Le suspect Yusuf Nurudin (35 ans), provisoirement accusé d’avoir tué son épouse, Neha Ghoorah (25 ans), et l’amant de cette dernière, Navin Gunputh (40 ans), dont les cadavres ont été retrouvés dans un ravin à Valton le mois dernier, est revenu sur sa relation avec la jeune femme lors de son interrogatoire. Il a une nouvelle fois clamé son innocence.
L’exercice s’est déroulé « under camera » dans les locaux de la CID de Port-Louis Sud hier. Pour son interrogatoire, Yusuf Nurudin était en présence de ses avocats, Mes Rama Valayden et Nadeem Hyderkhan. Le suspect a une fois de plus nié toute implication dans le meurtre de son épouse, Neha Ghoorah, âgée de 25 ans, et de Navin Gunputh, 40 ans, l’amant de cette dernière. « Mo inosan dan sa case-la », a-t-il fait comprendre aux hommes du surintendant Luciano Gerard de la MCIT.
La police s’est intéressée à sa relation avec son épouse, que le suspect a qualifiée de « correcte », même s’il était au courant que cette dernière rencontrait toujours son ex après leur mariage. Yusuf Nurudin a ajouté avoir « toujours essayé de colmater les brèches » dans son couple. En dernier recours, il faisait appel à ses proches « pour faire entendre raison à Neha » s’il n’y arrivait pas seul. Il a nié avoir frappé son épouse dans le passé et a avancé qu’il « travaillait dur » pour combler les désirs de la victime.
Yusuf Nurudin et Neha Ghoorah se sont rencontrés pour la première fois lors d’une fête en 2016 et se sont mariés en mars de cette année. « Neha ti dir li kontan mwa e li ti fini kase avek so ex », a expliqué le suspect. Ce dernier demeure toujours en détention policière en attendant les conclusions de certains rapports du Forensic Science Laboratory suite aux prélèvements effectués à Valton.
La parade d’identification, qui aurait dû avoir lieu depuis plus de deux semaines, est toujours en suspens. Une habitante de Crève-Coeur avait déclaré à la police avoir aperçu un motocycliste en grande discussion avec Navin Gunputh dans sa voiture à Valton le 24 juillet. Elle avait déclaré être capable de l’identifier, mais elle a refusé de participer à un exercice d’identification pour le moment. Les différents témoignages recueillis par les enquêteurs n’ont pas permis de désigner le meurtrier avec certitude. « Nous avons des “circumstantial evidences” contre un suspect. Nous attendons d’autres éléments d’informations pour décider de la marche à suivre », a expliqué une source proche du dossier. La police n’écarte pas la possibilité que le crime ait pu être commis dans une autre région, avant que le meurtrier ne se débarrasse des cadavres dans le ravin.