Récipiendaire d’une Golden Award en 2013 sur l’innovation dans la mécanique avancée du laboratoire Robert Vale, France, le Dr Seeva Durmoo est aussi actif dans le social. General Manager de la compagnie EDCC à Curepipe, il arrive à surprendre son entourage par ses idées novatrices. Son prochain défi pour Noël est de mettre en place un concept comme sur TF1.

« C’est Noël et avec l’aide d’une radio, on a identifié le cas d’une femme qui vit dans la précarité à Roche-Bois. On va la déloger pour quelques jours, le temps de rénover sa maison de fond en comble et lui offrir le plus beau des cadeaux de Noël », dira le Dr Seeva Durmoo concernant un projet qu’il compte réaliser à l’occasion de la Noël. Le Dr Seeva Durmoo, qui détient un PhD en “Advance & Applied Mechanic”, rêve d’une fête de Noël différente cette année. Il ne compte pas partir en vacances en France et retrouver ses enfants, mais a plutôt décidé d’investir ses économies pour une personne vivant dans la précarité. « Il faut parvenir à sensibiliser tout un chacun sur l’importance d’encadrer des familles qui n’arrivent pas à s’en sortir. Il y a beaucoup de poches de pauvreté à Maurice.

Ma mission est de faire du social autrement en construisant l’avenir d’un démuni, en l’aidant à réaménager sa maison, en permettant aux enfants d’avoir l’accès à l’éducation. En tant que General Manager d’une compagnie, je sensibilise aussi mes employés à la précarité qui règne dans certaines régions. Je les sensibilise à aller sur le terrain et sur l’importance de la vie, qui ne se résume pas au travail et aux loisirs, mais est un tout. »

La filière du Dr Seeva Durmoo est l’ingénierie mécanique, qu’il a étudiée à Toulouse, avant de décrocher à Paris son doctorat en mécanique avancée. Seeva Durmoo a même eu l’opportunité de travailler lors de la Coupe du Monde de France 98 sur la diffusion d’images par satellite à Toulouse. Comme chercheur en mécanique avancée, son Golden Award reçu en 2013 du laboratoire Robert Vale a été pour lui plus qu’un privilège. « Je suis de la génération des années 68, et dans les années 80, il était plus difficile pour un jeune dont les parents avaient des revenus modestes de faire carrière à l’étranger. J’ai persévéré et cette nomination en tant que chercheur au laboratoire Robert Vale m’a été attribuée en tant que chercheur pour mes innovations de qualité en ingénierie mécanique. Tout ce qu’on fait dans la vie, tous les sacrifices engendrés, on peut les récupérer en termes de partage. J’ai réussi et aujourd’hui, mon don, je l’offre en partage aux autres qui veulent avancer dans la vie. »

Seeva Durmoo a choisi de rentrer au pays pour mettre ses connaissances acquises au profit d’autres sociétés mauriciennes dont la centrale thermique de Belle-Vue avant de se mettre à son propre compte au sein de sa société EDCC (Études, Dessin, Calcul, Conseil) en 2000. Bien vite, son entreprise a gravi les échelons et est devenue une véritable “success story”. Fort de cette réussite inespérée, il décide de créer d’autres sociétés aux Seychelles, à La Réunion, en Afrique et Chennai en vue d’avoir plus de visibilité à l’international. « Il y a eu d’abord la conception du projet, la proximité avec les clients et il y a aussi la compétitivité des prix pour les marchés. Tout cela a contribué au succès. »

Seeva Durmoo aurait pu se reposer sur ses lauriers et savourer un travail de longue haleine bien mérité, lui qui a galéré avant de se faire une place au soleil. Mais l’homme avoue que ses origines modestes lui ont permis de développer dès son jeune âge une sensibilité pour les causes humaines. « Je suis revenu apporter mon expertise à Maurice dans l’ingénierie mécanique, mais avant tout j’ai voulu donner à mon pays ce que j’avais obtenu en m’investissant dans le social. La vie n’était pas facile en France. Pour pouvoir faire des études supérieures, j’ai pris de l’emploi comme plongeur en cuisine. Il n’y a aucune honte à commencer par le bas, car au final c’est la volonté, la persévérance et le dur labeur qui portent leurs fruits. »

« L’importance d’une main tendue »

L’intervenant raconte avoir grandi à L’Escalier et dit s’être beaucoup inspiré de son père. « Il travaillait comme “bouilleur” à l’usine sucrière de Savannah. Mon père Tamby était aussi le président d’un “kovil”. Il s’occupait aussi de la crémation. À l’époque, les gens qui mouraient, on les brûlait sur du bois qui faisait office de bûcher. La région de l’Escalier est devenue graduellement le berceau de ma culture. C’est un village qui inspire la fierté et j’ai aussi beaucoup appris d’un de mes oncles qui était président d’une association de personnes âgées à l’Escalier. »

Ce don en partage éveille la conscience du jeune Seeva qui, très vite, développe un besoin de se mettre au service des autres. Dans un premier temps, il s’est senti interpellé par les aînés vivant dans des “homes”, puis graduellement il a trouvé qu’il était nécessaire d’encadrer des jeunes pour les amener à se tourner vers l’éducation qu’il qualifie comme le passeport de leur avenir. « Il y avait trois axes essentiels dans ma vie : aider les autres dans le besoin à travers le CSR dans le domaine éducatif, aider les vieux et, sur un plan plus spirituel, faire des dons à des “kovils”. L’aspect caritatif était essentiel dans ma vie car très tôt j’ai compris la valeur d’une main tendue. C’est important et valorisant de permettre aux personnes dans le besoin de s’accrocher à un idéal. »

Père de deux enfants, Seeva Durmoo connaît bien la réalité du terrain où les jeunes sont pris dans les fléaux de la drogue. « Mes enfants ont eu la chance d’être encadrés. Aujourd’hui, mon fils étudie l’architecture en France et ma fille continue ses études. À Maurice, il y a pas mal de jeunes dans des quartiers de précarité qui n’arrivent pas à s’en sortir, ils sont des victimes de la drogue et d’autres fléaux. Pour combattre ce mal, il faut non seulement susciter une prise de conscience auprès du jeune mais aussi l’encourager à faire du sport. Et grâce à l’Omnisports de l’Escalier, beaucoup de jeunes ont été encadrés et certains ont même participé à des compétitions d’envergure. Il y a aussi eu l’encadrement d’une association féminine pour le sport à l’Escalier. »

Pour Seeva Durmoo, la vie doit être un équilibre de tout. « Pour 2019, mon projet est d’avancer dans le social. Avec les inondations, beaucoup de maisons sont inondées. En tant qu’ingénieur, je veux pouvoir apporter ma contribution en ce sens. Je dis toujours à mes enfants qu’il faut savoir donner aux autres ce que la vie nous a donné. Et mes pensées s’orienteront dans ce sens pour la nouvelle année. »