Le président du Mouvement Patriotique (MP), Alan Ganoo, a, lors d’une conférence de presse à la municipalité de Port-Louis hier, souhaité que le ministre de la Santé Anil Gayan « rétablisse le dialogue avec les ONG qui se sont dévouées pendant des années afin de combattre la drogue et aider les victimes à sortir de l’enfer de l’addiction ». Il lui demande d’élaborer un programme de counselling en liaison avec les ONG afin de réhabiliter les toxicomanes.
Alan Ganoo a fait ressortir que l’introduction du programme à base de méthadone en 2006 a grandement aidé les toxicomanes à sortir de l’enfer de la drogue et que la distribution de seringues a permis de les protéger contre le sida. Toutefois, il déplore que les autorités se soient contentées d’un programme de distribution au lieu d’un « management programme » comprenant l’accompagnement des toxicomanes par des psychologues. « Un programme d’accompagnement et un counselling structuré auraient permis à ceux concernés de sortir du circuit et réintégrer la société à travers un programme psychosocial », a-t-il avancé. La proposition du ministre de la Santé d’introduire la Suboxone pour une période de six mois ne fait pas l’unanimité, a-t-il ajouté.
« Ce qui est important, c’est un vrai « management programme » avec l’aide de psychologues au lieu d’agir comme un fournisseur légalisé d’opioïdes. Une simple politique de distribution n’aide pas les toxicomanes à sortir de leur dépendance, d’où le succès mitigé de la méthadone. On ne peut faire régresser la drogue uniquement avec des produits chimiques. ll faut développer un protocole de counselling en liaison avec les ONG », a-t-il déclaré. Le président du MP a également déploré « qu’il n’y ait pas eu d’évaluation du programme en vigueur depuis 2006 et que le ministre ait coupé les ponts avec les ONG durant les six derniers mois ». Il souhaite, par conséquent, un apaisement de la situation entre le ministre et les ONG et qu’un programme conjoint soit développé pour le bien des victimes de la drogue.
Commentant les problèmes qui ont surgi aux Jeux des Îles de l’Océan Indien (JIOI) cette semaine à La Réunion, Alan Ganoo soutient que « c’est la contradiction de la présence française dans l’océan Indien qui a refait surface ». Et d’ajouter : « Tous ces incidents politiques et diplomatiques sont la faute des Français, du CIJ et des organisateurs réunionnais ». Ce qui s’est passé était, selon lui, prévisible et aurait pu avoir été anticipé. La solution de compromis qui a été trouvée en interdisant la diffusion des hymnes nationaux a, selon lui, provoqué la déception et atténué l’ambiance autour des JIOI. Le président du MP a souhaité que les principaux concernés « tirent les leçons qui s’imposent » et sauvent les prochains Jeux afin que ce soit non seulement une fête pour les athlètes de la région, mais également pour les pays de l’indianocéanie.
Alan Ganoo a finalement affirmé qu’il n’a jamais été question que certains membres du MP réintègrent le MMM, comme annoncé par Paul Bérenger à Chemin-Grenier samedi dernier. Il a ensuite annoncé l’organisation d’un congrès des jeunes le 30 août à un endroit qui sera annoncé prochainement.