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Identifier les solutions plus scientifiques et plus humaines dans le contrôle de la population des chiens errants à Maurice. C’est l’objectif de l’atelier de travail ayant pour thème « Dog Population Management in Mauritius » organisé jeudi au Mauritius Cane Industry Authority (MCIA) à Réduit par le ministère de l’Agro-industrie, en présence du professeur Martens, fondateur d’Animal Wise, etde Think and Do Tank, et Karen Soeters, fondatrice de House of Animals & Animals today, des ONG et d’autres stakeholders.

La gestion des chiens errants est une affaire de connaissances scientifiques. C’est la raison pour laquelle le professeur Pim Martens (Sustainable development à l’université de Maastricht au Pays-Bas) fondateur d’Animal Wise , et de Think and Do Tank a été convié pour ses services de conseil dans la gestion de la population canine à Maurice afin d’apporter des solutions au ministère de l’Agro-Industrie.

Citant l’exemple de l’île de Curuçao (Caraïbes), le ministre Mahen Seeruttun a déclaré que « le travail du professeur Martin dans la gestion de la population des chiens dans cette île a apporté des résultats très positifs. C’est la raison pour laquelle j’ai eu recours à ses services afin de trouver, avec les partenaires ici présents, une solution durable à ce problème ».

Les interventions du ministre étaient axées sur plusieurs points comme la sécurité publique, l’impact sur l’économie et un traitement plus humain pour nos amis les chiens. « Une étude menée en 2013 a révélé que la population canine à Maurice s’élève à 300 000, dont 80 000 qui errent dans la nature.

Et ce chiffre n’a cessé de croître au fil des cinq dernières années. Etant donné que ce problème a un effet préjudiciable sur l’environnement, la santé publique, la sécurité des chiens errants eux-mêmes, combattre la surpopulation canine est d’un grand intérêt pour le gouvernement, le tourisme, les investisseurs étrangers et le public dans son ensemble », a il dit.

Mais encore faut-il, souligne-t-il, le gérer le tout plus humainement possible afin d’assurer le bien-être des animaux. « Le gouvernement s’engage à revoir cette situation dans une perspective plus humaine. Le Premier ministre a, dans ses deux derniers budgets a mis l’accent sur la nécessité de gérer ce problème à travers la création de dog shelters afin d’accueillir les stray dogs ». Tout en rappelant d’une part, qu’un budget de Rs 9 M a été alloué afin d’améliorer l’hôpital vétérinaire de MSAW, d’autre part, qu’une somme de Rs 12 M a été investie pour la campagne de stérilisation en masse. Un Memorandum of Understanding a été signé avec la Humane Society International (HSI).

Un investissement de Rs 13 M pour implémenter un projet pilote sur l’identification et la stérilisation en masse des chiens errants dans la région de Flacq. « Notre objectif est de stériliser jusqu’à 10 000 chiens à mars 2019. Il y a aussi une campagne de sensibilisation à faire, surtout auprès des propriétaires de chiens et la manière dont ils traitent les animaux ».

S’agissant du Mauritius Society for Animal Welfare (MSAW) et des pratiques récurrentes qui ont suscité l’indignation publique et terni sa réputation, le ministre a déclaré que « nous voulons changer l’image de MSAW, revoir son fonctionnement. Vous vous imaginez que depuis sa création, l’ex-MSPCA n’a pas beaucoup changé. Aujourd’hui, nous offrons des formations et des outils appropriés pour pouvoir faire le travail de manière plus convenable ».

Et concernant les employés impliqués dans les cas de maltraitance, il avance que « des actions ont été prises pour les punir », et a ajouté qu’un nouveau cadre légal sera mis en place pour le bien-être des animaux, tout en améliorant le problème surpopulation : « Nous avons une loi qui ne répond plus aux attentes d’aujourd’hui. C’est la raison pour laquelle nous voulons la revoir, l’améliorer pour que la maltraitance des animaux soit interdite et avoir une meilleure cadre légale »


A la Brasserie : Un refuge pouvant accueillir jusqu’à 2000 chiens et chats

Tandis que de nombreuses personnes ont été éduquées de manière à ne pas avoir de compassion pour les animaux en détresse, un couple, Linley et Priscilla Bholanauth-Moothien, qui se consacre depuis des années à sauver les chiens errants, continuent de faire de leur mieux pour sensibiliser le public. Ces derniers, présents au workshop, aux côtés d’autres organisations non gouvernementales, de volontaires et de vétérinaires, ont créé de leurs propres deniers, le refuge que l’île Maurice attendait. Ouvert depuis avril dernier, le Sanctuaire La Brasserie peut accueillir jusqu’à 2000 chiens et chats. Au refuge qu’ils ont ouvert il y a quelques années à Sable-Noir, ils pouvaient accueillir une soixantaine de chiens.

C’est parce qu’ils sont extrêmement sensibles au sort et au nombre des chiens errants, blessés, abandonnés, malades ou tout simplement nés dans la rue et exposés à toutes sortes de dangers, qu’ils ont décidé d’acquérir un terrain afin de créer ce refuge. « Nous avons fait une action citoyenne sur nos fonds propres. Nous nous sommes privés de beaucoup de choses, de voyages, de vêtements, etc., afin de créer ce sanctuaire », nous dit Linley Moothien. L’idée pour ce couple est d’accueillir le plus d’animaux possible, chiens et chats qui pourront évoluer dans un cadre de vie adapté.

Actuellement, plusieurs vétérinaires se portent volontaires pour soigner les animaux. En plus d’une prise en charge complète des chiens, le couple organise aussi des opérations de ramassage à travers l’île et des campagnes de sensibilisation dans les écoles. Une candle light ceremony sera organisée au Plaza à Rose-Hill ce mois-ci dans le but de sensibiliser le public. Cette veillée verra la participation de l’orchestre du conservatoire François Mitterand, Gina Jean-Charles, ainsi que d’autres artistes.