Maurice s’est maintenue à la 20e place dans le classement global sur la facilité à faire des affaires, établi par le rapport ‘Doing Business 2014’. Rendu public ce matin par le groupe de la Banque mondiale, ce classement, qui comprend 189 pays – soit quatre de plus que lors de la précédente édition –, place Singapour au premier rang devant la Région administrative spéciale de Hong Kong et la Nouvelle-Zélande. Le rapport, qui en est à sa 11e édition, indique que neuf des 20 économies ayant le plus progressé depuis 2009 font partie de l’Afrique subsaharienne.
Maurice, qui a introduit trois réformes au cours de l’année se terminant en juin 2013), vient tout juste derrière le Canada et précède des pays tels l’Allemagne, les Émirats Arabes Unis, le Japon, les Pays-Bas, la Suisse, la France, l’Italie, la Chine et l’Inde. Maurice mène ainsi largement le groupe d’Afrique subsaharienne, où pointe en 2e position le Rwanda (32e sur le plan global), devant l’Afrique du Sud (41e), le Bostwana (56e) et le Ghana (67e).  Selon Doing Business 2014, les gouvernements à travers le monde ont sensiblement accéléré le rythme d’amélioration de la réglementation des affaires dans 114 économies l’année dernière, ce qui représente une progression de 18% par rapport à 2011-12, créant ainsi les bases pour le développement des activités des entrepreneurs locaux. Le rapport a relevé 238 réformes de la réglementation des affaires au cours de l’année dernière.
Axé sur le thème « Comprendre les réglementations pour les petites et moyennes entreprises », le rapport 2014 observe que le rythme des réformes de la réglementation des affaires continue de s’accélérer à la suite de la crise financière de 2008-09. Le rapport indique que si les économies du monde adoptaient les meilleures pratiques en matière de réglementation de la création d’entreprise, les entrepreneurs passeraient 45 millions de jours en moins chaque année à satisfaire les exigences bureaucratiques à travers le monde. Le rapport note que de nombreux pays d’Afrique subsaharienne sont engagés dans des réformes visant non seulement à réduire les réglementations contraignantes, mais aussi à créer des institutions juridiques plus solides. En 2012-13, le nombre de pays de la région ayant entrepris des réformes a plus que doublé par rapport à 2005. En outre, sur les 20 économies ayant le plus amélioré la réglementation des affaires depuis 2009, on compte neuf économies d’Afrique subsaharienne : le Burundi, la Sierra Leone, la Guinée-Bissau, le Rwanda, le Togo, le Bénin, la Guinée, le Libéria et la Côte d’Ivoire.
Doing Business s’intéresse à plusieurs dimensions importantes du cadre réglementaire applicable aux entreprises. Ses évaluations portent notamment sur les domaines suivants : la création d’entreprise, l’obtention de permis de construire, le raccordement à l’électricité, le transfert de propriété, l’obtention de crédit, la protection des investisseurs, le paiement des taxes et impôts, le commerce transfrontalier, l’exécution des contrats et le règlement de l’insolvabilité. Le rapport examine également les réglementations relatives à l’embauche des travailleurs. Le document, précise la Banque mondiale,  ne présente pas de classement des économies sur la base des indicateurs d’embauche de travailleurs de même qu’il n’inclut pas ce sujet dans le classement global relatif à la facilité de faire des affaires.
Performance de Maurice
La performance de Maurice sous chacun des indicateurs tenus en compte pour les besoins du classement est comme suit : création d’entreprise, 19e (sur 189 pays); obtention de permis de construire, 123e; raccordement à l’électricité, 48e; enregistrement de propriété, 65e; accès aux crédits, 42e; protection de l’investisseur, 12e; paiement des taxes, 13e; commerce transfrontalier, 12e; exécution des contrats, 54e, règlement des problèmes de solvabilité, 61e. La plus mauvaise note concerne l’obtention de permis de construction. Sous ce chapitre, Maurice se retrouve en effet loin derrière plusieurs pays d’Afrique subsaharienne, à l’instar de la Namibie (31e), le Kenya (47e), le Botswana (69e) et le Rwanda (85e). Aucune réforme n’a été apportée dans ce domaine depuis plusieurs années, fait ressortir la Banque Mondiale. « What does it take to comply with the formalities to build a warehouse  in  Mauritius ? According to data collected by Doing Business, dealing with construction permits there requires 16 procedures, takes 248.0 days  and costs 27.4% of income per capita », indique le rapport.      
Le document montre que sur les 47 économies de la région d’Afrique subsaharienne, 31 ont introduit au moins une réforme en 2012-2013. Le Rwanda s’est distingué avec des réformes dans huit des dix domaines couverts par l’étude. « Il est très encourageant de voir tant de pays d’Afrique subsaharienne renforçant leurs institutions juridiques et s’engageant dans des réformes visant à réduire des réglementations contraignantes », a déclaré Augusto Lopez-Carlos, directeur de l’unité de recherche sur les indicateurs et analyste du groupe de la Banque mondiale.
Outre le classement général, Doing Business met chaque année l’accent sur les économies ayant le plus amélioré, par rapport à l’année précédente, leurs réglementations liées aux indicateurs mesurés par le rapport. Ainsi, les dix économies qui ont le plus progressé sont (par ordre croissant d’amélioration) l’Ukraine, le Rwanda, la Russie, les Philippines, le Kosovo, Djibouti, la Côte d’Ivoire, le Burundi, l’ex-République yougoslave de Macédoine et le Guatemala.   
Par ailleurs, Doing Business a recueilli, et ce pour la première fois cette année, des données dans quatre nouvelles économies : la Libye, la Birmanie, Saint-Marin et le Soudan du Sud. De plus, six études de cas mettant l’accent sur les bonnes pratiques dans des domaines mesurés par les indicateurs Doing Business sont inclues dans le rapport. Elles couvrent : a) le rôle des exigences du capital minimum dans le domaine de la création d’entreprise; b) des inspections basées sur le risque dans le domaine de l’obtention de permis de construire; c) la structure des coûts dans le raccordement à l’électricité; d) les systèmes de guichet unique dans le commerce transfrontalier; e) la soumission électronique et le paiement en ligne des taxes et impôts; et f) les services judiciaires en ligne dans l’exécution des contrats.