Fin de cavale pour les fugueuses du Centre d’Education de Développement pour les Enfants Mauriciens (CEDEM). Les trois mineures, à savoir Charlène Delphine (16 ans), Anoushka Utile (14 ans) et Priscilla Bègue (16 ans) ont été retrouvées jeudi à l’issue d’opérations minutieuses menées par les limiers de la Major Crime Investigation Team (MCIT) de Curepipe, sous la supervision générale du surintendant Yousouf Soopun. A l’issue de ces opérations, trois suspects ont été arrêtés. Ils sont Patrice Ramen (23 ans) et Jean Michael Cheddy (22 ans), tous deux de Cité l’Oiseau, Floréal, et Stephane Collet (29 ans), habitant Forest Side. Ils sont accusés d’avoir eu des relations sexuelles avec ces mineures, de même que de les avoir enlevées.
C’est dans l’après-midi de jeudi que les limiers de la MCIT de Curepipe, à savoir les sergents Vincent et Dagah, les caporaux Jugganaikloo, Adam et Mohabuth, ainsi que les Women Police Constables (WPCs) Aliphon et Blackburn, sont passés à l’offensive, en se basant sur des informations rigoureusement précises. Une première opération menée au domicile de Patrice Ramen, alias Patou, un helper de profession, à Cité l’Oiseau, devait permettre à la police de retracer deux des trois filles, Charlène Delphine et Anoushka Utile.
A partir de ce premier coup de filet, les enquêteurs devaient enchaîner en menant une autre opération à route Royale, Forest-Side, chez Stephane Collet, également helper. Priscilla Bègue, la dernière fugueuse manquant à l’appel a été retrouvée chez lui. Peu après, un troisième suspect, Jean Michael Cheddy, un helper de 22 ans, devait être appréhendé à son domicile de cité l’Oiseau.
Lors d’un interrogatoire serré, les filles ont raconté aux limiers de la MCIT les circonstances de leur fugue du 14 août dernier. Elles se sont échappées du dortoir du CEDEM pendant la nuit après avoir forcé une porte. Une fois à l’air libre, elles se sont rendues chez une amie, qui n’a pas été en mesure de les héberger. Mais elles auraient profité de l’occasion pour contacter Patrice Ramen, qui serait le « petit ami » de l’une d’entre elles. Ce serait ce même Patrice Ramen qui aurait agi comme intermédiaire entre les deux autres filles et deux de ses « amis ». Les filles ont insisté sur le fait qu’elles étaient toutes « consentantes »…
Les suspects Ramen, Collet et Cheddy, qui ont été soumis à un feu roulant de questions de la part des enquêteurs, se sont prévalus de leur droit au silence. Ils ont tous trois comparu en cour de District de Curepipe vendredi sous une charge provisoire de Abducting Minor. Ils sont également accusés d’avoir eu des relations sexuelles avec des mineures. Ils ont été remanded to police cell jusqu’au 16 septembre.
Quant aux filles, elles ont aussi comparu en cour de Curepipe après avoir été accusées d’être des « uncontrollable juveniles ». Elles ont été remanded au Rehabilitation Youth Centre (RYC) jusqu’au 19 septembre. La Brigade des Mineurs (BdM) ainsi que la Child Development Unit (CDU) suivent de près l’évolution de cette affaire.
Dans les milieux de l’enquête policière, on se pose beaucoup de questions quant aux trois adolescentes, dont la majorité des parents ne peut s’occuper d’elles. « Ce qui s’est passé est un problème causé par l’absence de contrôle parental et des mauvaises fréquentations. C’est extrêmement triste car ces adolescentes ont été livrées à elles-mêmes pendant trop longtemps et ont ainsi eu le loisir de choisir la mauvaise pente. Les autorités compétentes doivent tout mettre en oeuvre afin qu’elles retrouvent le droit chemin », a-t-on laissé entendre à Week-End.