Chantal Petit, ancienne employée d’usine et belle-mère de Curly Chowrimootoo, a arrêté de travailler depuis juillet 2014 « pour me consacrer à l’un de mes petits-enfants, qui est handicapé ». Une explication que Paul Lam Shang Leen, président de la Commission d’enquête sur la drogue, ne juge pas plausible. En effet, l’ancien juge soupçonne cette habitante de Bambous d’être « de mèche avec des trafiquants de drogue ». Ce qu’a nié Chantal Petit de bout en bout durant sa déposition.
Une foule d’éléments jouent contre Chantal Petit, dont la fille, Samantha, a épousé Curly Chowrimootoo. Ce marchand ambulant de Quatre-Bornes a été écroué pour trafic de drogue en 2014 à l’issue d’un procès aux Assises. Son frère, Steve Abraham Chowrimootoo, et lui-même ont écopé de 25 ans de prison chacun. En outre, sa femme, Samantha, est également incarcérée actuellement pour un délit lié à la drogue.
Hier, Chantal Petit était convoquée par la Commission Lam Shang Leen pour expliquer, entre autres, plusieurs dépôts en liquide sur ses comptes bancaires — elle a admis en posséder deux — plusieurs déplacements de courte durée à Madagascar, et, surtout, « un grand nombre d’échanges téléphoniques entre un numéro enregistré au nom de Chantal Petit, née en 1973 et habitant Bambous, et des détenus, dont Peroumal Veeren, Gérard Prosper et Lina Gentil, tous incarcérés pour des affaires liées à la drogue ». Cependant, Chantal Petit a nié de bout en bout face à tous les éléments présentés par l’ancien juge.
Paul Lam Shang Leen : Le numéro XXXXX vous dit quelque chose ?
Chantal Petit : Non
Lam Shang Leen : D’après nos informations, communiquées par l’opérateur, ce numéro est enregistré à votre nom depuis 2012. Vous ne vous en souvenez toujours pas ?
Petit : Non.
Lam Shang Leen : Votre fille est incarcérée depuis quand ?
Petit : 2013.
Lam Shang Leen : Alors qui, à part vous, utilise ce numéro ?
Petit : Je ne sais pas.
Lam Shang Leen : Les enquêteurs ont retracé sur ce numéro, enregistré à votre nom, plusieurs échanges avec la prison… Dont avec un numéro qui appartient à Peroumal Veeren. Vous le connaissez ?
Petit : Non.
Lam Shang Leen : Il y a un autre détenu ayant des antécédents relatifs à la drogue et qui a aussi été arrêté pour avoir battu des gens. Il s’agit de Gérard Prosper. Ça vous dit quelque chose ?
Petit : Non.
Lam Shang Leen : D’accord. Il y a un troisième numéro qui revient dans ces échanges et qui appartient à Mme Lina Gentil…
Chantal Petit fait non de la tête.
Lam Shang Leen : Vous pouvez secouer la tête autant que vous le voulez, Madame, cela ne va nullement vous aider !
Petit : Mo pa konn li !
Lam Shang Leen : Ou pa konn narien ?
Petit : Non.
Le président de la Commission d’enquête s’est alors intéressé aux comptes bancaires de Chantal Petit, à son mari et leurs revenus. La belle-mère de Curly Chowrimootoo a expliqué que « mo mari tolie. Nou ena osi enn elevaz kosson… » Paul Lam Shang Leen devait lui faire remarquer que « depuis que vous ne travaillez plus, soit juillet 2014, vos rentrées d’argent sont plus importantes que quand vous étiez salariée… Comment cela se fait-il ? Le 24 décembre 2014, d’ailleurs, vous avez eu un beau cadeau de Noël : Rs 50 000 en liquide sur l’un de vos comptes. D’où vient cet argent ? » Chantal Petit devait expliquer qu’elle avait arrêté de travailler « pour m’occuper de l’un de mes petits-enfants qui est handicapé. Je perçois de l’argent provenant de la pension qui est versée en son nom. Et aussi, mon mari me donne un peu d’argent, Rs 5 000 chaque semaine ou quinzaine de jours, provenant de son travail et de notre élevage de porcs ».
Paul Lam Shang Leen a donné une semaine à Chantal Petit pour « produire vos documents relatifs à votre élevage de porcs, les reçus émanant de l’abattoir, les reçus où vous achetez à manger pour les deux, entre autres ». Et, dans la foulée, il a laissé comprendre que le mari de Chantal Petit « sera également convoqué pour s’expliquer. Puisque nous avons toutes les informations qui nous ramènent vers vous, mais vous dites que c’est votre mari qui s’occupe de tout… »