Le procès intenté à Giantee Ramchurn et la Française Aurore Gros-Coissy, arrêtée à l’aéroport de Plaisance en possession de 1 680 cachets de Subutex, s’est poursuivi hier aux Assises. Appelée à la barre des témoins, la Française a été contre-interrogée par Me Asha Ramano-Egan, avocate de la Poursuite, sur sa relation avec son ami Tinsley Cornell et sur les circonstances dans lesquelles elle l’a rencontré à Paris avant de prendre l’avion pour Maurice. Aurore Gros-Coissy a ainsi maintenu qu’elle ne savait pas que son ami avait placé les « paquets de biscuits » contenant le Subutex dans sa valise, affirmant qu’elle ne se « doutait de rien ». Après sa déposition, l’avocat de la défense a clôturé l’affaire, les hommes de loi se prêtant alors à l’exercice des plaidoiries. La Poursuite a ainsi maintenu que la Française était complice de ce coup monté, et ce même si elle avait affirmé le contraire à la police.
L’audience s’est ouverte hier avec la reprise de l’interrogatoire de la Française. L’avocat de la défense, Me Gavin Glover SC, a ainsi présenté une copie certifiée et apostillée du relevé du compte bancaire de l’accusée, document dont la validité avait été contestée par la Poursuite la semaine dernière, arguant qu’il ne s’agissait pas un document « original et officiel ». La Française a expliqué en détail qu’elle avait fait des retraits pour payer son ticket de train et son billet d’avion. À une question de Me Glover, elle devait répondre qu’elle n’avait pas mis les paquets de biscuits dans sa valise. Selon elle, ce n’est qu’à la découverte de la drogue dans ses affaires, à l’aéroport, qu’elle avait déduit que Tinsley Cornelel avait dû le faire, celui-ci étant la seule personne à avoir eu accès à ses bagages avant son départ pour Maurice.
Lors de son contre-interrogatoire, Aurore Gros Coissy a affirmé avoir laissé sa valise à Tinsley Cornelle alors qu’elle se trouvait encore à Paris – le temps qu’elle s’achète un maillot de bain –, lui laissant ainsi le temps d’y mettre des cadeaux destinés à sa mère, Giantee Ramchurn. Selon la Française, l’homme avait ensuite fermé sa valise à clé. Et d’affirmer qu’elle ne l’avait plus ouverte avant de prendre l’avion.
L’avocate de la Poursuite, Me Asha Ramano-Egan, l’a à maintes reprises confrontée au fait qu’elle avait repris contact avec son ami après cinq ans et avait décidé de partir en voyage avec lui et de le laisser s’occuper de toutes les démarches. Aurore Gros-Coissy devait répondre qu’elle lui faisait confiance et qu’elle ne se doutait de rien. À noter que le contre-interrogatoire de l’accusée a été interrompu plusieurs fois, Me Glover objectant aux procédures adoptées par la Poursuite pour poser ses questions. Me Glover devait également attirer l’attention de la Cour sur le fait que la Poursuite ne donnait pas le temps à l’accusée de répondre.
La Poursuite a plusieurs fois confronté l’accusée à des faits suspects, la poussant à émettre des doutes sur la véracité de sa version. Elle a ainsi estimé « louche » que Tinsley Cornell se soit chargé seul de mettre des effets dans les bagages de la Française sans que celle-ci ne s’en inquiète, d’autant que celui-ci lui avait demandé de « ne pas parler » de son voyage à Maurice. Gardant son calme, la Française a tenté de répondre à toutes les questions de la Poursuite, maintenant à chaque fois qu’elle ne s’était jamais doutée que son ami voulait faire passer de la drogue dans ses affaires. « Vous étiez dans le coup. L’histoire que vous avez racontée à la police est cousue de fil blanc. Le relevé de votre compte Facebook fait partie du plan », a souligné l’avocate de la Poursuite. La défense ayant « “close” l’affaire », les avocats ont ensuite fait leur plaidoirie.
L’autre accusée, Giantee Ramchurn, n’a pas souhaité être appelée à la barre des témoins. Elle a simplement fait une déclaration à la Cour indiquant qu’elle fait les arrangements pour un campement à Albion afin d’accueillir la Française, et ce à la demande de son fils. « Des cigarettes, des bougies, des produits anti-moustiques et une bouteille de whisky… C’est tout ce que j’avais demandé », a-t-elle déclaré.
Lors de sa plaidoirie, la Poursuite est revenue sur la découverte de la drogue à l’aéroport et l’arrestation de la Française. Me Asha Ramano-Egan a indiqué qu’il était un fait indéniable que la drogue avait été retrouvée dans les bagages de l’accusée. S’attardant sur l’élément de “knowledge” dans cette affaire, la Poursuite a soutenu qu’il était « improbable qu’une personne intelligente comme l’accusée ait pu faire confiance aveuglément » à une personne avec qui elle venait seulement de renouer après cinq ans. « She shows intelligence, appears rather cunning and she seems to have a rather rational explanation to everything », a déclaré l’avocate de la Poursuite. Aurore Gros Coissy devrait être fixée sur son sort la semaine prochaine.