Le président du Centre culturel islamique se dit confiant que le pèlerinage du Hajj 2011 se passera dans les meilleures conditions. Il nous parle des préparatifs dans le cadre de ce pèlerinage cette année.
Comment se présentent les préparatifs pour le Hajj 2011 ?
La situation se présente très bien. Il y a eu des changements cette année pour le bien-être du pèlerin. Priorité a été donnée aux pèlerins qui n’ont jamais accompli le Hajj. Nous nous sommes servis des exemples pratiqués dans les pays du Golfe, les pays asiatiques et les sous continents, où la demande dépasse le nombre de places disponibles.
Nous avons à ce stade 2 380 demandes pour 1 800 candidats. Maurice en compte officiellement 1 300. Avec l’intervention du ministre Abu Kasenally lors d’une pré-Hajj mission, nous avons obtenu 500 places supplémentaires. Ce qui porte à 1 800 le nombre de places disponibles.
Cette année, nous avons créé un système de registre. Le nom de chaque pèlerin qui annule sa réservation sera ainsi effacé et remplacé par celui de la personne suivante sur la liste officielle dressée par le Centre culturel islamique. Cela représente un changement majeur dans la mesure où dans le passé c’était l’opérateur, ayant fait une réservation pour un pèlerin qui s’est ensuite désisté, qui choisissait son remplaçant à partir de sa propre liste. Cela n’est désormais plus possible.
Puisque vous avez choisi d’accorder la priorité aux pèlerins qui n’ont jamais accompli le Hajj que se passe-t-il dans le cas d’un couple où seule la femme ne l’a jamais fait ?
Selon le règlement islamique, chaque femme doit être accompagnée de son mari. Et si la femme accomplit le Hajj pour la première fois, on autorise son mari de l’accompagner même s’il n’est pas à son premier pèlerinage. Par ailleurs, à l’exemple de l’Arabie saoudite, nous autorisons à une personne qui n’a pas été à la Mecque pendant cinq ans à s’inscrire. Jusqu’à maintenant, cela a très bien fonctionné. Beaucoup de personnes qui n’avaient aucun espoir de se rendre en Arabie saoudite ont été très surprises d’avoir été sélectionnées. 85 % des personnes ont accepté qu’il faille donner la chance à ceux qui ne se sont jamais rendus au Hajj d’accomplir leur pèlerinage.
Il ne faut pas se tromper “Hajj is a lucrative business”. Je comprend que certains opérateurs doivent faire leur mark-up. Il y a certains frais. Le nombre d’opérateurs qui cherchent à faire de gros profits a bien diminué. Ils jouent le jeu. Nous avons compris que le centre accepte un mark up réglementé mais ne tolère aucun abus.
Comment a été établie la liste prioritaire ?
Les annonces sont publiées dans tous les médias et sur le site web du Centre culturel islamique. Normalement, nous fermons la liste dès le premier jour du Ramadan. Il y a eu un tel enthousiasme cette année que nous avons fermé cette liste à la fin du Ramadan. Ceux qui n’auront pas réussi à compter de cette année auront la priorité en 2012. À partir de là, nous compléterons la liste de l’année prochaine.
Est-ce que tout se passe bien pour le logement en Arabie saoudite ?
Les opérateurs qui se sont rendus en Arabie saoudite pour finaliser la question de logement rentrent en ce moment à Maurice avec les contrats dûment remplis et les prerequisites réclamés par l’Arabie saoudite et le centre culturel. Le plus du contrat, normalement rédigé en arabe, c’est que nous avons demandé à ce qu’un certificat soit émis par le bureau du Massassah pour certifier que les hôtels sont compatibles avec les règlements de l’Arabie saoudite.
Nous parlons surtout des établissements à la Mecque et à Medine. Les cinq jours du Hajj se font à Minah, Muzdalifah et Arafat ; ils sont pris en charge par les autorités saoudiennes. Nous, nous sommes les facilitateurs. Nous nous assurons que les engagements pris par les autorités saoudiennes durant ces cinq jours soient respectés scrupuleusement.
Les 1 850 Mauriciens accompliront leur pèlerinage en même temps que trois à quatre millions de personnes. Nous avons par conséquent à faire face à des scénarios et des difficultés imprévus. Cependant, nous sommes là pour soutenir les personnes qui aident d’autres à surmonter toutes les difficultés.
Les autorités saoudiennes font tout ce qu’elles peuvent. Le fait que nous ayons opté pour un grade de service spécial nous donne un surplus de confort. Nous recevons notre alimentation et de la boisson 24 heures sur 24. Nous bénéficions d’une tente sécurisée. Nous avons eu dans le passé à faire face à des problèmes comme des inondations. Il y a aussi eu des problèmes de transport, surtout en 2010 lorsque le nouveau système de transport introduit par les Saoudiens n’a pas fonctionné correctement. L’année dernière, nous avions eu plusieurs problèmes au niveau des toilettes mais cette fois nous nous sommes assurés qu’il y ait des attendants 24 heures sur 24 et ce, à nos frais. Nous espérons que tout marche comme prévu.
Vous dites que le Hajj est un business lucratif. Combien coûte un pèlerinage à la Mecque ?
Il coûte autour de Rs 120 000, Rs 125 000. De cette somme, un peu moins de Rs 40 000 est consacré au billet d’avion. De plus, les opérateurs doivent payer le logement à la Mecque et Medine, le Tanasol (le transport intérieur), le service spécial pour les cinq jours du Hajj et finalement le qurbani. Les opérateurs ont d’ailleurs revu leurs structures de prix et les plus grands gagnants sont les pèlerins.
Comment les opérateurs sont-ils choisis ?
Les opérateurs sont choisis par un comité de sélection. Nous comptons cette année 11 opérateurs contre 18 en 2010. Ils peuvent prendre sous leur responsabilité un minimum de 50 et un maximum de 200 personnes. Les opérateurs qui n’ont pas obtenu de permis doivent faire leur propre examen et voir où ils ont fait des erreurs afin d’améliorer leurs opérations par la suite. Il n’y a pas lieu de lancer des attaques contre le Centre culturel islamique, son président…pour dire que rien ne va. En vérité pourquoi un opérateur choisit d’organiser le pèlerinage du Hajj ? Parce qu’il veut venir en aide aux pèlerins au service d’Allah ? La question qui se pose par conséquent est pourquoi le Hajj est-il organisé par les mêmes personnes chaque année ? N’y a-t-il pas le risque qu’un cartel se développe ? C’est pourquoi j’ai essayé cette année d’apporter de nouveaux opérateurs qui se sont mélangés à ceux qui ont de l’expérience.
Quid de la sécurité en Arabie saoudite ?
Nous avons pris en compte la sécurité médicale, la sécurité du lieu et la sécurité physique. Il faut savoir que tous nos Hajis sont vaccinés gratuitement. Un médecin fait partie de la mission en Arabie saoudite et intervient en cas de problème. Concernant l’aviation, deux compagnies, Air Mauritius et Emirates, qui respectent tous les critères de l’IATA, ont été choisis. La sécurité de nos Hajis en Arabie saoudite n’a jamais constitué un problème. Les autorités saoudiennes apportent beaucoup d’attention à la question de sécurité.