Dominique Filleul est un Français qui est né à Tour dans le 37, le 20 octobre 1969. Marié et père de deux enfants, il est arrivé à Maurice il y a trois ans, mais il s’impose déjà comme une figure incontournable du sport mauricien. En effet, Dominique Filleul a emmené toute son expérience dans le développement du handball à Maurice et au travers de la compagnie City Sports dont il est le directeur général, il aide plusieurs disciplines.
La rédaction de Week-End est allée dans ses locaux à Phoenix. Au premier contact, c’est un homme qui a la parole facile et surtout à un passionné de sport qu’on a  rencontré. Il évoque avec un soupçon de nostalgie sa belle carrière en tant que joueur professionel dans l’hexagone.  » C’est à l’âge de 17 ans que j’ai fait mes premières gamme dans l’équipe de Dreux. J’ai lentement gravi les échelons et ma carrière a pris une autre dimension quand j’ai signé dans le club de Nice. On évoluait à l’époque en troisième division et mes coéquipiers et moi nous avons réussi l’exploit de monter en première division, » affirme-t-il. Du reste, pour Dominique Filleul le titre remporté en 2e division reste son plus beau souvenir au côté d’une demi-finale de la Coupe de France face à Paris Saint Germain.
 » J’ai aussi porté les couleurs de St Raphaël qui est un des meilleurs clubs de France. J’ai eu la chance de cotoyer beaucoup de grands noms du handball dont notamment Jackson Richardson », déclare ce dernier. Malgré une carrière assez éloquente, Dominique Filleul reste une personne très terre à terre.  » Si j’avais un conseil à donner à ceux qui aspirent à une carrière sportive professionnelle, cela serait de ne pas juste se focaliser sur le sport. Une carrière sportive est fragile et une blessure peut subitement mettre fin au rêve. Il faut aussi se consacrer à ses études. Je suis moi-même titulaire d’un BTS en commerce. »
A la tête du CSSC
Quand il a posé ses valises à Maurice, cet amoureux du sport n’a pas pu résister à la tentation de partager son expérience. Son arrivée en tant qu’entraîneur du Curepipe Starlight n’est pas vraiment un hasard.  » Je me suis proposé à la Fédération mauricienne de handball pour les aider et mettre mon expertise à leur disposition. Du reste, je suis l’entraîneur national de handball de Maurice. Au préalable j’ai eu une bonne expérience avec des équipes comme Villeneuve et la sélection des 12-14 ans de la Côte d’Azur. Quand je suis arrivé, la discipline avait connu des événements douloureux  et il fallait redémarrer sur des bonnes bases. Je pense que nous sommes actuellement dans la bonne direction, » dit Dominique Filleul. Son objectif était de former des joueurs en vue des jeux des îles de 2015 et il avait le choix entre deux équipes, l’Union Sportive Beau-Bassin/Rose-Hill, « 12 fois championne de Maurice à l’époque » et le Curepipe Starlight  » l’éternel second ». Homme de défi c’est sans surprise qu’il a opté pour le club de la Ville Lumière.
 » Je voulais éléver le niveau de jeu de l’équipe curepipienne. J’ai dû réapprendre aux joueurs les bases du handball pour un style plus académique et moins individualiste. Le plus important pour moi c’est le collectif. Et après trois ans je dois dire qu’on est sur la bonne voie. » Cependant il concède qu’au niveau national il y a encore beaucoup de travail à faire: « La fédération veut aller vers les jeunes pour mettre en place une nouvelle ossature. Actuellement, il y a une génération dorée mais après il y a un vide il va falloir former des joueurs. Cependant la fédération ne pourra faire cela tout seul, il faudra aussi que les clubs jouent le jeu, les deux sont indissociables. »
Si son amour pour le handball n’est un secret pour personne, Dominique Filleul est surtout un amoureux du sport en général.  » J’ai développé cette passion dans le club Omnisport de Nice. Tous les clubs se retrouvaient à une brasserie de la région et on se cotôyait. On allait aussi supporter les équipes de basketball, de volleyball et de rugby entre autres et j’ai appris qu’il ne fallait pas s’isoler.  » Grâce à City Sports donc il arrive à vivre cette passion pour le sport à fond. En effet, l’enseigne qui représente plusieurs grandes marques  à Maurice soutient outre le handball, le volleyball, le basketball, le judo, la pétanque et le kickboxing.  » On se concentre surtout sur les sports de masse. Si une fédération nous propose un projet sérieux et ambitieux on l’aidera.  D’ailleurs c’est avec une grande fierté que j’accueille les deux médaillés d’or  James Agathe et Fabrice Bauluck et aussi Judex Jeannot pour son travail extraordinaire. Depuis trois ans nous sommes des partenaires exclusifs et cette discipline a toujours fait honneur aux pays. »
Outre le fait de soutenir les fédérations, City Sports propose aussi d’employer des sportifs tout en les laissant disponibles par rapport à leur prérogatives sportives. Dominique Filleul est de ce qui croit qu’il est primordial d’offrir une après-carrière aux athlètes. Malgré une implication déjà très forte sur le terrain, l’homme fort du handball a encore des projets les uns plus ambitieux que les autres. L’organisation d’un tournoi international de handball dans l’océan Indien qui regroupera les pays africains, l’Australie et l’Inde n’est pas une utopie pour lui.  » Ce tournoi servira de tremplin et de préparation pour les jeux des îles 2015 et grâce à ses frottements notre niveau sera meilleur. Mon objectif est de ramener la médaille d’or même si on me prend pour un fou quand je le dis car on connaît tous le niveau des Réunionnais. »
Dominique Filleul a aussi tenu à lancer un appel aux partenaires du privé pour qu’ils s’impliquent plus dans la cause sportive. Surtout en ce qui concerne le transport. « Les déplacements et le transport des équipes coûtent très chers et c’est une vrai problématique. Le ministère fait de son mieux mais ce n’est pas suffisant. Si des entreprises spécialisées arrivaient à mettre à disposition leur service cela serait l’idéal, » avant d’ajouter en guise de conclusion: « Maurice est entrain de ce faire un nom dans le monde sportif, il n’y a qu’à voir le nombre de compétitions continentales qui se sont déroulées cette année dans le pays. De plus , ce n’est pas donné à tout le monde d’accuellir un congrès de la FIFA et l’Open de Judo qui arrive très prochainement devrait donner encore plus d’ampleur à cette « popularité » grandissante. »