Des membres de la Criminal Investigation Division (CID) de la Western Division ont entendu le constable qui s’est fait dérober son arme de service alors qu’il assurait la garde au domicile du vice-président de la République, à Quatre-Bornes, lundi. Le policier avance qu’il se trouvait près de l’entrée principale lorsque, vers 2h45 du matin, il est tombé sur deux individus qui se cachaient le visage avec un vêtement. Selon sa version, les deux hommes lui auraient alors donné des coups au visage, lui faisant perdre l’équilibre, avant qu’ils ne s’emparent du revolver Taurus du policier, chargé de cinq balles de calibre 0,32. Aussitôt leur forfait accompli, les malfrats ont ensuite pris la fuite à pied.

Les enquêteurs ne sont cependant pas satisfaits de la version du policier, dans laquelle ils ont noté des « lacunes ». Ils ont ainsi noté que l’entrée principale du domicile d’Eddy Boissézon, rue Farquhar, est une porte métallique et que le policier n’avait pas le droit de l’ouvrir, sauf à un collègue. De plus, le mur d’enceinte entourant la propriété n’est pas très haut et, de fait, la sentinelle aurait dû entendre du bruit en provenance de ce quartier tranquille.

Le policier a par ailleurs été incapable de dire par où étaient passés les malfrats, au grand dam des enquêteurs, qui ne peuvent même pas compter sur des images de vidéosurveillance, le vice-président ne disposant en effet pas de caméras. Néanmoins, l’équipe du surintendant Bansoodeb a pu obtenir l’aide de voisins afin de visionner les images de leurs caméras de surveillance. Dans le même temps, les enquêteurs ont aussi visionné celles de la Safe City de Quatre-Bornes, et ce afin de déterminer si les malfrats avaient ou non été aperçus dans la région.

La CID est également interpellée par le fait que les deux individus ont expressément choisi un policier armé travaillant comme sentinelle chez une VVIP pour commettre un vol. Ce qui trouble aussi les enquêteurs, c’est que les malfrats, après avoir substitué le revolver du policier, n’ont rien volé, pas plus qu’ils n’ont menacé la sentinelle. Des questions qui ont finalement poussé les enquêteurs à s’intéresser à l’entourage du policier et à procéder à une vérification de son cellulaire.
Par ailleurs, une patrouille de police a confirmé s’être entretenue avec la sentinelle une trentaine de minutes avant le vol, ajoutant qu’elle n’avait rien remarqué de suspect dans le périmètre. La police craint que les deux malfrats utilisent le revolver volé à des fins criminelles. Elle a de fait demandé aux officiers postés aux abords des supermarchés et des centres financiers d’être vigilants.