Le Dr Munesh Tulsidas est un chiropracteur qui a suivi une formation de neuf ans en Californie aux États-Unis où il avait son cabinet. « La colonne vertébrale protège notre système nerveux », nous explique-t-il lors d’un entretien à son cabinet Health Dynamics à Pereybère où il s’est installé en 2006 et depuis 2011 à Ebène. Il a accompagné des athlètes célèbres internationaux afin que leurs fonctions soient à leur apogée, dont Vitaly klitschko, Corey Dillon des New England Patriots et Stephan Buckland qui a fait avec lui son deuxième meilleur temps.
Notre invité indique que chaque courbe de la colonne vertébrale doit avoir un angle de 60 degrés. « Quand elle perd cette forme les nerfs subissent des dommages. Il se produit alors une “subluxation” qui entraîne des maladies dégénératives », dit-il. Le rôle du chiropracteur est de corriger les anomalies de la colonne vertébrale pour permettre à l’individu d’avoir des fonctions cellulaires optimales. Également nutritionniste clinicien, il nous explique que « vous êtes ce que vous absorbez ». Il établit un diagnostic du système digestif de ses patients afin qu’ils ne souffrent d’aucune carence ni d’excès de nutriments dans leur organisme, évitant ainsi les maladies dégénératives dues aux carences ou aux excès telles que le diabète, le cancer, les maladies cardio-vasculaires et même la douleur. Il nous livre une autre approche de la médecine.
Dr Tulsidas, que soigne la chiropractie ?
L’être humain est motivé par le plaisir ou la douleur. Nous voulons avoir du plaisir et éviter la douleur. Le plus souvent les gens viennent me voir quand ils ont des douleurs et quand il est déjà trop tard. J’aurais préféré qu’ils viennent me voir pour un check up plutôt que lorsqu’ils souffrent déjà d’une hernie discale, d’un lumbago. Toutes ces pathologies peuvent être prévenues. Il ne faut pas attendre d’avoir mal. Je recommande un check up dès la naissance. Une colonne vertébrale normale a quatre courbes de 60 degrés chacune. Quand elle perd cette forme la colonne dégénère et les nerfs qui vont dans tous les organes, membres, yeux, foie, etc. sont endommagés. Et le corps humain ne peut pas être aussi résilient pour répondre à ses besoins quand il y a une telle subluxation sur les nerfs. Les maladies cardiaques comme les infarctus en sont les conséquences. La colonne vertébrale protège le système nerveux. Quand on vient me voir pour une douleur je fais un scanner pour évaluer l’étendue des dommages. Il existe trois phases : aux phases 1 et 2 on peut corriger la colonne vertébrale, à la phase 3 c’est déjà trop tard. La kinésiologie appliquée est une méthode de diagnostic. Par exemple, je note les signes cliniques : fatigue dès le réveil et après les repas, problèmes respiratoires. Une autre façon de prévenir des maladies dégénératives est d’analyser parallèlement le système digestif. Vous êtes ce que vous mangez. C’est une donnée que nous connaissons tous. Mais en réalité vous êtes ce que vous pouvez absorber.
De quelle manière le système digestif influe-t-il sur la santé ?
De même que la structure de la colonne vertébrale a un effet sur la santé, de même en traitant le système digestif on peut prévenir les maladies dégénératives. Je traite ces deux aspects à la fois dans mon cabinet quand un patient vient me voir. C’est aussi le moyen le plus efficace et le plus sain pour perdre du poids et c’est ce que beaucoup de gens recherchent. Si on élimine les carences et les excès dans l’organisme, non seulement les maladies dégénératives vont disparaître, mais le patient perdra aussi tout excès de graisse. Il se sentira mieux dans sa peau. C’est la meilleure façon de perdre du poids et ne pas en reprendre. Si le foie ne fonctionne pas bien le corps ne peut pas éliminer et cela entraîne d’autres complications Je propose aussi a mes patients un test du PH de la salive et une analyse sanguine pour déterminer le taux d’homocystéine pour ainsi comprendre les dommages cellulaires dont ils souffrent. Le taux doit être en dessous de 6 pour un fonctionnement biochimique correct. Il est plus important de faire ce test que de tester son taux de cholestérol. C’est pourquoi je conseille de prendre soin de sa santé et de venir faire des check up depuis l’enfance. Je dis à mes patients que « si quelque chose ne va pas ne soyez pas des victimes de la médecine ». Elle est là pour les urgences, les accidents graves mais pas pour les maladies dégénératives. Savez-vous qu’à Maurice les premières causes de décès sont des réactions secondaires consécutives à la prise de médicaments prescrits et autorisés par les organismes de sécurité des médicaments dont la Food and Drug Administration (FDA) ?
Donnez-vous des consignes d’alimentation ?
J’informe mon patient de ce que son corps a besoin ou pas. Je dois traiter les carences et les excès dont il souffre et je lui propose des concentrés alimentaires naturels. Chaque personne a son propre système. Je dis ce qu’il faut manger et surtout ce qu’il ne faut pas manger. Malheureusement nous sommes victimes de la publicité mensongère sur des milliers de produits alimentaires que nous consommons tous les jours. Et j’essaye de protéger mes patients et de les éduquer afin qu’ils évitent ces produits. Le mot docteur vient du latin “docer” qui signifie enseigner. Je suis là pour éduquer et non pour donner des médicaments aux patients. Il y a des nutriments qui sont essentiels au corps. Savez-vous que le poulet est une viande plus “sale” que la viande rouge car cet animal est un “éboueur” (scavenger) et une source majeure de maladies pulmonaires ? Je préfère qu’une personne mange de la viande rouge deux fois la semaine. Au même titre, les crevettes et le crabe aussi sont des “scavengers” et impropres à l’humain. La margarine low-fat est un poison, il vaut mieux manger du beurre si l’on ne veut pas avoir un infarctus. Et que dire du lait de vache qui est l’une des causes d’allergies, de maladies cardiaques, d’ostéoporose, de ballonnements…
Comment est-ce que le chiropracteur corrige les déséquilibres de l’organisme ?
Quand la personne se plaint de douleurs c’est parfois déjà trop tard. Il vaut mieux faire des check up pour connaître son état de santé le plus souvent possible. Tout dépend de la phase de dégénération, du nombre de subluxations, de l’état de santé du patient et de son âge. Ces données vont permettre de déterminer le protocole du traitement. Je corrige manuellement les structures de la colonne vertébrale, je fais des réajustements avec des tractions et des étirements spécifiques. La durée du traitement dépend du niveau de subluxation. Si les dysfonctionnements durent depuis des années cela va prendre du temps. Après on ne fait plus de correction mais des séances d’entretien cinq à six fois par an. Je ne fais pas de massages. Mais je travaille en collaboration avec ma mère qui pratique depuis plus de 30 ans des massages thérapeutiques et la réflexologie.
Est-ce que le chiropracteur traite aussi les victimes d’accidents ?
Oui. J’ai eu un cas d’accident de la route, une personne qui a eu le coup du lapin, la tête qui va d’avant en arrière à 5 miles par heure. Lors d’un scanner je vois ça souvent. Je traite les vertèbres déplacées après des chutes. La première subluxation de la colonne vertébrale se produit à la naissance lors de l’accouchement. Elle se produit quand on passe de longues heures devant l’ordinateur, à l’école, à l’université ou quand on porte des sacs lourds, quand on dort avec de gros oreillers. Le traitement correcteur dépend de l’activité de la personne.