Maurice a perdu deux places dans le classement 2012 du rapport « Doing Business » publié ce matin par la Banque mondiale.
Le pays est passé de la 21e à la 23e position dans ce nouveau classement, qui est cette fois basé sur la performance de 183 pays sous 10 indicateurs au lieu de 11 comme c’était le cas l’année dernière. Selon le rapport de la BM, il n’y a eu aucune réforme à Maurice en 2010/2011. C’est le Maroc qui est en tête des pays en termes de réformes apportées à l’environnement des affaires.
Pour les besoins du classement 2012, la Banque mondiale (BM) a eu à effectuer certains ajustements aux méthodologies adoptées pour certains indicateurs servant à l’établissement de ce classement. Ainsi, l’institution a revu ses méthodologies pour trois indicateurs portant l’accès aux crédits, l’obtention des permis de construction et le paiement des taxes. La BM a introduit un nouvel indicateur, « Getting electricity », qui auparavant était pris en compte sous l’indicateur « Permis de construction ». De plus, elle a décidé cette année de ne pas prendre en compte l’indicateur « Employing workers », mais a quand même inclus dans son rapport des données sous cet indicateur pour chacun des 183 pays ayant fait l’objet de son enquête.
Contrairement aux années précédentes, la BM n’a noté aucune réforme à l’environnement des affaires à Maurice en 2010/2011. Le dernier rapport signale les changements suivants sous les différents indicateurs utilisés cette année : a) « Starting a business » – Maurice passe de la 12e au 15e rang ; b) « Dealing with construction permits » – de la 54e au 53e, c) « Getting electricity » – de la 45e au 44e ; d) « Registering property » – de la 65e à la 67e ; e) « Getting credit » – de la 12e à la 13e ; « Enforcing contracts » – de la 60e à la 61e ; « Resolving insolvency » — de la 76e à la 79e. La BM indique qu’il n’y a eu aucune modification dans le classement de Maurice sous les indicateurs « Paying taxes » (11e) et « Trading across borders » (21e).
Intitulé « Entreprendre dans un monde plus transparent », le rapport de la BM indique que les économies ont continué à mettre en oeuvre des réformes pour améliorer la capacité des entreprises locales à entreprendre, la transparence et l’accès à l’information jouant un rôle clé dans les reformes. Couvrant les réglementations mises en place entre juin 2010 et mai 2011 dans dix domaines de la réglementation des affaires, le rapport établit que les gouvernements de 125 économies parmi les 183 étudiées ont mis en oeuvre un total de 245 réformes de la réglementation des affaires – soit 13 % de plus que l’année précédente. En Afrique subsaharienne, un nombre record de 36 économies sur 46 ont amélioré leurs réglementations des affaires cette année. Au cours des six dernières années, 163 économies ont rendu leur réglementation plus favorable aux entreprises. La Chine, l’Inde et la Fédération de Russie sont parmi les 30 économies qui ont le plus amélioré leur réglementation des affaires ces dernières années.
Cette année, Singapour arrive en tête du classement général sur la facilité de faire des affaires, suivi de Hong Kong, la Chine, la Nouvelle-Zélande, les États-Unis et le Danemark. La République de Corée fait quant à elle son entrée dans le top 10. Les 12 économies qui ont le plus amélioré la facilité de faire des affaires dans plusieurs domaines de réglementation étudiés dans le rapport sont le Maroc, la République de Moldovie, l’ex-République yougoslave de Macédoine, Sao Tomé-et-Principe, la Lettonie, le Cap-Vert, la Sierra Leone, le Burundi, les îles Salomon, la République de Corée, l’Arménie et la Colombie. Deux tiers sont des économies à faible revenu et à revenu intermédiaire, tranche inférieure.
« À une époque où le chômage persistant et le besoin de création d’emplois sont au centre de l’attention, les gouvernements du monde entier continuent de chercher des façons d’améliorer l’environnement réglementaire pour les entreprises locales. Les petites et moyennes entreprises qui profitent le plus de ces améliorations sont les principaux moteurs de la création d’emploi dans de nombreuses régions du monde », a déclaré Augusto Lopez-Claros, directeur de l’unité de recherche sur les indicateurs et analyse du Groupe de la Banque mondiale, Global Indicators and Analysis.
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Maurice, premier en Afrique subsaharienne
Pour la quatrième année consécutive, Maurice se retrouve en tête des pays d’Afrique subsaharienne où la pratique des affaires est la plus aisée pour un entrepreneur, fait remarquer la BM. L’Afrique du Sud, deuxième au classement régional, occupe la 35e place au niveau mondial alors que et le Rwanda vient en 45e position.
Cependant, selon le rapport 2012 de Doing Business c’est Sao Tomé-et-Principe, le Cap-Vert, la Sierra Leone et le Burundi qui sont parmi les économies de la région qui ont le plus amélioré leur réglementation des affaires pour les entrepreneurs.
Le rythme d’amélioration des réglementations s’est accéléré en Afrique subsaharienne, observe par ailleurs la BM. Il y a six ans, un tiers des économies d’Afrique subsaharienne avait amélioré leur environnement réglementaire pour les entreprises locales. Entre juin 2010 et mai 2011, 36 des 46 gouvernements de la région ont mené à bien des réformes dans au moins un des 10 domaines étudiés par le rapport.
« L’entrepreneuriat est bridé quand les réglementations sont trop complexes ou onéreuses », a soutenu Augusto Lopez-Claros. « Avec les changements effectués cette année, les gouvernements d’Afrique subsaharienne améliorent les perspectives pour les entreprises locales », a-t-il ajouté.
Les économies sortant d’un conflit comme le Burundi, le Liberia et la Sierra Leone sont parmi celles qui ont mis en oeuvre de vastes réformes réglementaires, fait-on ressortir. Ces pays ont prouvé que malgré les difficultés, les économies peuvent aller de l’avant pour soutenir l’entrepreneuriat. De nouvelles données montrent que l’amélioration de l’accès à l’information concernant la réglementation des affaires peut aider les entrepreneurs. Dans beaucoup de pays d’Afrique subsaharienne, obtenir des informations essentielles nécessite souvent de rencontrer physiquement un fonctionnaire de l’administration. Ce qui démontre que faciliter l’accès à l’information reste l’un des domaines d’amélioration possibles dans la région.
Au cours des six dernières années, 43 pays en Afrique subsaharienne ont rendu leur réglementation plus favorable aux entreprises.