Des anciens étudiants du Dr D.Y. Patil Medical College attendent toujours d’être reconnus comme spécialistes. Ils se concertent actuellement en vue d’une action collective qu’ils annonceront la semaine prochaine. En attendant, ils appellent les ministres de la Santé, de l’Éducation et le Premier ministre à accélérer les procédures pour que leurs diplômes, délivrés par l’Université de Technologie (UTM), soient reconnus afin qu’ils puissent opérer comme spécialistes.
Certains sont médecins dans le privé, d’autres dans le public. Parmi les anciens étudiants du Dr D.Y. Patil Medical College, l’on trouve également des étrangers. Ces derniers ont sollicité l’aide de la Fédération des Travailleurs Unis (FTU). « Nous ne savons plus vers qui nous tourner », témoigne le Dr Yassin Hamuth, ancien étudiant.
L’impatience gagne du terrain chez les quelque 40 anciens étudiants ayant décidé de suivre leurs cours dans cette institution spécialisée. Il y a aussi l’incertitude quant à leur avenir qui augmente de jour en jour : « Nous sommes dans une impasse dont on n’arrive plus à entrevoir la sortie », explique le Dr Hamuth. Et de mettre l’accent sur les sacrifices tant en termes d’efforts personnels que financiers auxquels ils ont dû consentir pour compléter leur programme d’études. « Les tuition fees m’ont coûté Rs 2,5 M, sans compter le manque à gagner lié à l’impossibilité de travailler comme spécialiste », explique le Dr Yassin Hamuth. Les étudiants montent une nouvelle fois au créneau pour que les autorités leur prêtent une oreille attentive, et surtout urgente. « Tout ce que nous voulons c’est obtenir notre enregistrement comme spécialistes afin que nous puissions soulager nos familles qui ont dû contracter des dettes importantes dans le cadre de nos études », poursuit le Dr Hamuth. Faute de pouvoir pratiquer comme spécialistes dans leurs domaines respectifs, ces anciens étudiants du Dr D.Y. Patil Medical College doivent travailler comme généralistes. Ils se retrouvent ainsi pénalisés, s’étant spécialisés dans une filière médicale précise.
Dans cette lutte, il y a aussi les parents des étudiants qui s’inquiètent. Lors d’une conférence de presse à la mi-journée, ces anciens étudiants, entourés de leurs parents, se sont confiés. Yunous Hamuth ajoute que ces étudiants sont aujourd’hui des « victimes des circonstances » et lance un appel au gouvernement pour qu’il se penche en toute urgence sur ce dossier. Pour Rahil Singh, originaire d’Afrique du Sud, cette affaire risque de porter préjudice à Maurice qui souhaite se positionner comme hub pour les études tertiaires et pour la médecine.
Les anciens étudiants du collège de médecine demandent aux ministres Anil Gayan (Santé) et Leela Devi Dookun-Luchoomun (Éducation) et au Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, d’accélérer les choses pour que l’Université de Technologie soit reconnue comme une « Awarding body ». Ils rejettent par ailleurs toute proposition concernant le fait de suivre un « top-up programme ». Ces anciens étudiants défendent en effet bec et ongles leur programme d’études effectué au Dr D.Y. Patil Medical College durant trois ans. Un programme étoffé et salué par de nombreux consultants et irréprochable, selon les étudiants. « Nous avons complété avec succès un syllabus. Nous avons passé nos examens… Laissez-nous travailler comme spécialistes », martèle le Dr Hamuth.
Atma Shanto, porte-parole de la FTU, devait déclarer « j’espère que le PM ne fera pas la sourde oreille », tout en faisant ressortir qu’un prochain batch d’étudiants terminera sa spécialisation en juillet prochain.