Un peu plus de cinq mois après le double drame de Sept-Cascades, où deux recrues de la Special Mobile Force (SMF), Sylvestre Nanon (22 ans) et Nitish Binda (23 ans), avaient trouvé la mort lors d’une séance d’entraînement, le Central CID est sur le point de conclure cette enquête avec des recommandations soumises aux autorités compétentes. Ainsi, l’Office of the Director of Public Prosecutions (DPP) pourrait être appelé à instruire un procès au pénal à l’encontre du lieutenant Atmanand Sookur de la SMF pour le délit d’homicide involontaire. D’autres officiers de la SMF pourraient faire face à des procédures disciplinaires administratives suite à d’éventuelles accusations de « Neglect of Duty » lors du drame, survenu le samedi 29 septembre 2012.
À ce stade des procédures, le lieutenant Sookur, qui était responsable du programme d’entraînement d’un groupe de huit recrues de la SMF et aspirants membres du Groupe d’Intervention de la Police Mauricienne (GIPM), continue à faire prévaloir son droit constitutionnel au silence. De ce fait, les limiers de la police, placés sous la double supervision des ACP Pregassen Vuddamalay et Heman Jangi, doivent se fier à la version des faits des cinq rescapés de cette expédition pour soutenir cette demande d’inculpation formelle auprès du DPP.
Les autres aspirants membres du GIPM présents sur les lieux du drame ont pris à contre-pied la thèse de l’accident impliquant le Private Nanon comme étant le principal concerné. Face aux enquêteurs du Central CID, ils n’ont eu d’autre choix que de révéler exactement ce qui s’est passé à la quatrième cascade, après avoir remonté les cascades depuis la station hydroélectrique située au bas. Pourtant, auparavant, ils avaient mené les limiers de la CID de Vacoas en bateau.
Aux dires des enquêteurs, deux facteurs ne plaideraient nullement en faveur du lieutenant Sookur. D’abord, son refus catégorique de collaborer avec la police en vue de faire la lumière sur ce drame. Convoqué dans les locaux du Central CID quand le cover up de l’accident a volé en éclats, cet officier de la SMF s’est tout simplement muré dans un silence total en faisant prévaloir son droit au silence.
Le second élément reste encore la démarche visant à dissimuler aux yeux de ses supérieurs de la SMF les détails de ce grave accident ayant coûté la vie aux jeunes recrues Nanon et Binda. Il y a encore le fait que cette sortie à risques aurait été organisée avec un minimum de mesures de sécurité, d’où l’absence de gilets de sauvetage. Néanmoins, toute décision officielle quant à la suite de cette affaire revient de droit au DPP, qui se prononcera sur les recommandations de la police après avoir étudié les tenants et aboutissants de cette séance d’entraînement qui a tourné au drame.
Un autre volet de l’enquête porte sur la responsabilité des autres membres du haut commandement de la SMF. Le Central CID a procédé à l’audition de toute une série d’officiers de la SMF, dont l’inspecteur Dawoodharruy. Ce dernier a été entendu longuement sur ses sources d’informations dans la journée du samedi 29 septembre pour soutenir sa déclaration à la presse accréditant la thèse d’une chute accidentelle du Private Nanon aux abords de la quatrième cascade.
Le commandant de la SMF, le Deputy Commissioner of Police Khemraz Servansingh, a aussi été entendu par le tandem Vuddamalay/Jangi au sujet du programme d’entraînements d’aspirants éléments au sein du GIPM, des mesures de sécurité imposées, ou encore du déroulement de la journée de samedi aux casernes de la SMF à Vacoas après l’annonce du double drame.
Les recrues Nanon et Binda ont trouvé la mort dans le bassin de la quatrième cascade des Sept-Cascades le samedi 29 septembre lors d’une séance d’entraînement pour commando. Après une série d’exercices éprouvants, il leur fut ordonné de se jeter dans le bassin en vue d’aller toucher l’autre rivage à la nage et de retourner.
Mais très vite, le drame devait se jouer et les tentatives de sauvetage furent vaines…