont parvenues ces derniers jours. « Nous n’avons plus de ses nouvelles malgré les recherches effectuées par les différentes unités de la force policière. Mais nous nous sentons humiliés et révoltés depuis que des allégations circulent dans notre village à l’effet que ma famille, dont mes deux fils policiers, est complice dans la disparition de mon épouse », explique Abdool Latiff Mungur, l’époux de la disparue. « Ils prétendent que nous l’avons tuée et enterrée dans un puits dans notre cour. C’est totalement faux. J’ai consigné une déposition au poste de police de la localité hier pour démentir ces allégations. Je demande à la police de suivre toutes les procédures afin de faire la lumière sur cette disparition. Nous n’avons pas peur. Nous sommes à la disposition des enquêteurs 24/24h. Qu’on cesse une fois pour toutes de ternir la réputation de ma famille », insiste-t-il.
Les enquêteurs de la Major Crime Investigation Team (MCIT) auraient interrogé des voisins et d’autres connaissances de la famille Mungur dans le cadre de cette affaire après avoir réceptionné deux lettres anonymes aux Casernes centrales. De toutes les hypothèses, la famille privilégie celle de l’enlèvement. Questionné par Le Mauricien ce matin, l’époux de Shalma Bibi Mungur maintient que la police « doit tout mettre en oeuvre » pour retrouver son épouse.
L’un de ses fils fait pour sa part ressortir que sa mère avait été déjà « victime de sorcellerie » en 2012. « Elle hurlait et pleurait sans cesse. Li ti pe gagn sa bien souvan surtou dan gramatin. Deux ans avant sa disparition, elle avait été victime d’une crise violente et une veine s’était rompue dans sa tête. Elle avait perdu la mémoire avant de la retrouver après. » La famille garde cependant l’espoir de la retrouver un jour saine et sauve, « car nous ne pouvons plus supporter ce traumatisme ».