Trois cas d’électrocution ont été recensés en l’espace d’à peine trois jours. La dernière victime est Veerendranath Seeboruth, un habitant de La Flora. Quelques jours plus tôt, ce sont Vinod Narain et Vikram Tacoury qui ont trouvé la mort lorsqu’ils tentaient de cuieillire des noix de coco
Mardi après-midi, Veerendranath Seeboruth, 46 ans, plus connu sous le nom d’Oumang, est mort électrocuté en tentant de réparer une antenne de télévision. Son frère, Uttam, que Week-End a rencontré à son domicile, raconte que le jour du drame, la victime, un mécanicien travaillant à son propre compte, était seule au premier étage de son domicile.
Quelque temps plus tard, sa femme et son fils, qui étaient au rez-de-chaussée, ont entendu un hurlement provenant du toit de leur maison. Ils s’y sont rués pour trouver le quadragénaire gisant inerte sur le sol. Il indique cependant que son frère était encore en vie à ce moment-là. L’épouse et le fils de Veerendranath Seeboruth en ont alors informé leur voisin Devanand Bhooal qui a transporté la victime à l’hôpital de Rose-Belle. Toutefois, lorsqu’ils sont arrivés sur place, les médecins n’ont rien pu faire pour la sauver. Le quadragénaire avait rendu l’âme durant le trajet.
Uttam confie que la mort de son frère a eu l’effet d’une bombe. “J’ai encore du mal à réaliser qu’il n’est plus là. Lorsque les médecins m’ont dit qu’il était mort, je ne voulais pas les croire”, confie-t-il. “Mon frère laisse deux enfants derrière lui, une fille de 15 ans et un fils de 12 ans. Son fils n’a pas versé une larme depuis son décès. Il a subi un choc émotionnel”. Veerendranath Seeboruth était très apprécié des habitants de sa localité, raconte Uttam. “Il était président du conseil du village et oeuvrait beaucoup dans le social. C’est pour cette raison qu’il était aussi populaire dans la localité”. Ses obsèques ont eu lieu à 14h mercredi. Il a été incinéré au crématoire de Grand Bois.
Les deux autres victimes ont quant à elles trouvé la mort dimanche dernier. Le drame est survenu à la rue Sottise, à Grand-Baie. Il s’avère que ce jour-là, Vinod Narain, 36 ans, pêcheur de son état, et Vikram Tacoury, un homme de 29 ans — des habitants de Terre Rouge —, avaient pour travail de cueillir des noix de coco dans la cour d’un habitant de la localité. Cependant, les choses ont mal tourné au moment où ils manipulaient une échelle en métal. En tentant de la fixer à un cocotier, celle-ci aurait alors malencontreusement heurté des câbles électriques à haute tension. Le choc fut tel que les deux hommes n’ont pas survécu.
D’après la Section 5 de l’Occupational Safety and Health Act, il est du devoir d’un employeur d’assurer à la sécurité de ses employés sur son lieu de travail. Il doit, entre autres, faire de sorte que les équipements qu’utilisent ses employés sont sans danger, mais également s’assurer que ces derniers soient toujours supervisés pour éviter tout grave incident. C’est pour cette raison que l’homme ayant employé les deux victimes pour la cueillette des noix de coco a été arrêté suite à ce drame, apprend-on du service de presse de la police. Une charge provisoire d’homicide involontaire avait été logée contre lui, avant sa libération sous caution.
Jayen Chellum :“Manquements en termes de sécrité…”
Jayen Chellum, le porte parole de l’Association des Consommateurs de l’île Maurice (ACIM), croit qu’il y a beaucoup de manquements en termes de sécurité au travail. “Il nous faut absolument développer une culture de sécurité et une plus grande prise de conscience à tous les niveaux, que ce soit au niveau du CEB ou auprès des membres du public”. Selon lui, la plupart de ces accidents sont dus à des installations électriques vétustes, défectueuses ou insuffisamment protégées et à la négligence.
“Certains Mauriciens ne respectent pas les normes. Ils doivent faire très attention et réfléchir à deux fois avant de confier à quelqu’un sans formation la responsabilité d’installer un nouveau circuit électrique dans leurs nouvelles maisons. Un défaut d’isolation des prises et des fils, une mauvaise manipulation ou une utilisation dangereuse d’appareils électriques dans une salle de bains, dit-il, représente à n’importe quel moment un risque majeur pour les adultes et surtout pour les enfants qui ne sont conscients des risques liés à l’électricité. Il est indispensable d’avoir une installation conforme aux normes”.
En ce qui concerne les équipements électriques tels les rallonges, les prises multiples ou les interrupteurs ou les appareils ménagers, le porte-parole de l’ACIM insiste pour qu’ils répondent aux normes, avec l’étiquette de la Mauritius Standard Bureau. “Il faut se méfier tout particulièrement de certains appareils comme les scies, perceuses et rabots électriques qui se vendent comme des petits pains au coin de la rue”.
Jayen Chellum souhaite que le CEB mène une campagne d’information et de sensibilisation dans les institutions primaires, secondaires et tertiaires sur les risques d’électrocution et les conseils de prudence à proximité des lignes électriques dans les zones à risques pour éviter des drames. Il prévoit la mise en place d’un site internet pour plus d’informations.