« Le MSM est révolté par la manière dont Vishnu Lutchmeenaraidoo traite tout le dossier du Corporate Social Responsability (CSR) », soutient Paul Bérenger. Le leader de l’opposition rappelle à cet effet que le ministre MSM Pradeep Roopun, responsable du portefeuille de l’Intégration sociale et de l’Autonomisation des personnes vulnérables, s’était déjà opposé aux changements apportés aux guidelines du CSR. Exprimant par ailleurs son soutien aux Organisations Non-gouvernementales (ONG) actives dans le domaine de la réhabilitation et de la réinsertion des toxicomanes, le MMM, qui réitère sa demande pour que le ministre Anil Gayan soit remplacé à la Santé, dit attendre désormais la réaction du Premier ministre, sir Anerood Jugnauth.
Paul Bérenger note que depuis sa condamnation en première instance par la Cour intermédiaire dans l’affaire MedPoint, Pravind Jugnauth s’était jusqu’ici montré discret. Le leader de l’opposition s’étonne que, soudainement, mardi à l’assemblée nationale, le leader du MSM s’est mis à « rod lamerdman » avec le MMM sur nul autre sujet que la MBC/tv sous l’administration du ministre Roshi Bhadain. Or, pour le leader des mauves, la « MBC sous Bhadain est encore pire qu’elle ne l’était sous Callikan » à l’époque du gouvernement de Navin Ramgoolam.
Réaffirmant le « profond respect » du MMM pour l’État de droit, Paul Bérenger explique que le leader du MSM n’était qu’un suspect jusqu’à ce qu’il ne soit condamné en première instance. « Maintenant qu’il a été condamné, il demeure coupable jusqu’à ce que son appel ne soit entendu », argue le leader de l’opposition. Pour ce dernier, en attendant, il est dans l’intérêt de Pravind Jugnauth de continuer à adopter un profil bas.
Paul Bérenger ne manque pas non plus de rappeler que le leader du MSM, qui a droit à un véhicule hors-taxe et « qui est loin d’être sans ressources financières », s’est quand bien même prévalu de son droit à une voiture de fonction en tant que fils du Premier ministre. D’où le « souhait » du leader du MMM que Pravind Jugnauth « ne s’avise surtout pas à défendre Bhadain ».
La nouvelle politique décidée par le ministre des Finances, Vishnu Lutchmeenaraidoo en matière de Corporate Social Responsability (CSR) fait aussi l’objet de critiques du leader de l’opposition. Ce dernier regrette que cette « rare initiative sociale » de l’ancien Grand argentier Rama Sithanen, « l’ultralibéral qui avait ramené la Corporate Tax à seulement 15% », est en phase d’être remise en question par Vishnu Lutchmeenaraidoo. Il soutient que, mardi à l’Assemblée nationale, les réponses fournies par Vishnu Lutchmeenaraidoo sur la question n’étaient davantage pas au goût des élus du MSM.
« Aucune raison de tout chambouler »
Citant les chiffres pour les deux dernières années, Paul Bérenger rappelle que la contribution de 2% des profits imposée par la loi sur la CSR des entreprises a permis de financer les initiatives sociales des ONG pour un montant de Rs 650 millions en 2013 et Rs 723 millions en 2014. Il explique que, jusqu’ici, tout était réglementé par la loi, avec notamment des guidelines à respecter en matière de financement et un CSR Committee chapeautant tout.
Par rapport au projet annoncé de parrainage de poches de pauvreté par de grandes entreprises dans le cadre du projet Love Bridge, Paul Bérenger note que le ministre a été incapable de fournir la liste des compagnies concernées de même que les poches de pauvreté concernées. Il souligne le changement de langage du Grand argentier, qui parle désormais de familles pauvres qui seraient soutenues plutôt que de poches de pauvreté à proprement parler dans le cadre du projet Love Bridge.
Paul Bérenger s’étonne de plus qu’il est dorénavant question de création d’une société avec notamment pour actionnaires le Joint Economic Council (JEC) et la Mauritius Employers’ Federation (MEF) qui se chargera de toute la question. Le chef de l’opposition trouve ainsi  une suite d’incohérences dans tout ce qu’annonce le ministre Lutchmeenaraidoo en matière de lutte contre la pauvreté.
S’il concède que tout n’était pas parfait avec le CSR, Paul Bérenger estime que des améliorations pouvaient encore être apportées pour, par exemple, éliminer la bureaucratie ou rendre plus flexible les guidelines. « Mais il ne fallait surtout pas tout foutre en l’air », s’insurge le leader de l’opposition. Il affirme que la manière de procéder de Vishnu Lutchmeenaraidoo « révolte le MSM ». Paul Bérenger annnonce en conclusion de ce chapitre qu’il rencontrera au courant de la semaine les animateurs du projet Love Bridge, à la demande de ces derniers, « dans un esprit de dialogue ».
Abus sur mineurs : « assainir la situation »
Le leader de l’opposition s’inquiète par ailleurs des cas rapportés d’abus sur des mineurs. Citant précisément le récent cas où trois mineures allèguent avoir été abusées par le compagnon de leur mère, Paul Bérenger annonce suivre de très près cette affaire. Le chef de l’opposition appelle le commissaire de police à s’enquérir personnellement du traitement de cette affaire au niveau du poste de police de Floréal. Il indique en effet avoir le sentiment que les choses ne se feraient pas comme il se doit.
De manière plus générale, par rapport à la maltraitance des mineurs, le chef de l’opposition dit être au courant que les ONG actives sur le terrain ne sont pas satisfaites de la situation. Paul Bérenger appelle dans ce contexte la ministre de tutelle, Aurore Perraud, à faire le nécessaire en vue d’un assainissement de la situation. Paul Bérenger demande de même à la presse en général et aux radios en particulier de faire preuve de plus de circonspection quand il s’agit de cas concernant des mineurs, encore plus pour les agressions sexuelles.
Paul Bérenger constate d’autre part que la Mauritius Tamil Temples Federation (MTTF) n’a pas encore publiquement émis son opinion sur la question de décréter  alternativement chaque année le Varusha Pirapu ou le Cavadee jour férié. Alors que, selon ses informations, ce projet ne ferait pas l’unanimité parmi les membres de la communauté tamoule, le chef de l’opposition souhaite que s’instaure le dialogue entre tous ceux concernés en vue d’une décision dans la concertation.
Paul Bérenger souhaite de même que le comité présidé par le Premier ministre adjoint et ministre du Tourisme, Xavier Duval, institué en vue de trouver une solution aux problèmes des taxis ayant pour base d’opération les hôtels de l’île, arrive à satisfaire ces opérateurs.
Ajay Gunness, secrétaire général du MMM, indique pour sa part que son parti est solidaire des ONG actives dans la réhabilitation et la réinsertion des toxicomanes. Il s’étonne que le leader du ML, Ivan Collendavelloo, « jadis homme des grands principes », se soit mis à « défendre l’indéfendable » en soutenant son collègue de parti Anil Gayan après les bourdes de ce dernier par rapport au traitement de substitution à la méthadone pour les toxicomanes.
Tout en renouvelant la demande du MMM pour que le ministre Gayan soit remplacé à la Santé, Ajay Gunness indique que son parti attend désormais la réaction de sir Anerood Jugnauth.