Marie Maizie Prosper, mère de Gérald Stephan Prosper, a comparu devant la commission d’enquête sur la drogue hier. Face aux questions de Paul Lam Shang Leen, le président de cette instance, elle a affirmé avoir « fait bloquer ma carte SIM et récupéré mon numéro quand j’ai réalisé que je l’avais égaré ». Pour sa part, Paul Lam Shang Leen a expliqué que « ce numéro, enregistré à votre nom, et saisi par les officiers sur votre fils alors qu’il se trouvait en prison, a fait beaucoup de dégâts », ajoutant : « Malheur à vous si vous nous mentez ! »
Marie Maizie Prosper a une semaine pour se rappeler quand elle a demandé à l’opérateur, chez qui elle avait fait l’acquisition de sa carte SIM, de bloquer ce numéro. « Kan mo finn rann mwa kont ki mo SIM pa ti ar mwa, mo finn al biro kompani ek monn demann zot blok nimero-la. Monn pey Rs 75 pou zot redonn mwa mo nimero. Se sa nimero la mem ki mo pe touzour servi… » Le hic, a fait ressortir l’ancien juge Paul Lam Shang Leen, « c’est ce que numéro a été trouvé en possession de votre fils, Gerald Stephan Prosper, alors qu’il se trouvait à la prison de Beau-Bassin, où il purgeait une peine ».
Marie Prosper maintient cependant qu’elle n’a « jamais remis » sa carte de téléphone à son fils. Pourtant, a relevé Paul Lam Shang Leen, « c’est bien ce même numéro que votre fils a utilisé pendant qu’il était en prison ». L’ancien juge voulait aussi savoir : « Comment votre carte a pu être retrouvée sur votre fils ? Est-ce vous qui lui avez remise ? » Question à laquelle elle devait répondre par la négative. La mère de Gérald Stephan Prosper a aussi expliqué que son fils « est sorti de prison en septembre 2016 et vit à Terre-Rouge avec sa femme ». Elle a aussi laissé comprendre que « bien rar mo ti pe al rann li visit kan li ti dan prison ».
Mais pour le président de la commission d’enquête sur la drogue, Marie Prosper « pe rakont zistwar ». Il insiste : « Ce n’est pas possible que vous ayez demandé à l’opérateur de bloquer votre numéro, que vous ayez récupéré ce même numéro, que vous dites toujours utiliser, et que votre fils a utilisé ce même numéro en même temps ! » D’ailleurs, devait renchérir Paul Lam Shang Leen, « malheur à vous, Madame, si vous nous mentez ! ». Car ce numéro, « qui est enregistré à votre nom et qui a été trouvé par les officiers sur votre fils, à la prison de Beau-Bassin, a fait beaucoup de dégâts », a-t-il ajouté.
Marie Prosper a malgré tout maintenu ne « pas avoir donné » sa carte SIM à son fils, soutenant qu’elle en est l’unique utilisatrice. Cependant, sommée de préciser quand elle a fait appel à l’opérateur pour bloquer sa carte, la mère de l’ex-détenu n’a pu donner de précisions : « Je ne m’en souviens pas. » Pressée par Sam Lauthan, Marie Prosper a réitéré avoir fait bloquer sa carte. Mais l’ancien ministre de la Sécurité sociale de renchérir : « A un moment, dans votre déclaration, vous avez dit « kan mo finn kone mo SIM card ar li », soit avec votre fils. Donc, vous saviez que votre SIM card était avec lui ! Est-ce qu’il n’était pas plus simple d’aller récupérer votre carte avec lui plutôt que d’aller faire bloquer le numéro, payer une certaine somme et le récupérer ? » Face au manque de réponses de Marie Prosper, la séance a été levée.
Paul Lam Shang Leen et ses deux assesseurs ont renvoyé Marie Prosper, lui donnant « une semaine pour retrouver quand vous avez fait la demande de bloquer votre carte SIM ». Elle sera alors de nouveau appelée à se présenter devant la commission.