Maurice a perdu quatre places dans le classement de l’édition 2016 du rapport Doing Business, publié hier par la Banque mondiale et qui mesure chaque année la qualité et l’évolution du climat des affaires dans le monde. Maurice s’est retrouvée à la 32e place (sur 189 pays), mais demeure première au niveau des économies de l’Afrique subsaharienne, alors que Singapour est classé premier au niveau mondial devant la Nouvelle-Zélande. Le Doing Business 2016 relève que les pays africains sont parmi ceux ayant apporté le plus de réformes dans l’environnement des affaires.
Selon le rapport de la Banque mondiale, les classements de Maurice sous les dix critères pris en considération pour les besoins de Doing Business sont les suivants : création d’entreprise : 37e (-8 places) ; octroi de permis de construire : 35e (+ 82) ; raccordement à l’électricité : 41e (stable) ; transfert de propriété : 99e (-58) ; obtention de prêts : 42e (-6) ; protection des investisseurs minoritaires : 29e (-1) ; paiement des taxes et impôts : 13e (stable) ; commerce transfrontalier : 66e (-49) ; exécution des contrats : 27e (+ 17) ; règlement de l’insolvabilité : 39e (+ 4). On observe sur la base de ces différents classements que Maurice a surtout cédé le pas concernant la création d’entreprise, le transfert de propriété et le commerce transfrontalier, mais a progressé au niveau de l’octroi de permis de construction et de l’exécution des contrats.
Doing Business 2016 fait voir que Maurice est précédée par un grand nombre de puissances économiques mondiales conséquentes (États-Unis, Royaume-Uni, Suède, Norvège, Hong Kong, République de Corée, Australie, Canada, Malaisie, Autriche, Suisse, France, Pays-Bas et Émirats arabes unis) mais a devancé l’Espagne, le Japon, la Roumanie, la Hongrie, la Belgique, l’Italie, entre autres. Concernant l’Asie, la Chine et l’Inde ont été classées 84e et 130e respectivement.
Au niveau du continent africain, Maurice a précédé le Rwanda (62e), qui a retrouvé sa deuxième place cédée l’an dernier à l’Afrique du Sud (73e). Cette dernière est passée au quatrième rang africain derrière le Botswana (72e). La Tunisie (74e) a complété le quinté de tête, se rangeant au premier rang parmi les pays d’Afrique du Nord, juste devant le Maroc (75e).
La Banque mondiale observe également que, malgré le fait que le haut du classement en Afrique a peu évolué par rapport au précédent rapport, les pays du continent ont continué d’enregistrer en moyenne une nette progression. Cinq d’entre eux se sont placés parmi les dix premiers réformateurs au monde comme le fait voir la liste suivante : Bénin, Costa Rica, Chypre, Jamaïque, Kazakhstan, Kenya, Mauritanie, Ouganda, Ouzbékistan et Sénégal.
Le rapport note qu’un total de 69 réformes ont été mises en place dans 35 économies de l’Afrique subsaharienne. Parmi ces réformes, 29 ont été mises en place par 14 des 17 membres de l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA). L’Afrique subsaharienne représente environ 30 % des améliorations globales en matière de réformes réglementaires et la moitié du top 10 des économies « ayant le plus progressé dans le monde », indique Doing Business 2016. Le rapport relève que de multiples réformes ont également été mises en oeuvre en Côte d’Ivoire, à Madagascar, au Niger, au Togo et au Rwanda. « Malgré de nettes améliorations, les gouvernements de l’Afrique subsaharienne vont devoir continuer à réduire le fossé qui les sépare des meilleures pratiques dans de nombreuses dimensions majeures de la facilité à faire des affaires, et ce, particulièrement pour augmenter la fiabilité de l’accès à l’électricité », explique Rita Ramalho, responsable du projet Doing Business. Selon le responsable de la Banque mondiale, ces États devraient également oeuvrer à « fournir un système efficace de résolution des litiges commerciaux, un domaine dans lequel la région obtient les scores les plus faibles à l’échelle mondiale ».
La Banque mondiale fait par ailleurs ressortir dans un communiqué que Maurice réalise une bonne performance concernant le paiement des taxes et l’exécution des contrats, notant que « cela prend seulement 152 heures pour un entrepreneur de payer ses taxes, comparé à la moyenne mondiale de 261 heures ». Deuxième économie la mieux classée de la région, le Rwanda (62e) a mis en place le plus grand nombre de réformes (6) au cours de l’année écoulée.
En outre, la Banque mondiale constate que 85 économies en développement ont mis en oeuvre 169 réformes, facilitant l’environnement des affaires au cours de l’année passée, contre 154 réformes l’année précédente. Les économies à hauts revenus ont effectué plus de 62 réformes, portant le total pour l’année écoulée à 231 réformes dans 122 économies à travers le monde.
« Une économie moderne ne peut fonctionner sans réglementation et, en même temps, elle peut être mise à l’arrêt par une réglementation lourde et déficiente. Le défi du développement est d’emprunter ce sentier étroit en identifiant les réglementations qui sont utiles et nécessaires tout en évitant celles qui entravent la créativité et le fonctionnement des petites et moyennes entreprises », a déclaré Kaushik Basu, économiste en chef et vice-président de la Banque mondiale.