Un peu plus de dix mois après la Private Notice Question (PNQ) du leader de l’opposition, Paul Bérenger, et neuf mois après la déposition marathon du leader du MSM, Pravind Jugnauth, au sujet des allégations de pédophilie au Mauritius Institute of Training and Development (MITD), le Central CID a décidé de convoquer le témoin vedette. En effet, Preety Sham Chedumbrum, l’épouse de l’instructeur sur qui pèsent de graves allégations de moeurs formulées à l’Assemblée nationale et à la police, est entendue par des limiers du CCID depuis le début de l’après-midi. Aucune indication officielle si cet exercice se déroule Under Warning avec des risques d’inculpation provisoire comme ce fut le cas pour la psychologue Pascale Bodet et la Whistleblower Sudha Singh ou encore si l’épouse de l’instructeur du MITD est tout simplement entendue à titre de témoin.
« Je ne peux pas vous dire à ce stade à quelle sauce sera interrogée ma cliente par le Central CID. Aucune idée à ce sujet. Tout ce que je sais c’est que la police a insisté pour que l’interrogatoire ait lieu aujourd’hui alors que j’avais suggéré un autre rendez-vous en cours de semaine. Il est difficile pour moi d’interpréter l’empressement de la police. Il faudra attendre pour en savoir plus », a fait comprendre au Mauricien Me Yash Bhadain, dont les services ont été retenus par Preety Chedumbrum.
Sur la base des indices et des preuves déjà fournis aux enquêteurs de la police, la substance de cette première séance d’interrogatoire devrait porter autour des 1 218 appels téléphoniques et 2 282 SMS échangés entre l’instructeur et l’étudiante du MITD au cours de la période cruciale de ce scandale de pédophilie alléguée.
Un élément crucial dans cette affaire est que l’un des numéros de téléphone cellulaire utilisé pour la transmission de ces messages litigieux est attribué à Preety Chedumbrum. Dans un affidavit juré contre son époux, elle a fait des révélations accablantes à ce sujet. Ainsi, elle sera confrontée à ces détails et également appelée à confirmer ces éléments d’informations visant à établir des liens entre la jeune fille et son époux. Elle compte révéler à la police les dessous de ces échanges à partir de différents numéros de téléphone cellulaire et elle est parvenue à obtenir confirmation de l’identité de la correspondante de son époux.
Dépendant de la tournure de la séance de Questioning dans les locaux du Central CID, la décision pourra être prise de convoquer pour la première fois l’instructeur du MITD en vue de consigner au moins sa version des faits dans la MITD Saga. Tel n’a pas été le cas jusqu’ici. Néanmoins, en prévision de tout revirement de situation où elle pourrait se retrouver inculpée de complot comme cela a été le cas pour Pascale Bodet et Sudha Singh, Preety Chedumbrum est déjà armée pour contrer la tactique des enquêteurs.
Aucun détail n’a transpiré quant aux preuves dont dispose Preety Chedumbrum pour répondre au Central CID. Mais il n’est pas à écarter que cette preuve pourrait prendre la forme d’enregistrements de confidences et de secrets entre protagonistes comme cela a été le cas jusqu’ici.
Le couple Chedumbrum bat de l’aile depuis la fin de 2011 suite à la découverte par Preety Chedumbrum d’informations troublantes sur le comportement et les fréquentations de son époux. Dès le 25 octobre 2011, elle avait enregistré une déposition au poste de police d’Eau-Coulée à cet effet. Elle avait même signifié son intention d’initier des procédures de divorce. Elle avait également transmis à la police en date du 30 novembre 2011 une lettre de dénonciations avec force détails à la police au sujet des contacts de son époux avec une jeune étudiante.
Jusqu’ici, l’époux de Preety Chedumbrum a rejeté les accusations et allégations portées contre lui.
L’enquête se poursuit.