Le bureau du directeur des poursuites publiques et l’ambassade des États-Unis ont lancé hier Tanya so zistwar. Ce livret illustré en couleur sur le droit des enfants raconte l’histoire d’une fillette de huit ans victime d’une agression sexuelle. Il sera distribué dans les écoles primaires et secondaires afin de sensibiliser un maximum de jeunes et de parents.
Maurice a signé plusieurs conventions dont celle relative aux droits des enfants. C’est en ce sens que le bureau du directeur des poursuites publiques (DPP) et l’ambassade des États-Unis ont travaillé sur le livret Tanya so zistwar qui a été lancé hier. Dans son discours, Me Zaynah Essop (State Counsel) a soutenu que les abus sexuels sur les enfants deviennent un problème récurrent à Maurice. Selon les chiffres enregistrés en 2011, 231 cas ont été enregistrés. L’idée de publier cet ouvrage a germé lors d’un atelier de travail organisé par l’ambassade des États-Unis sur les droits des enfants.
Le DPP Me Satyajit Boolell (Senior Counsel) a expliqué que l’approche dans une affaire impliquant un enfant est différente. « Voilà pourquoi j’ai nommé une Senior Officer du bureau (Me Johan Moutou-Leckning, Assistant DPP) pour s’en occuper », a-t-il soutenu. Selon lui, plusieurs cas ne sont pas rapportés et d’autres sont abandonnés.
« Nous avons eu des échanges enrichissants avec l’aide de l’ambassade des États-Unis l’année dernière. Nous avons beaucoup appris. L’enfant a peur de l’autorité et ce n’est pas toujours facile pour lui car il est un être vulnérable », a fait comprendre Me Boolell (SC). Il a déclaré que plusieurs cas d’abus sur des enfants seront relancés très bientôt et a émis le souhait de voir un jour une cour spécialisée pour traiter les problèmes des enfants. Le DPP a de nouveau lancé un appel aux fournisseurs d’accès internet afin d’imposer un contrôle parental ou de censurer les sites à caractère pornographique pour protéger les jeunes.
De son côté, l’ambassadeure des États-Unis à Maurice a expliqué qu’il faut absolument éviter de causer plus de traumatismes aux enfants. « Nous espérons que ce livret aidera à faire de Maurice un pays plus sûr pour les enfants », a soutenu Shari Villarosa. Selon elle, les abus contre les enfants ne pourront être éradiqués mais il faut les réduire au minimum.
Ce livret en kreol a été illustré par le caricaturiste Abdool Kalla. Il sera distribué dans les écoles primaires et secondaires. Il raconte l’histoire de Tanya, huit ans, qui est abordée dans la rue par un inconnu. Celui-ci l’entraîne dans les buissons pour l’agresser sexuellement. La fillette prend son courage à deux mains et raconte tout à sa mère malgré sa peur. Cette dernière appelle tout de suite la police et va au poste de police pour une déclaration.
Tanya so zistwar est facile à comprendre et donne toutes les directives aux parents et aux enfants si toutefois cette situation devait arriver. Il s’avère que trop souvent dans ce genre de cas où, par exemple, les vêtements ont été lavés. Il est expliqué qu’il faut les mettre dans un sac sans les laver afin d’en tirer le maximum de preuves. La police informe la Child Development Unit (CDU) et un représentant vient au poste afin d’encadrer l’enfant qui est souvent traumatisé par les événements. Des analyses médicales sont faites et la police mène une enquête.
Le dossier est ensuite envoyé au bureau du DPP où la procédure pour poursuivre le suspect au pénal devra être décidée. Si la charge formelle est logée (NdlR : généralement en Cour intermédiaire dans ce genre de cas), la victime pourrait être appelée à témoigner si l’avocat du ministère public le décide. Les auditions se tiennent souvent à huis clos ou alors l’enfant est dans une autre pièce et est projetée à l’écran. Cela évite le stress de devoir faire face à son agresseur et à l’environnement peu adapté à un enfant. La cour devra ensuite trancher sur l’affaire et imposer sa sentence si l’accusé est trouvé coupable.