Quatre boxeurs tanzaniens venus à Maurice pour participer au championnat d’Afrique ont été condamnés hier par le juge Benjamin Marie-Joseph siégeant en Cour d’assises à quinze ans de prison et à une amende de Rs 75 000 chacun. Toutefois, le temps qu’ils ont passé en détention, soit 1 722 jours, sera déduit de cette sentence.
Les quatre Tanzaniens ont été interpellés par l’ADSU en juin 2008. Dès les premières arrivées des délégations participant à la deuxième Coupe d’Afrique des Nations de boxe en juin 2008 en prévision des Jeux Olympiques de Beijing, l’ADSU avait pris des dispositions afin de parer à toute éventualité au Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport pour détecter de la drogue à l’arrivée. Après leur passage au contrôle de l’aéroport, les membres de la délégation tanzanienne avaient cru avoir déjoué la police.
C’était mal connaître les limiers de l’ADSU, qui avaient monté un système de filature autour de la pension de famille à Quatre-Bornes où logeaient les Tanzaniens. Ils devaient remarquer, à un certain moment, a expliqué l’ancien assistant commissaire de police Ramasawmy, deux membres de l’équipe tanzanienne, Elia Charles et Ally Rajabu Msengwa, jeter un sac dans un buisson se trouvant à proximité de l’auberge où ils étaient descendus. Les policiers ont attendu que quelqu’un vienne le récupérer mais tel n’a pas été cas. Ils devaient se rendre au pensionnat où ils ont interrogé les suspects.
L’unité de l’ADSU devait comprendre que des boxeurs avaient ingurgité au total 358 boulettes qu’ils ont purgées. Les pellets récupérés pesaient environ 4,5 kilos d’héroïne d’une valeur de Rs 45 millions.
Pour les enquêteurs, les quatre Tanzaniens ont agi en tant que passeurs de drogue. Les deux autres Tanzaniens interpellés sont Case Ramandhani Fills et Petro Charles Mtgawa.
À l’appel du procès qui a été logé contre eux, les quatre Tanzaniens ont plaidé coupables d’une accusation de « wilfully, knowingly and unlawfully importing dangerous drugs in Mauritius ». Après avoir présenté des excuses, l’un d’entre eux a indiqué que c’est la misère qui les a poussés à transporter de la drogue pour le compte d’un dénommé Mica, qui a assuré tous leurs frais de déplacement. Ce dernier, selon le Tanzanien, leur aurait promis une récompense de 4 000 euros chacun pour cette mission.