Le Dr Arun Samanta, Professeur de médecine et de chirurgie et de transplantation du foie, hépatologiste au New jersey Hospital and Medical School aux États-Unis a animé une conférence à l’Université de Maurice sur le traitement du cancer du foie. Son séjour à Maurice fait suite à une invitation du Premier ministre Navin Ramgoolam. Il s’est adressé hier au corps médical et aux étudiants en médecine après une visite à l’hôpital Victoria de Candos.
Le Dr Samanta a expliqué quels sont les paramètres biologiques (dit critères de Milan) dont le médecin soignant doit tenir compte avant de décider du traitement d’un patient ayant un carcinome hépatique, c’est-à-dire une tumeur cancéreuse au foie. Ce type de cancer est la troisième cause de décès par cancer dans le monde et 600 000 nouveaux cas sont répertoriés par an. À Maurice, l’incidence du cancer du foie est très faible, note le Dr Samanta, n’étant que de 2,6 pour 100 000.
Le traitement, indique le Dr Samanta, dépend du stade de la maladie. « Si le cancer est découvert aux deux premiers stades, tôt ou très tôt, un traitement peut être effectué. En revanche si le cancer est à un stade avancé et terminal, le patient aura des soins palliatifs », explique le médecin. « Au dernier stade de la maladie, le patient est déjà alité ou en fauteuil roulant ». 90 % des cas de cancer du foie sont associés à une cirrhose qui provoque un « liver failure », « ce qui a un impact sur la morbidité et la mortalité indépendamment du cancer lui-même », indique le Dr Samanta.
« Le médecin devra déterminer quel sera le traitement et pour quel patient », dit-il. Tout dépend, explique-t-il, de l’endroit où se trouve la tumeur et de l’état de fonctionnement du foie. Le diagnostic se fait au moyen du MRI (imagerie à résonance magnétique) ou du CT Scan. « Il n’est pas nécessaire de faire une biopsie avant de commencer un traitement », explique le médecin. À un stade précoce la tumeur est de moins de deux centimètres. « Elle devra être surveillée par une imagerie tous les trois mois pour voir si elle change ou pas ou si elle disparaît, c’est un phénomène qui survient en cas de cirrhose », explique l’hépatologiste.
Il existe plusieurs types de traitement, la chirurgie pour enlever la tumeur, l’ablation avec injection d’éthanol, l’ablation par radiofréquence qui consiste à introduire une aiguille transmettant des ondes de radiofréquence dans la tumeur pour la détruire, la chimiothérapie au moyen du Sorafenib (Nevaxar), l’administration de médicament par cathéter au coeur de la tumeur (drug eluting beads) et la transplantation du foie.
« La transplantation du foie est pratiquée en cas de tumeurs multiples à condition qu’elles ne soient pas plus de trois et que leur dimension ne dépasse pas cinq centimètres et en l’absence d’invasion vasculaire du cancer », indique le Dr Samanta. Après cette intervention la survie est de cinq ans dans 85 % des cas. Dans tous les cas, explique-t-il, le médecin évalue les risques avant de décider du traitement. « Si le risque est trop élevé, nous ne faisons rien. Nous intervenons seulement en cas de risque acceptable », précise le médecin.