Intervenant lundi à l’hôtel Saint-Georges, à Port-Louis, lors d’une cérémonie marquant le lancement d’un engagement (“Pledge”) des parties concernées pour un financement politique transparent et responsable, le directeur de Transparency Mauritius, Rajen Bablee, a fait un vibrant plaidoyer pour la promulgation d’une loi sur le financement politique à Maurice. Il a invité les citoyens ainsi que les sociétés des secteurs public et privé ayant l’intention de contribuer aux finances d’un parti politique ou de financer une campagne électorale à signer ce “Pledge”.
« À Maurice, l’opacité totale dans laquelle les partis politiques sont financés est un facteur qui peut engendrer la corruption », a d’emblée affirmé Rajen Bablee en présence de Sheryl McLaughlin,  deuxième secrétaire (Affaires politiques et économiques) du Haut-Commissariat du Canada à Maurice, d’Allia Syed Hossen-Gooljaj, représentant le MACOSS, et des membres de TM, entre autres. L’orateur a affirmé que l’opacité dans laquelle les partis politiques sont financés à Maurice est un facteur pouvant engendrer la corruption. « Le fait qu’aucun parti politique à Maurice ne soit enregistré comme une entité juridique soulève des préoccupations quant à l’intégrité même du monde politique. La conséquence directe de cela, du fait de l’absence d’un cadre légal, c’est que les partis politiques peuvent faire l’impasse sur leurs sources de financement ainsi que sur les sommes récoltées et dépensées », a-t-il élaboré.
Dans ce contexte, Rajen Bablee a plaidé pour la réglementation des partis politiques. « Il faut une loi (voir encadré) pour réglementer les partis politiques et qu’ils deviennent des entités légales dûment enregistrées auprès de l’Electoral Supervisory Commission et aussi soit auprès du Registrar of Companies ou auprès du Registrar of Associations. Leurs comptes doivent être publics et audités. La liste des donateurs doit être rendue publique », a-t-il explicité.
L’orateur a déclaré que le “Pledge” que TM a lancé hier s’inscrit dans le cadre d’une large campagne pour promouvoir la bonne gouvernance dans le pays. « Une société qui prône la bonne gouvernance ne peut pas fermer les yeux ou participer à un système qui défie la transparence et la redevabilité. Il faut que tous les actionnaires, les employés, sachent combien a été donné à qui, et quelle a été l’utilisation de cet argent », a-t-il expliqué.
Rajen Bablee a invité les citoyens en général ainsi que les sociétés des secteurs public et privé ayant l’intention de contribuer aux finances d’un parti politique ou de financer une campagne électorale à signer ce “Pledge”. « Il faut une synergie de tous les acteurs afin qu’ensemble nous travaillions pour avoir un pays où les principes de bonne gouvernance ne soient pas que des slogans », a-t-il lancé. Il a ensuite remercié le gouvernement canadien, qui a parrainé le financement de ce projet.
Dans une courte intervention, Sheryl McLaughlin,  deuxième secrétaire (Affaires politiques et économiques) du Haut-Commissariat du Canada à Maurice, s’est félicité de l’association de son pays à ce projet touchant à la promotion de la bonne gouvernance à Maurice. « Dans le cadre d’une démocratie, la transparence garantit au public l’accès en temps opportun à une information fiable, grâce à des mécanismes de rapports et de rétroaction, avec des procédures et des processus clairement établis. La responsabilisation suppose que les autorités exercent leurs pouvoirs de façon légitime et que les citoyens peuvent exiger d’elles qu’elles rendent compte de leurs décisions, de leurs politiques, de leurs actions et de l’utilisation des fonds », a-t-elle expliqué.