La Union of Bus Industry Workers (UBIW), syndicat affilié à la General Workers Federation, qui regroupe les employés de la Corporation nationale de transport (CNT) et également ceux de cinq autres compagnies d’autobus, exigera sa présence sur toute enquête qui serait instituée pour faire la lumière sur les causes et circonstances de l’accident de Sorèze. C’est sur quoi insiste le secrétaire du syndicat, Alain Kisnen dans toutes ses déclarations publiques depuis la tragédie.
Interrogé par Week-End hier, M. Kisnen a d’abord tenu à présenter ses sincères sympathies aux familles endeuillées mais aussi aux employés de la CNT dont certains avaient des proches à bord du bus accidenté. Des épouses d’employés en sont sortis blessées. En ce qui concerne le chauffeur Ganesh Deepchand, pour le syndicat, « il est un héros ». « Dans la situation où il s’est retrouvé, Ganesh a pris en une fraction de seconde la décision qu’il fallait prendre en déviant son véhicule, car s’il avait continué sa route, ç’aurait été une tragédie encore plus conséquente », affirme M. Kisnen.
Le secrétaire de l’UBIW est lui-même un employé affecté aux garages de la CNT. « Conscient », dit-il de ce qui se suppute dehors, il a tenu à préciser que « l’autobus accidenté, un Ashok Leyland Blue Line, est tout à fait différent du type d’autobus (de la marque TATA) contre lequel l’UBIW et des chauffeurs avaient formulé des critiques en 2007″. Selon M. Kisnen, « il faut différencier entre les deux types d’autobus parce que, contre les autobus TATA, les chauffeurs de la CNT se plaignaient de difficultés de vision à partir de leur cabine qui les empêchaient de voir totalement la route devant eux. Mais puisque la National Transport Authority avait jugé bon d’autoriser l’entrée en opération des autobus de la marque TATA, les chauffeurs ont dû se plier à la décision ».
En ce qui a trait à l’autobus accidenté, le secrétaire de l’UBIW déclare que « c’est dans l’intérêt du syndicat et des chauffeurs de la CNT eux-mêmes d’être présents sur l’enquête afin de connaître les véritables causes du drame, afin de pouvoir guet anba bis-la et de vérifier par eux-mêmes si véritablement les freins ont lâché ou s’il y a eu un autre problème dans le système de freinage ».
Le secrétaire du syndicat se dit profondément attristé, mais il en profite, soutient-il,
« pour lancer un appel aux compagnies d’autobus afin qu’elles dotent leurs garages de tous les moyens adéquats pour assurer un entretien impeccable de leurs flottes d’autobus. Le secteur d’entretien est tellement vital qu’il ne faut jamais chercher à le soumettre à une politique de réduction des coûts dans le but d’obtenir plus de confort et de sécurité avec le minimum d’investissement et de moyens ».
Il fait remarquer qu’un autobus est fait pour durer de 16 ans au maximum. Toutefois, les autorités prolongent de deux années supplémentaires les autorisations de rouler en attendant que des fonds soient réunis pour remplacer les véhicules qui doivent être mis hors du circuit. D’où l’importance que l’entretien soit toujours « au top niveau ».