TUI, l’un des plus importants groupes de tourisme européen, a choisi Maurice pour lancer son catalogue d’hiver 2017 en présence de plusieurs dizaines de journalistes européens. Nous avons profité de l’occasion pour aller à la rencontre du Dr Oliver Dörschuck, CEO de TUI Allemagne.
Que signifie TUI ?
— C’est un nom qui date de plusieurs années et dont nous utilisons surtout les initiales aujourd’hui. TUI signifie Touristic Union International. Nous utilisons ces initiales parce que c’est un nom connu, facile à prononcer dans beaucoup de langues et, en plus, ce qui est très important dans le tourisme international, facile à retenir.
Peut-on dire que TUI est un empire ?
— Non. Nous sommes le plus grand groupe touristique d’Europe et sommes présents sur le marché international. Nous sommes un grand groupe qui offre à ses consommateurs la palette complète de propositions touristiques existantes et dont l’ambition est d’offrir à ses clients les meilleures vacances possible.
Qu’est-ce que TUI a de plus à offrir que les autres grands groupes touristiques européens ?
— Nous avons, au sein de notre groupe, tout ce qu’un client peut demander en matière de vacances : des agences de voyages jusqu’aux hôtels en passant par les avions et les navires de croisières. Nous avons des propositions pouvant satisfaire toutes les catégories de voyageurs : depuis l’individuel haut de gamme jusqu’aux groupes tours tout compris à travers le monde. Nous pouvons nous occuper de toutes les étapes de l’organisation d’un voyage : depuis le choix de la destination jusqu’au retour chez soi. Nous proposons à notre clientèle des services intégrés qui lui facilitent la vie et nous nous chargeons de l’organisation totale de ses vacances de A à Z.
Quel est le futur du tourisme international après les attaques terroristes qui ont frappé ces temps derniers l’Europe, l’Afrique et les Etats-Unis, et dans un contexte de crise économique mondiale ?
— Il existe un futur pour le tourisme international parce que par définition le tourisme a pour but de faire se rencontrer les gens, se découvrir et partager, ce qui les amène à se connaître. Les évènements que vous avez cités ont certes créé un climat d’inquiétude et ralenti les demandes sur certaines destinations. Mais ceci étant, il est parfois plus dangereux de faire le trajet de son domicile à son lieu de travail que de se rendre à l’aéroport. Un accident peut arriver n’importe où et n’importe quand. Il faut certes prendre des précautions sur certaines destinations, mais je crois que le tourisme va continuer à se développer.
En France, par exemple, les arrivées touristiques ont connu une chute après les attentats du début de l’année à Paris.
— C’est vrai. Mais lorsque certaines destinations ont connu des baisses de fréquentations, d’autres ont explosé. Par exemple, Maurice a doublé le nombre de touristes allemands en quelques années passant de 12 000 à 25 000. Et c’est également le cas pour d’autres pays européens où Maurice est en forte demande.
Comment expliquez-vous cette la progression sur l’Europe et sur l’Allemagne en particulier ?
— Il y a quelques années, je suis venu faire un séjour à Maurice et j’ai découvert qu’elle était beaucoup plus qu’une simple destination haut de gamme. Nous avons donc mis l’accent sur le fait que Maurice avait beaucoup plus à offrir que des hôtels très haut de gamme. Des activités sportives, des activités culturelles, des balades, de magnifiques paysages. Nous avons fait des campagnes sur ce thème et aujourd’hui nous sommes en train de voir le résultat de ce travail avec le doublement de volume du marché allemand.
C’est pour cette raison que vous avez choisi Maurice pour lancer votre catalogue de propositions d’hiver 2017 ?
—  Exactement, mais aussi parce que la demande pour les destinations lointaines et sûres est en progression en Europe. Pour TUI Maurice reste une destination touristique d’avenir. Elle possède beaucoup d’éléments qui continuent à faire d’elle une destination très prisée. Vous n’avez pas seulement de belles plages et des hôtels de luxe, mais d’autres propositions convenant à plusieurs types de clientèle et, avantage supplémentaire, une population extrêmement accueillante.
