La distillerie de Médine est l’antre de la préparation du rhum. Cette distillerie, qui date de 1926, est la plus vieille et la plus ancienne en opération de Médine.  La distillerie de Médine produit 300 000 tonnes de cannes à sucre par an, mais seulement un faible pourcentage est réservé à la production d’alcool. Jean-François Koenig, General Manager et Master Distiller de Medine Distillery, parle du lancement du dernier-né en matière de rhum, le Penny Blue, que certains appellent Single Estate ou Chateau bottled. Un nectar enivrant auquel beaucoup ont du mal à résister.
Parlant de la composition du Penny Blue, Jean-François Koenig dira que le rhum provient d’un fût unique, ce qui en fait un produit d’exception. D’où l’appellation Penny Blue Single Cast. Seulement 200 bouteilles ont été mises sur le marché et le prix de vente tourne autour de 175 euros, soit Rs 7 000. Ce produit a été longuement élaboré, ce qui fait son succès.
« Médine Distillery est parvenue à produire un rhum d’exception reconnu à travers le monde et qui représente la quintessence du savoir-faire de Médine Distillery. » Ce produit a une teneur d’alcool de 45% et se distingue par sa couleur ambrée. Ses arômes rappellent le goût du bois, des fruits secs, de la noix.
Lors d’une visite guidée dans la distillerie de Médine, Jean-François Koenig parlera de la fermentation. Le rhum mauricien est fabriqué à partir de la mélasse, un sous-produit de la fabrication du sucre. Tout est mis dans des cuves en inox pour y être fermenté. Le mot d’ordre dans ce procédé de fabrication demeure la qualité. La préparation de la levure demande 12 heures, idem pour la fermentation et, au final, il faut 24 heures pour avoir un résultat positif. Notre interlocuteur ajoute que la température, lors de la fermentation, ne doit pas dépasser les 35°C. « La fermentation dégage de la chaleur. Il faut garder pour cela une température constante dans les locaux de la distillerie. »
La deuxième étape de la visite comprend la fabrication du rhum distillé. « On élimine tous les produits qui n’entrent pas dans la composition. C’est comme dans la parfumerie : le rhum est pareil, il y a la note de tête et, au milieu, le coeur, qui génère le goût et qui symbolise la qualité du produit. La mélasse est fermentée à un certain pourcentage et est placée dans une grande cuve, connue comme le Classic 4 Column, en vue de séparer l’alcool des autres éléments dits volatils. Les résidus recueillis sont utilisés dans les plantations de cannes et se révèlent être un fertilisant adéquat. » Une autre colonne est utilisée pour le vieillissement du rhum. Il existe différentes déclinaisons de rhums, ceux obtenu après une préparation d’au moins trois mois après la distillation. Quant au rhum paille, appelé aussi rhum ambré, on apprend que cette teinte ambrée est obtenue après une conservation dans des fûts pendant au moins deux ans. Dans ces mêmes fûts ont été conservés du Bourbon et autres… D’où, en sus de donner ce goût d’alcool, l’impression, en bouche, de  notes rappelant les arômes de vanille, les épices chaudes ou encore le bois. Des senteurs qui s’imprègnent et qui donnent ce petit côté relevé. Le rhum vieilli, lui, se distingue par une qualité supérieure, le rhum hors d’âge, comme on le dit couramment, et qui est obtenu après un vieillissement d’au moins six ans en barriques. On trouve également le rhum léger, appelé aussi rhum de cocktail, idéal pour les mariages. Les colonnes à distiller requièrent une température de 120°C.
Pour la petite anecdote, il faut savoir que le Penny Blue tire son nom d’un des plus vieux timbres du monde et qui a rapporté la somme de USD 1,4 million lors des enchères de 1994. Le Blue Penny, imprimé à Maurice en 1847, est en effet très vite devenu un collector du fait d’une erreur d’impression.  Il faisait état de Post Office au lieu de Post Paid.   Tout comme le timbre-poste dont il emprunte le nom Penny Blue, Médine Distillery vise dans cette démarche d’en faire un produit phare, rare et exclusif, qui plaît déjà aux amateurs de bon rhum.