À sa grande surprise, pour reprendre les mots de son directeur Nicolas Ritter, PILS (Prévention, Information et Lutte contre le Sida) représente cette année Maurice parmi les cinq pays finalistes du ONE Award. ONE est une fondation, dont l’un des pionniers est le rocker irlandais de réputation planétaire, Bono (Paul Hewson) du groupe U2. Sa mission : combattre l’extrême pauvreté sur le continent africain. Par le biais de PILS, le pays marque sa toute première participation et qualification parmi les finalistes au ONE Award.
Maurice, à travers PILS (la principale ONG mauricienne à oeuvrer en faveur des séropositifs et pour faire respecter leurs droits), figure aux côtés du Togo, du Ghana, de la Zambie et du Kenya. « Ce sont les cinq pays finalistes que nous avons retenus sur les 150 participations reçues dans le cadre du ONE Award », explique Edith Jibunoh, Senior Manager/Africa Outreach de la fondation ONE. Elle était de passage à Maurice pour « découvrir PILS, notamment comment fonctionne l’ONG, qui sont les personnes derrière, comment elles travaillent, comment elles agissent envers leurs partenaires et interlocuteurs publics et privés, comment cela se traduit sur le terrain… Bref, un rapide bilan pour jauger leurs capacités et appuyer leur candidature pour le prix ONE Award. »
« Notre qualification parmi les cinq finalistes nous est venue comme une énorme surprise ! » déclare heureux Nicolas Ritter, très connu à Maurice pour ses prises de positions et plaidoyers en faveur des malades. Relatant l’historique de l’inscription de PILS au ONE Award il y a quelques mois, le directeur de PILS et de PVVIH  explique que « nous ne s’attendions nullement à en arriver là ! La nouvelle a été une grande et excellente surprise, d’autant que PILS fête cette année ses 15 ans d’existence et de militantisme dans le pays ».
Après une première rencontre à la mi-novembre au siège de ONE à Washington, les membres de l’association passeront en revue les rapports réalisés sur les cinq finalistes. « Le 14 décembre, nous proclamerons le résultat. Le lauréat décrochera un cash prize de $ 100 000. Nous préférons donner un prix en espèces pour que l’ONG récompensée bénéficie d’une enveloppe afin d’améliorer et d’étendre ses prestations. Il y a si peu de personnes qui se donnent à coeur dans ce travail social et nous avons le devoir de les aider en ce sens », explique Mme Jibunoh. Elle précise aussi que « c’est la toute première fois que Maurice s’inscrit au ONE Award. PILS est la première candidate du pays. Nous lui souhaitons tout le meilleur ! »
Edith Jibunoh, en tant que Senior Manager  représentant ONE, a aussi le devoir de se rendre dans les cinq pays finalistes du concours et d’étudier les différents récipiendaires. « L’un des critères qui importe dans la sélection est le poids de l’ONG dans le plaidoyer national ; leur relation avec le pouvoir en place et les partenaires du privé. Il y a aussi les résultats et l’impact dans le réel. » À cet effet, Mme Jibunoh a pu accompagner la caravane de PILS lors des rencontres avec les travailleuses du sexe, par exemple. Et aussi sur les sites où, avec la collaboration du Collectif Urgence Toxida (CUT), PILS soutient le programme d’échange de seringues (NEP). « J’ai été très agréablement surprise par la confiance qu’ont témoignée les bénéficiaires envers le personnel de PILS sur le terrain. Cela prouve que l’ONG a réalisé un sérieux travail auprès des bénéficiaires. »
Le VIH est un élément directement associé à la pauvreté en Afrique. Ce qui explique la présence de PILS parmi les différents candidats retenus. « ONE, dans son plaidoyer et son action, met l’accent sur les ONG qui militent contre la pauvreté dans son ensemble, en faveur de l’éducation, contre les formes de corruption, le développement communautaire, entre autres. »
Edith Jibunoh était accompagnée de Zina Saro-Wiwa, documentariste, qui a réalisé un film sur PILS et qui servira à présenter l’ONG au comité de ONE.