Est-ce qu’il faudrait changer ou modifier l’image de marque de destination très haut de gamme que Maurice s’est bâtie au fil des années ?
— Il ne faut pas faire la confusion entre qualité hôtelière et nombre d’étoiles. On peut très bien avoir un service très haut de gamme dans un établissement trois étoiles. Il y a suffisamment de place à Maurice pour différentes catégories d’hôtels ou de produits hôteliers.
Quelle est la principale faiblesse de la destination touristique mauricienne ?
— Son image de marque de petite destination exclusive réservée à un groupe particulier. Cette image de marque peut agir comme un frein pour d’autres segments touristiques européens. Maurice n’est pas une île minuscule, mais une destination qui propose plusieurs types d’activités. Il faut mettre l’accent sur la diversité du pays et de ses propositions touristiques et revoir son image de marque. C’est pour remettre cette image de marque dans sa juste perspective que nous avons invité une centaine de journalistes européens à assister ici au lancement de notre catalogue d’hiver. Ils en ont profité pour découvrir quelques-unes des multiples facettes de la destination Maurice, pour que leurs lecteurs se rendent compte que Maurice n’est pas une destination inaccessible. Le fait que les autorités touristiques mauriciennes ont participé à cette opération indique qu’elles sont consciente de la nécessité de revoir l’image de marque de Maurice.
Pendant des années, les opérateurs touristiques ont soutenu que le prix du ticket d’avion était trop élevé.
— Si on augmente le nombre d’arrivées, le prix du ticket d’avion va obligatoirement baisser. Le prix ne dépend pas uniquement de l’avion, mais de la catégorie d’hôtel et des prestations demandées. Par exemple, TUI opère deux hôtels à Maurice, le premier est réservé aux adultes, le deuxième aux familles. On peut faire baisser les prix dans le cadre de packages tout compris. Maurice a encore plein d’atout à développer : elle n’est pas seulement une destination plage, mais on y pratique plusieurs sports, de la plongée au golf, en passant par les randonnées, le kite surf. TUI est à Maurice depuis des années. Nous travaillons en étroite collaboration avec Summertimes. Nous ne sommes pas ici dans le cadre d’une opération, mais pour durer. Nous sommes satisfaits de nos relations avec nos partenaires et les autorités mauriciennes. Nous allons redoubler nos efforts parce pour nous Maurice reste une destination d’avenir avec un fort potentiel de croissance.
Vous avez présenté Maurice comme étant une destination que TUI compte développer dans l’océan Indien après les Maldives et le Sri Lanka. Je suis étonné que les Seychelles ne figurent pas dans la liste.
— Les Seychelles sont une destination intéressante, mais on peut retrouver tous ses éléments en plus grands à Maurice qui couvre mieux l’ensemble de nos propositions. Ce qui ne veut pas dire que nous ignorons les Seychelles.
TUI pas très présent en Asie, c’est un choix stratégique ?
— Nous sommes toujours à la recherche de nouvelles destinations, de possibilités d’investissements et de développement. Mais pour le moment nous nous concentrons sur nos principaux émetteurs qui sont essentiellement européens. En ce qui concerne Maurice, en dehors de nos efforts sur le marché allemand, nous sommes également en train de prospecter la Pologne d’où nous espérons pouvoir bientôt opérer un vol direct sur Maurice, comme c’est actuellement le cas en Grande-Bretagne, en Allemagne et en France. Avec nos lignes aériennes ou en association avec nos partenaires.
Terminons sur une note personnelle : quel est le parcours professionnel que vous avez suivi pour devenir le Chief Operating Officer de TUI Allemagne ?
— J’ai fait toute ma carrière professionnelle à TUI après mes études en business et en économie, en 2002. Depuis, j’ai travaillé dans plusieurs départements du groupe, ce qui me permet de connaître toutes les étapes de son fonctionnement. J’ai travaillé dans l’organisation, dans les  hôtels, dans les calls centres, dans les compagnies aériennes, au service-conseil de la clientèle. J’aime changer de département, affronter de nouveaux défis, mettre au point de nouvelles techniques en améliorant celles qui existent déjà.