Les autorités gouvernementales ont décidé d’être généreuses. Elles offrent des portions de plage à des particuliers. De sources sûres, Week-End a appris que l’annonce du ministère des Terres et du Logement concernant la privatisation de 248 m2 de plage, plus précisément entre la plage de Pointe-aux-Piments et Trou-aux-Biches, fait suite à la décision du cabinet ministériel d’octroyer ce morceau de terrain à un habitant de la région. Ce dernier devrait y ériger, selon nos informations, une structure en béton pour y opérer un food outlet. Reste que le principal concerné, qui opère depuis une trentaine d’années sur le site dans une structure en tôle, n’a jusqu’ici pas été mis au courant de ce don qui suscite l’indignation de nombreux Mauriciens.
« Cela fait trente ans que j’opère sur ce site dans ma roulotte. Depuis 20 ans, j’ai fait plusieurs demandes pour bénéficier de ce morceau de terrain. C’est pour des raisons de sécurité que j’ai fait cette requête. Outre les intempéries, il y a aussi les risques de vol. À chaque fois on m’a renvoyé à différentes instances. Aujourd’hui, j’attends toujours une réponse des autorités », dit-il.
Actuellement, sa roulotte fait office de tabagie. Mais il souhaite transformer son business en snack. D’où la mention de food outlet sur l’annonce du ministère des Terres et Logement. On apprend que ce geste généreux a été fait « parce que cette personne c’est enn ti dimoun qui travaille sur ce site depuis plus de 20 ans. » Jusqu’ici, le bénéficiaire présumé n’est toujours pas au courant de la décision des autorités de lui céder ce morceau de plage. « Pa koné ki zot pou dir moi. Depi 20 ans, mo finn tape laporte boucou minis. Zamé pa finn dir moi si kapav ou soi pa kapav », dit-il.
Pour le porte-parole du Forum citoyen libre, Georges Ah Yan, « nou la plage c’est nou patrimoine. Si ti bout ti bout pou privatisé, ki pou resté ? » Qui plus est, outre ce premier morceau de plage qui sera privatisé, le ministère des Terres et Logements envisage de privatiser une autre portion à Pointe-aux-Piments. Cela, dans le cadre de la construction d’une maison de retraite pour les personnes âgées, comme à Belle Mare ou Pointe-aux-Sables, par exemple. Un autre projet de privatisation de plage publique, non loin du débarcadère à Pointe-aux-Piments, au bénéfice d’un autre particulier, proche du gouvernement PTR, est aussi à l’étude par les autorités, apprend-on.
À ce rythme, on se demande, en dépit de l’assurance donnée par le ministère des Terres et Logements que l’accès devant ces bouts de plage privatisées ne sera pas interdit, ce qu’il restera pour les citoyens Mauriciens. Si chacun voulait demain ériger un petit business sur la plage, sous prétexte que c’est un infime carré, nos 99 plages publiques, dont on peut jouir encore de l’accès, finiront par être toutes privatisées…