Rundheersing (Manou) Bheenick, gouverneur de la Banque de Maurice, s’est vu décerner l’award de Central Banker of the Year 2012 par la revue The Banker, une publication du groupe Financial Times très prisée du monde financier, en particulier le secteur bancaire. C’est la première fois depuis la création de la BoM il y a environ 45 ans qu’un gouverneur de banque centrale mauricien obtient une telle reconnaissance internationale, laquelle lui a été attribuée pour son combat incessant contre l’inflation et sa politique de soutien à la croissance économique du pays.
« Ça fait chaud au coeur. Je suis ravi et je dédie cette distinction à toute mon équipe à la BoM (Banque de Maurice) et en particulier au Premier ministre qui a cru en moi et à la petite cellule de gens qui a été solidaire de moi depuis ma nomination comme gouverneur », a déclaré Manou Bheenick au Mauricien. Le gouverneur a indiqué qu’il a été surpris d’obtenir cette distinction. « Lorsque la nouvelle m’a été annoncée je croyais vraiment que c’était une blague », a-t-il fait ressortir. « Ce titre n’est pas destiné uniquement à ma personne mais à tous ceux qui m’entourent. J’ai l’équipe qu’il faut et ensemble nous pensons avoir fait un bon travail jusqu’ici. »
À la question de savoir ce à quoi il s’attend pour l’année prochaine, Manou Bheenick a fait comprendre qu’il y aura de grands défis à relever bien plus que ceux auxquels le pays a eu à faire face ces dernières années. « Tenant compte d’une conjoncture économique internationale encore plus difficile, les dangers seront toujours présents pour une économie extravertie comme la nôtre. Le travail continue à notre niveau mais il faudra faire encore mieux », a-t-il observé.
The Banker a surtout récompensé le gouverneur de la BoM pour la lutte menée contre l’inflation. « The past three years have hardly been easy for Rundheersing Bheenick, governor of the Bank of Mauritius. First, he had to deal with a sharp fall in inflation in 2009 as the island’s tourism industry and sugar and textile exports slowed, hurting the economy. Then, thanks to a quick recovery from late 2010, inflationary pressure increased again », écrit la revue internationale. The Banker rappelle que Maurice est particulièrement vulnérable aux pressions inflationnistes exogènes, ceci étant dû à l’ouverture de notre économie sur l’extérieur et aussi au fait que les produits alimentaires et les pétroliers représentent environ 40 % de l’indice des prix à la consommation (CPI).
Maurice « has been fortunate to have him as its central banker during this volatile period. From the moment he was appointed in February 2007, he has proved himself to be a reformer and far-sighted operator », estime la revue. Celle-ci parle de la création du comité de politique monétaire de la BoM deux mois après la nomination de Manou Bheenick comme gouverneur ; comité qui s’est mis à la tâche très vite, réduisant le taux d’intérêt directeur pour permettre à l’économie mauricienne de se relancer pendant la période de crise internationale. Mais en 2011, constate The Banker, la BoM a eu à agir prudemment afin d’éviter une remontée trop rapide de l’inflation. Le taux d’intérêt directeur a ainsi été relevé de 4,75 à 5,5 % au cours des neuf premiers mois de l’année.
« M. Bheenick says that November’s inflation rate of 6.6 % – significantly below the levels of 9 % to 10 % witnessed between 2006 and 2008 – marks the peak of the cycle. He expects it to fall to between 5 % and 5.5 % by June, within what he calls the central bank’s “comfort zone” of 4 % to 6 % », annonce la revue.
The Banker fait également état du rôle joué par la BoM sous l’impulsion du gouverneur pour soutenir la croissance économique du pays ; Manou Bheenick prévoyant un taux de croissance de 4 % pour 2012 et la relance des crédits bancaires avec un taux de progression de 12 % attendue pour 2011. Autre facteur signalé par la revue : la politique de la BoM pour maintenir une roupie stable.
« M. Bheenick had faced plenty of pressure from the island’s exporters to weaken it, but he refused to budge, something he firmly believes is in Mauritius’s long-term interests », note la revue qui, dans la foulée, cite le gouverneur en ces termes : « We do not believe we can gain competitiveness by depreciating the currency. That was the quick fix our exporters were always asking for. They had got used to it and were very surprised I didn’t want to deliver on it. »