Le contre-interrogatoire de l’ex-chef du département médico-légal, le Dr Abdool Khalick Mohungoo, a repris ce matin en Cour d’assises dans le cadre de l’affaire Veeranah. L’avocat de la défense a poursuivi son interrogatoire quant aux analyses effectuées pour conclure le rapport d’autopsie. Le Dr Mohungoo s’est dit « satisfait » de son rapport. À une question du jury sur la possibilité que l’alcool décelé dans le sang de la victime puisse indiquer que celle-ci en consommait, le Dr Mohungoo a fait ressortir que l’alcool pouvait aussi résulter de la décomposition.
Me Hurrangee a repris le contre-interrogatoire ce matin avec une requête que le Dr Mohungoo avait formulée pour que le sang de la victime soit analysé. Me Hurrangee lui a demandé pour quelles raisons il n’avait pas demandé aux experts en toxicologie d’effectuer les analyses pour déterminer la présence de substances nocives dans le sang. Le légiste devait répondre qu’il ne voulait en aucun cas influencer les experts en cette matière, ses analyses ayant déjà exclu toutes possibilités d’empoisonnement. Le Dr Mohungoo a néanmoins indiqué avoir laissé ses analyses « ouvertes » à d’autres possibilités.
À une question de la défense à l’effet que ce document comporte des manquements, l’ex-chef du département médico-légal devait se dire « entièrement satisfait » de son rapport, ajoutant qu’à aucun moment il n’aura manqué de professionnalisme. Et de soutenir ensuite que s’il avait été en possession de toutes les analyses avant de rédiger son rapport, cela n’aurait rien changé à ses conclusions à l’effet que le décès résulte d’une « compression of the neck ». À une question du jury sur la possibilité que l’alcool décelé dans le sang de la victime puisse indiquer que celle-ci en consommait, le légiste a rétorqué, en étayant ses dires sur les rapports de plusieurs études, que les bactéries présentes dans un corps en état de décomposition produisent de l’alcool. Or, selon le Dr Mohungoo, le taux d’alcool relevé dans le sang de la victime était de 33mg, ce qui représente une faible quantité et pouvait donc résulter de la décomposition.
Par ailleurs, le PC Gungah – qui était affecté en 2004 au poste de police de Rivière-du-Rempart – est venu témoigner. Pour rappel, c’est lui qui avait enregistré une déposition de la victime en juillet 2004, selon laquelle l’accusé, ainsi que ses parents, l’avaient agressé. Dans sa déposition, elle avait indiqué que Yesudass Veeranah l’avait frappé à la tête avec une pierre avant de la rouer de coups et que son beau-père la gifle. Lors de l’interrogatoire  mené par Me Noel Thomassoo, le PC Gungah a indiqué que la victime était effectivement blessée à la tête et saignait lorsqu’elle s’était rendue au poste de police. Le policier lui avait alors donné un formulaire PF 58 pour qu’elle se présente à l’hôpital.
Lors du contre-interrogatoire, le constable a été interrogé sur les retombées de cette déposition. Le témoin a indiqué qu’il n’était pas l’Enquiring Officer dans cette affaire et qu’il n’est donc pas en mesure d’expliquer ce qui s’est passé par la suite. La défense lui a alors demandé de confirmer si la version de l’accusé et de ses parents avaient été prises après la déposition. A la suite de quoi le constable a répondu par la négative. De même, il a affirmé ne pas être au courant du suivi du formulaire PF 58 qu’il avait émis.
Dans sa déposition, la victime avait indiqué que l’accusé l’avait agressé en public. La défense s’est demandé s’il y avait des témoins oculaires lors de l’incident. Mais il ressort qu’il n’y en avait pas. L’audition des témoins a repris dans l’après-midi.