Du côté de la commission d’enquête sur la drogue, présidée par l’ancien juge de la Cour suprême, Paul Lam Shang Leen, l’on veut mettre toutes les chances de son côté avant de convoquer des Senior Members at the Bar. Parmi les noms cités en première ligne est venu s’ajouter celui de Me Rex Stephen sous le coup d’une arrestation de l’Independent Commission Against Corruption (ICAC), mais non agréée par le commissaire de police, Karl Mario Nobin, pour le délit présumé de Money Laundering d’un montant de Rs 1,5 million en provenance du parrain des parrains, Peroumal Veeren. Depuis jeudi, avec la déposition de l’ancien Chief Clerk des Astor Law Chambers, Sheikh Nawaz Aboobaker Ibrahim, il est devenu plus qu’évident que la Commission Lam Shang Leen est sur le point d’inclure Rex Stephen sur la liste des prochaines VVIP à convoquer. Toutefois, sur la base de la teneur de l’audition de cet ancien Chief Clerk, la question qui se pose dans la conjoncture est de savoir qui de Rex Stephen ou du Chairman de la Gambling Regulatory Authority, Me Raouf Gulbul, sera entendu en premier. Entre-temps, c’est le calme avant la tempête à la commission d’enquête.
En effet, pour la séance de demain, la commission d’enquête prévoit d’auditionner Me Neelkant Dulloo, l’un des hommes de loi de Navind Kistnah, Star Witness-in-Waiting dans l’enquête sur les 157 kilos d’héroïne, saisis dans six compresseurs le 9 mars dernier à bord du MSC Ivana. Cet avocat, qui fait partie des Valayden Chambers, sera appelé à fournir des renseignements au sujet du trafic de drogue et de ses contacts au téléphone et visites à des prisonniers, condamnés pour des délits de trafic de drogue.
Toutefois après les informations révélées par l’ex-Chief Clerk d’Astor Law Chambers au sujet du paiement en liquide pour un montant de Rs 1,5 million, déjà un délit en lui-même sous les dispositions de la Financial Intelligence and Anti-Money Laundering Act, des interrogations se posent sur la réticence du commissaire de police d’accéder à des requêtes de l’ICAC pour des inculpations provisoires. « Dans le cadre des enquêtes similaires et impliquant le même Peroumal Veeren et pour des montants de moindre importance, la police accède aux demandes d’arrestation de l’ICAC sans broncher. Comment le commissaire de police justifie l’exercice de son devoir de réserve dans ce cas particulier d’autant plus qu’à ce jour, la décision du DPP est également mise en parenthèse ? » fait-on comprendre d’autant plus qu’un voleur de 250 letchis de Moka, il a été interpellé, traduit en Cour et condamné à six mois de prison en moins de deux heures un vendredi.
Au sujet de ces paiements de Rs 1,5 million à Me Stephen, qui pourrait être passible de sanction sous la section de Money Laundering de la Dangerous Drugs Act, le dénommé Sheikh Nawaz Aboobaker Ibrahim a été des plus explicites. « Il y avait plusieurs affaires en cour pour ce client, mais aucun paiement n’avait été effectué. Les avocats ‘involved’ dans les différents dossiers réclamaient leur paiement. J’ai pris contact avec ceux qui sont liés au client pour expliquer la chose. Un beau jour, je reçois un appel. La personne me demande si on est au bureau parce que quelqu’un va passer effectuer le paiement. Nous nous attendions à voir la personne qui nous a parlé au téléphone. Or, ce n’est pas la même personne qui est venue remettre l’argent. Il y avait Rs 1,5 M. Me Stephen n’était pas présent au bureau et je l’ai appelé pour le mettre au courant et il nous a dit ce qu’il fallait faire », a-t-il fait comprendre de manière convaincante.
L’ancien Chief Clerk, qui s’est évertué à faire comprendre à la commission que toute décision revenait au patron de l’étude, Me Rex Stephen, a pris le soin d’ajouter le détail de trop au sujet de ces Rs 1,5 million. « L’argent était gardé non pas dans un coffre au bureau, mais dans un meuble dont la clé est restée en possession de Me Stephen », a-t-il renchéri. Cet élément vient s’ajouter à l’incompréhension de la prise de position de la police toujours en quête de Hard Fact Evidence avant d’agir avec des partitions choisies.
Lors de cette même séance, jeudi, la commission d’enquête a balisé un autre terrain d’intervention, soit la connexion entre Mes Gulbul et Stephen, en vue de protéger Peroumal Veeren et son clan. Face à des réponses évasives de l’ancien Chief Clerk, les Loaded Questions de Paul Lam Shang Leen pesaient de tout leur poids . « Hormis le cas de Peroumal Veeren, votre bureau a été sollicité pour représenter diverses personnes, qu’elles soient des passeurs oudes dealers. Vous n’avez pas reçu des instructions de la part de Peroumal Veeren d’aller défendre et représenter des gens faisant partie de son ‘network’ et qui se trouvent au bas de l’échelle ? Des gens qui ont aussi été des clients de Me Raouf Gulbul ? On a là une liste de ‘unsolicited visits”’dont vos avocats font partie  » devait-il demander.
Ou encore ce direct de l’ancien juge de la Cour suprême, confirmant son Frame of Mind au sujet de ces deux Senior Members at the Bar : « Nous avons cependant des informations selon lesquelles votre patron, Me Stephen, prendrait des directives de Me Gulbul et que c’est celui-ci qui lui réfère certains clients. »
Pour la seconde semaine consécutive, le Bureau politique du MSM d’hier a été transformé en ring de règlements de comptes contre la Commission d’enquête sur la drogue. Comme ce fut le cas la semaine dernière, Raouf Gulbul et Sanjeev Teeluckdharryont été les auteurs de virulentes sorties contre la commission, en l’occurrence l’ancien juge Lam Shang Leen et l’ancien ministre Sam Lauthan. Ils ont réclamé du Premier ministre la révocation de cette instance et la fin prématurée des travaux, soit le Scrapping. Le Stand officiel est que la commission d’enquête doit poursuivre ses travaux dans la transparence la plus totale.