Le conflit opposant l’Argentine à la Grande-Bretagne au sujet de la souveraineté des îles Malouines ne laisse pas indifférent le Comité Social des Chagossiens, l’organisation des déplacés de l’archipel des Chagos animée par Fernand Mandarin et l’avocat Hervé Lassémillante.
On sait que les relations déjà tendues entre le gouvernement argentin et le gouvernement britannique depuis que les deux pays se sont affrontés dans une guerre en 1992 vont, ces jours-ci, en se dégradant après que Londres a annoncé son intention de soumettre les résidents de l’archipel de l’Atlantique sud à un référendum d’autodétermination et, surtout depuis que les Anglais y ont dépêché un destroyer, geste que les Argentins considèrent comme une provocation.
Le Comité Social des Chagossiens (CSC), qui se sent interpellé, a adressé une lettre, jeudi dernier, au ministre mauricien des Affaires étrangères, M. Arvind Boolell, dans laquelle il réclame du gouvernement qu’il prenne une position « claire et nette de solidarité » avec le peuple argentin. Et pour bien préciser dans quel camp il se situe, on note dans ladite lettre que le CSC évite soigneusement d’utiliser l’appellation Falklands Islands (nom que les colonisateurs britanniques ont donné aux Iles Malouines) y préférant son appellation d’origine argentine Islas Malvinas (en français îles Malouines).
« In relation to the debate over the militarisation of the Islas Malvinas, the Chagossian Social Committee wishes the Mauritian Government to take a clear stand of solidarity with the Argentine people.
We note that the United Kingdom aired publicly that they are considering the possibility of organising, if the residents so wish, a referendum whereby they will self determine their future.
The Committee underlines the clear similarity between the temporal issues of the Chagos, Gibraltar and Islas Malvinas. The Committee condems the persistent colonial behaviour of the United Kindom which is disguised in an apparent interest in human rights namely people’s rights to freedom and self determination », ont écrit Fernand Mandarin et Hervé Lassémillante en leur qualité respective de président et conseil légal du CSC. Il ont signifié au ministre Arvind Boolell leur intention d’envoyer une copie de la lettre à la presse argentine afin d’internationaliser le soutien de leur organisation.